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San Carol : main invisible, sonic fist


Rédigé par Cyrille GUERIN - Le Jeudi 30 Janvier 2014 à 16:13


Mercredi, à l'heure des access prime time (of your no life), où l'humeur est à la fausse déconne (Antoine), San Carol, nouveau venu, de la galaxie Ego Twister, présentait au Chabada son premier disque, "La Main invisible". Résultat : de la rigueur, de la tenue mais aussi du vrai fun et du peps millésimé. Et des mélodies accrocheuses qui ont savoureusement pénétré nos tympans.



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Avant tout, cette petite phrase lâchée en fin de concert par Maxime Dobosz, tête pensante de San Carol: "Merci à Yan (Hart-Lemonnier, fondateur d'Ego Twister ndr) pour sa confiance". Oui, cette même confiance qui a résonné comme un mantra pendant les six ans qu'a duré "Lost", la vertigineuse série d'Abrams, Cuse et Lindelof. Cette notion qui actuellement tend dangereusement à fondre comme une neige irradiée par l'Hiroshima de la défiance, de la méfiance. C'est cette confiance offerte par le boss d'Ego Twister qui a permis au jeune musicien angevin de sortir son album à l'automne dernier. Et de le promouvoir mercredi au Chabada, lors d'un apéro concert.

Ce 29 janvier, bon nombre de spectateurs et trices avait fait le déplacement boulevard du Doyenné. Fans de la première heure, curieux- oui, ça existe toujours, amis, famille, proches ? Un mix de tout cela probablement. Et là encore, à l'instar de la Birthday Party des 10 ans d'Ego Twister au Bar du Quai il y a peu, on fut saisi par le côté hétéroclite du public : hipsters, quinquas ayant dansé sur Orchestral Manoeuvre In The Dark mais également des enfants sautillant au rythme des morceaux. "La Main invisible" touche manifestement toutes les tranches d'âge. Et à l'issue de son live, un peu court- snif, on lui aurait bien demandé son apposition. Dans sa dernière livraison, Gonsaï, webzine de pop culture pointu mais bien fracasse, parle ainsi de... Saint Thétiseur.

Et côté teasers, San Carol a été servi. "C'est vach'ment bien", s'est fendu laconiquement la semaine dernière, Sébastien Michaud dans Rocking Angers (Angers Télé). Mardi midi, La Nouvelle édition de Canal +, d'habitude plutôt sérieuse, a vu sa seconde partie joyeusement perturbée par un gadget : une main subordonnée à un avant bras en plastic dont on ne s'étendra pas ici sur les priorités à haute portée sexuelle. Oui, niveau com', et entrisme, le projet de Maxime Dobosz a, à l'insu de son plein gré a peut-être, frappé fort.

A l'image de sa prestation scénique angevine. A l'écoute de l'album, nous fûmes déjà emporté. Pendant le live de mercredi, nos esgourdes, et nos mirettes, ont joui. Dobosz, à peine vingt deux piges, entouré pour l'occasion de trois compères sautillants, avait ce mercredi sacrément musclé ses compositions, De l'ouverture légère et post rock - ces temps-ci, cette variante initiée par Jim O'Rourke dans les 90's semble connaître un regain d'intérêt - à la conclusion pyrotechnique, San Carol ne nous a guère ménagé.

Alors oui, c'est référencé. Ici et là, on évoque John Carpenter ou Depeche mode comme sources d'inspiration. Admettons. On a également pensé par moments aux Rennais et plus récents Juvéniles, et à leur ultraclubbing "Fantasy". Certains vont jusqu'à comparer certains titres à du Kraftwerk. Pourquoi pas. "La Course" de Dobosz pourrait être un écho, un hommage, inconscient, au "Tour de France" des Allemands. Peut-être. Mais là où ces derniers jouaient de manière robotique, froide et clinique, San Carol, eux, mouillent le T.Shirt. Pendant leur set, à aucun instant ils ne sont prisonniers des machines. Ils les dépassent. Elles ne sont qu'un outil.

Récemment, dans un docu télé sur la saga "Star Wars", JJ Abrams, encore lui (après tout, ne va-t'il pas réaliser le septième épisode de la franchise), déclarait que George Lucas avait rapidement très bien compris que ce qui se jouait à l'aube du XXIème siècle, c'était le combat entre la machine et l'humanité. "Dans cette lutte, lançait le showrunner de "Fringe", c'est l'Homme qui doit l'emporter sur la technologie". Mercredi, les quatre garçons dans l'air du temps de San Carol ont gagné un round. Qu'on les canonise, fissa !















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