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Portrait

Sandrine PINCEMAILLE, la tapisserie libérée


Rédigé par yannick Sourisseau - le 19 Février 2009 à 10:47


Angers ne fait pas partie des villes possédant une manufacture de tapisserie, comme Aubusson ou Beauvais et pourtant la cité du Roi René est reconnue pour être l’un des hauts lieux de l’art textile en France. Des lissiers de renom ont élu domicile sur les bords de la Maine afin de promouvoir la création textile. Sandrine PINCEMAILLE est l’un des fers de lance de la jeune génération de lissiers installés à l’ombre de l’Apocalypse et du Chant du Monde.



Sandrine Pincemaille donnant des conseils éclairés à l'une des stagiaires.
Sandrine Pincemaille donnant des conseils éclairés à l'une des stagiaires.
Accueillante et souriante, Sandrine PINCEMAILLE, est artiste plasticienne, enseignante en tapisserie à l’École Supérieure des Beaux Arts d’Angers, une des rares écoles françaises où l’on cultive l’Art textile. Avant de s’installer dans son atelier de la Licorne, dans les bâtiments municipaux du Boulevard Daviers, non loin de l’hôpital Saint Jean, lequel abrite le Chant du Monde de Jean Lurçat, Sandrine PINCEMAILLE fut d’abord elle-même étudiante à l’école d’Angers, de 1992 à 1995. Sous le regard aiguisé de Pierre DAQUIN et François GAROTTE, deux lissiers précurseurs d’un nouvel art textile, c’est là qu’elle a appris à voir le métier à tisser sous un autre angle. Finie la tapisserie reproduisant des scènes allégoriques ou historiques, place à la tapisserie libérée, laissant plus de place à la création.

La ville d’Angers n’a jamais compté de manufacture de tapisserie. Et pourtant elle abrite, en son château, le plus important ensemble de tapisseries médiévales existant au monde : l’Apocalypse selon Saint Jean. Cette tapisserie en six pièces, tissée à la manufacture des Gobelins à Paris fut commandée par Louis 1er d’Anjou en 1373 et offerte à la cathédrale d’Angers, par le Roi René. Elle compte aussi un site entièrement dédié à la tapisserie : le musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine, dans les salles de l’ancien hôpital Saint Jean.

« La tapisserie c’était la passion de Jean Monnier, le Maire précédent. Il a fait réaliser quelques belles pièces par des liciers angevins. Elles sont installées dans les bâtiments de la Ville. Il fut aussi le promoteur du développement de l’art textile sur Angers ». précise Sandrine PINCEMAILLE, laquelle n’oublie pas, même si elle défend une nouvelle forme de tapisserie, que les lissiers sont porteurs d’une tradition ancestrale.

C’est cette tradition qu’elle continue à promouvoir auprès des stagiaires qu’elle accueille à l’Atelier de la Licorne, comme Bernard, un retraité passionné par la tapisserie. « J’ai un métier chez-moi, mais j’ai parfois des difficultés pour réaliser mon travail. Sandrine est toujours de bon conseil », ou encore Christine, une débutante, qui se lance dans la réalisation d’une petite pièce. « Je viens apprendre les techniques de bases et surtout savoir comment adapter le dessin de mon choix au travail linéaire du le métier à tisser ». L’un comme l’autre apprécient la disponibilité de Sandrine, d’autant que la tapisserie est un travail de longue haleine puisqu’il faut environ 1 mois pour réaliser un mètre carré. « Je m’adapte aux besoins des stagiaires et je les guide dans leur démarche créative », conclue la plasticienne.

Sandrine PINCEMAILLE a été sélectionné pour participer à la 6ème triennale internationale de mini-textiles qui se déroulera à Angers, au musée Jean Lurçat, de Juin à Novembre 2009. Une soixantaine d’œuvres de 12x12cm, seront présentées par les artistes retenus, sur les 500 à 700 candidats, par un jury d’artistes, experts, historiens d’art et journalistes, sur le thème de : « Avec ou sans eau ».

Pour savoir plus sur Sandrine PINCEMAILLE


yannick Sourisseau

Tags : : portrait

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