Sans-abris, le préfet dévoile son plan hivernal


Rédigé par Rédaction Angers Mag Info - Angers, le 16/11/2012 - 13:44 / modifié le 17/11/2012 - 18:39


Il se traduit par l'ouverture de 400 places destinées aux sans-abri et demandeurs d'asile, soit près de 250 supplémentaires par rapport au dispositif actuel. François Burdeyron a aussi rappelé qu'il s'agissait de mesures d'urgence liées à la demande et aux conditions climatiques.



François Burdeyron, préfet de Maine-et-Loire, a dévoilé son plan grand froid.
François Burdeyron, préfet de Maine-et-Loire, a dévoilé son plan grand froid.
Le préfet de Maine-et-Loire, François Burdeyron, a présenté vendredi matin, lors d'une conférence de presse, le détail des mesures mises en place dans le cadre du plan hivernal. Comme chaque année, ce dispositif d'urgence vise à créer, à compter du 1er novembre, des capacités d’hébergement supplémentaires pour mettre à l’abri les populations les plus vulnérables et à renforcer l’attention de tous les acteurs sur leur situation.

En Maine-et-Loire, l’offre d’hébergement destinée aux sans-abri et aux demandeurs d'asile correspond actuellement à 198 places (hôtels, appartements, centres d'accueil…). En fonction des critères de vigilance, 245 places supplémentaires (soit 443 au total) vont être réparties dans le département. "L’ouverture progressive est liée à la fois à l’évolution de la demande et aux conditions météorologiques qui répondent à deux niveaux : le niveau 1 entre -5°C et -10°c et le niveau2 entre -10°C et -18°C", a expliqué le préfet.

Depuis le 1er novembre, diverses mesures ont été prises à Angers pour faire face à l'afflux de migrants. Des chambres d'hôtel (72 personnes) ont été mises à leur disposition ainsi qu'un gymnase, rue du Général Bizot. Insuffisant. "Ce gymnase vétuste et non chauffé n'est pas adapté, a ajouté le représentant de l'Etat. Nous avons donc décidé, avec le concours de la ville d'Angers, d'installer des blocs modulaires, rue Couffon, à compter du 1er décembre. 20 places seront destinées aux demandeurs d'asile et 17 aux SDF".

"Pas d'appel d'air à Angers !"

Ferme et clair, le préfet Burdeyron a aussi profité de ce point-presse pour rappeler les missions de l'Etat face à l'afflux de nouvelles populations migrantes dans le département et plus particulièrement à Angers. Si la capitale de l'Anjou est attractive dans différents domaines, elle ne doit en aucun cas le devenir pour les demandeurs d'asile.

"Nous entendons ici et là, notamment par le biais des associations et de nos différents partenaires qu'Angers est une ville accueillante, car elle propose automatiquement des chambres d'hôtel aux demandeurs d'asile, a-t-il précisé. C'est faux, nous avons une mission d'accompagnement pour les personnes qui peuvent prétendre à l'asile, mais celles qui ont été déboutées dans leur démarche doivent impérativement repartir chez elles.

Et ainsi laisser la place aux autres
". Et d'ajouter : "Le dispositif hivernal que nous mettons en place ne doit en aucun cas créer un appel d'air pour d'autres demandeurs d'asile provenant de la corne d'Afrique ou encore de l'Europe de l'est". Un message d'alerte pour éviter d'embouchonner, encore un peu plus, le dispositif d'accueil angevin. "Nous parlons bien ici d'abri, de toit et non pas d'installation à long terme", insiste le préfet

On l'aura compris, le dispositif a ses limites. Notamment financières, malgré les 50 millions d'euros débloqués par l'Etat, début novembre, par la ministre Duflot et le Premier ministre Ayrault. De cette aide gouvernementale, la région Pays de la Loire est dotée d'un million d'euros, dérisoire face aux 20 millions accordés à l'Ile de France. Le Maine-et-Loire, quant à lui, récupère 220 000 euros pour activer son plan hivernal. Le calcul est vite fait. L'an dernier, les places d'hôtel auraient coûté, selon Nora Kihal-Flegeau, directrice départementale de la cohésion sociale, "240 000 euros pour un hiver pas vraiment rude, hormis la neige", précise-t-elle.


















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