Sans-abris : "nous n'avons pas de solution miracle"


Rédigé par Yves BOITEAU - Le 23/10/2012 - 17:23 / modifié le 24/10/2012 - 07:54


Depuis plusieurs semaines, l'accueil des migrants, sans-abris, pose de nouveau des problèmes d'hébergement sur Angers. Après l'alerte de l'Abri de la Providence, Angers-Mag a demandé son avis à Rose-Marie Véron, l'adjointe à l'action et à l'animation sociale. Entretien.



Sans-abris : "nous n'avons pas de solution miracle"
Comment analysez-vous les nouvelles difficultés du dispositif d'accueil des migrants sur Angers ?

"Oui, il y a de nombreuses familles qui arrivent sur Angers. Oui, c'est vrai qu'elles n'ont pas d'hébergement et que c'est inacceptable d'en voir certaines à la rue. Mais oui, c'est vrai aussi que les systèmes sont saturés. Il manque sans doute des places, mais, en même temps, le problème est que les personnes ne sortent pas des hébergements d'urgence qui ont pourtant été renforcés. A un moment donné donc, le dispositif se retrouve saturé, c'est un véritable souci. Je répète que c'est d'abord une compétence de l'État et que c'est à lui de mettre les moyens financiers, etc... pour pouvoir accompagner les familles. Quant à la protection de l'enfance, elle relève du Conseil Général. Maintenant, la ville ne reste surtout pas indifférente et continue a assumer ses missions auprès des plus fragiles."

Avez-vous eu des échanges avec l'État sur cette question ?

"Oui, bien sûr puisque la période hivernale arrive. Et parce qu'humainement, c'est inconcevable de voir des enfants à la rue. Le dispositif hivernal qui libère de nouvelles places doit être déclenché à partir du mois de novembre. Mais en même temps, les moyens qui vont être alloués au département sont quasiment équivalents à ceux de l'an passé. Les efforts supplémentaires de l'État seront ciblés sur l'Ile-de-France où la problématique est, il est vrai, bien plus critique."

L'arrêt de la domiciliation des migrants individuels n'a finalement pas complètement résolu le problème, puisque ce sont des familles qui se présentent aujourd'hui à Angers. Un public chasse donc l'autre. Existe-t-il une solution ?

"Sans une politique internationale, européenne, nationale, ça n'est pas possible. Nous, élus locaux, sommes en bout de parcours. Et nous ne pouvons pas gérer une situation qui dépasse nos compétences, quelles que soient nos actions de solidarité à l'égard des plus fragiles. Et puis, il faut aussi penser à ce public en errance qui a besoin d'accueil, de moyen et de soutien. Avec le maire, nous avons choisi d'être présents auprès de ce public avec beaucoup d'énergie. Sans cacher notre inquiétude sur une situation qui est dramatique pour certaines familles."

Un mot sur la situation au Mali, sur les désirs de départ qu'elle engendre inévitablement et ses éventuelles répercussions migratoires pour Angers ? Comment appréhendez-vous cette question ?

"C'est humain quand on vit dans un pays confronté à des comportements agressifs, à une situation de guerre, d'avoir envie de le quitter. Si nous étions à la place des Maliens ou d'autres habitants de pays en guerre, nous aurions le même réflexe. Après, ça pose la question de la capacité des pays européens et de la France à pouvoir accueillir toutes ces personnes. Avec le Mali, c'est vrai que nous avons des attachements particuliers, mais nous ne pouvons pas accueillir toute la population de Bamako. C'est toujours très questionnant et nous n'avons pas de réponse miracle."




Du plus récent au plus ancien | Du plus ancien au plus récent

6.Posté par Olivier DOUAY Candidat RBM-FN 6ème circonscription du 49 en juin 2012 le 29/10/2012 13:53 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Je suis d'accord avec vous que désigner des boucs émissaires n'est pas une bonne solution, mais les impératifs financiers existent et si vous connaissez l'Histoire, ce que je suppose en lisant votre com, vous verrez que toute assimilation de population a toujours nécessité du temps. Rappeler vous les discours de Marine Le Pen qui disait à juste titre que ce n'est pas l'immigré, mais l'immigration et ceux qui la favorisent au niveau mondial qui sont à combattre De même vous pouvez lire les liv...

5.Posté par MAGNINY bruno le 29/10/2012 11:02 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Depuis l'age des cavernes, le 'raisonnement' du bouc émissaire fonctionne: rendre l'autre responsable de tout, ce qui permet de fuir ses responsabilités.
C'est peut-être comme ça que homo sapiens a éliminé l'homme de Néanderthal, contemporain et tout aussi 'cultivé' (arts, sépultures).
Ca fonctionne encore dans le discours de certains de nos contemporains au front bas.

Les deux grands défis de la France au 21è S sont les mêmes que ceux de l'humanité: changement climatique et migrations intern...

4.Posté par Olivier DOUAY Candidat RBM-FN 6ème circonscription du 49 en juin 2012 le 28/10/2012 15:34 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Sans raconter ma vie, OUI j'ai hébergé des gens pour des loyers ridicules au lieu de demander leur expulsion. Pour votre part, vous n'avez pas répondu à la question. En ce qui concerne les squats, vous êtes encore irresponsable. Loger 300 ou 400 somaliens dans des squats dans des conditions plus que précaires est irréaliste voire dangereux. N'y a-t-il pas eu assez d'incendies de ces squats faisant de très nombreuses victimes pour que vous continuiez? Quand on parle d'immigration non maitrisée...

3.Posté par BOURDON Pierre-Jean le 27/10/2012 13:01 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Mon mail précédent était une réaction contre ceux qui veulent réduire le monde à leur petits intérêts personnelsmais ne dédouane pas, pour autant, la mairie de sa part de responsabilité ; des solutions immédiates existent. Nous avions proposé aux trois pouvoirs locaux: la mairie en charge des personnes seules, le Conseil général en charge des familles et la préfecture en charge des demandeurs d'asile de se réunir et de recenser les maisons et immeubles vides d'habitants. Ces immeubles sont su...

2.Posté par BOURDON Pierre-Jean le 27/10/2012 11:58 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
J'ai été accueilli chaleureusement dans la brousse du nord TAMBAOURA au Mali et également dans une famille des quartiers populaires de BAMAKO à l'issue d'un forum sur les mines d'or (exploitées par des sociétés étrangères!).
J'aurai juste une question à poser au lecteur précédent; dans son commentaire il interpelle R.M. Véron sur son implication humaniste: loge t'elle, chez elle, une famille malienne?
Hormis la démagogie de ce genre d'interpellation, je lui retourne la question, lui qui est ca...

1 2

On en cause ... | Actualité | Société | Politique | Culture | Economie | Sports - Loisirs | Numérique | Services | Zoom sur ... | Billet d'humeur | video | vacances | Météo Angers | Administration - Gestion | Jeux | le mensuel Angers Mag






Document sans nom


















Instagram