Sans-papiers : un an de combats pour soutenir la famille Pereira


Rédigé par - Angers, le 13/05/2015 - 07:19 / modifié le 07/08/2015 - 08:21


Mobilisés depuis plus d'un an pour soutenir la régularisation de Ruth, une élève d'origine angolaise, et de sa famille, les enseignants du collège de la Venaiserie à Saint-Barthélémy-d'Anjou ont décidé de réoccuper l'établissement depuis lundi soir. Pour signifier aux autorités qu'ils ne lâcheront pas l'affaire. Et redire que, selon eux, l'approche humaine du dossier doit l'emporter sur la logique administrative.



Sans-papiers : un an de combats pour soutenir la famille Pereira
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Ce n'est pas la première affaire du genre. Et certainement pas la dernière. D'un côté, une famille de réfugiés, présente depuis plusieurs années sur le territoire angevin mais acculée administrativement après avoir épuisé toutes ses demandes de régularisation. De l'autre, le préfet de Maine-et-Loire, fermement décidé à voir le droit s'appliquer. Entre les deux, comme un filet protecteur, fragile et solide à la fois, une mobilisation citoyenne convaincue que dans le cas présent, la place existe encore pour une approche humaine et compassionnelle des choses.

Car pour les enseignants du collège de la Venaiserie à Saint-Barthélémy-d'Anjou, aucun doute : l'avenir de Ruth Pereira, élève appliquée de troisième, scolarisée depuis plus de deux ans au sein de leur établissement, ne se trouve plus en Angola. En juillet 2012, sa mère, Suzanna, a fui précipitamment avec elle ce pays, grand comme deux fois la France, pour se réfugier à Angers. Avant d'y être rejoint par la soeur de Ruth, Magda, scolarisée aujourd'hui au lycée Emmanuel Mounier. "En Angola, Suzanna a payé le soutien à ses deux fils, engagés contre le gouvernement en place, et qui ont disparu lors d'une manifestation il y a quatre ans" raconte Katia Beudin, l'une des responsables de son comité de soutien.

En 2011, dans le prolongement du printemps arabe, plusieurs séries de rassemblements contre le maintien au pouvoir du président de l'Angola, José Eduardo Dos Santos, avaient été organisées notamment à Luanda, la capitale, avant d'être réprimées. "En représailles, Suzanna a été violée par des miliciens, affirme Katia Beudin. Sur le sujet, l'Ofpra parle d'une émotion non feinte mais estime qu'il n'y pas de preuve d'une agression politique, comme si ses agresseurs auraient du laisser une attestation !" "La situation n'a pas changé en Angola, c'est ma vie qui y est menacée", appuie Suzanna, partagée entre lassitude et espoirs qu'une solution voit enfin le jour. Le temps presse d'autant que la fin de l'année scolaire approche pour Ruth et Magda.

24 janvier 2015, mairie de Saint-Barthélémy-d'Anjou. Le parrainage républicain de Ruth s'est déroulé devant de nombreux soutiens.
24 janvier 2015, mairie de Saint-Barthélémy-d'Anjou. Le parrainage républicain de Ruth s'est déroulé devant de nombreux soutiens.
"Ca suffit !"
En avril 2014, après avoir appris que la mère de Ruth était déboutée du droit d'asile, les enseignants de la Venaiserie avaient décidé de la soutenir discrètement dans sa demande de régularisation à titre humanitaire auprès de la préfecture de Maine-et-Loire. C'est le refus du préfet, François Burdeyron, qui a motivé leur mobilisation publique, rappellent-ils aujourd'hui.

"En juin l'an passé, nous avions déjà occupé l'établissement. Mais nous avions été rabroués comme rarement par les services préfectoraux" indique encore Katia Beudin. Depuis, rien n'a permis d'inverser la position de ceux-ci. Pas plus les rassemblements, pétition, marche, prise de parole (ci-dessous lors du spectacle de clôture du Festival d'Anjou 2014) que le courrier envoyé début janvier à Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, signé des cinq parlementaires de gauche du Maine-et-Loire.

Quelques jours plus tard, en mairie de Saint-Barthélémy-d'Anjou, le conseiller régional Matthieu Orphelin et une enseignante du collège ont parrainé républiquement Ruth, pour officialiser un peu plus le soutien de la collectivité à son sort et à celui de sa famille. Sans faire bouger pour autant les lignes... "Ca suffit !, clame son comité de soutien, Suzanna ne peut travailler et élever dignement ses 2 filles, puisque l’État Français lui refuse un simple papier de régularisation ; elle risque de se retrouver très rapidement à la rue."

65e Festival d'Anjou, 5 juillet 2014. A la demande du comédien François Morel, un texte du comité de soutien à Ruth est lu devant le public de son spectacle "Le soir des Lions".




Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par Daniel Fleury le 17/05/2015 19:56 | Alerter
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Un combat sans cesse renouvelé au cas par cas, long et difficile, parce que s'opposant à la pente la plus facile à prendre, celle de la xénophobie souvent ambiante. Une tâche pourtant simplement de fraternité humaine, comme ici pour Ruth, là pour Miléna, ailleurs pour des demandeurs d'asile (bientôt expulsés à nouveau du lieu havre de paix qu'ils avaient investi et dont l'agglomération veut encore les chasser), ailleurs encore pour des familles de Roumanie... C'est pourtant chaque jour une pa...








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