Santé, le coup de gueule des salariés du Cesame


Rédigé par - Angers, le 03/12/2015 - 17:48 / modifié le 03/12/2015 - 23:39


Une centaine d'agents du Centre de Santé Mentale Angevin (Cesame) ont manifesté jeudi devant la préfecture puis, plus nombreux encore, devant les bureaux de l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARS). Au coeur de leur mécontentement, les conséquences salariales du plan d'économie de l'établissement (1200 salariés), actuellement en projet. Benjamin Letang, secrétaire du syndicat CGT du Cesame, nous livre ses explications.



Délégué CGT au Cesame, Benjamin Letang (au micro, à côté du représentant de FO, Jean-Jacques Péaud) demande la suspension du plan d'économie proposé par la direction de l'établissement.
Délégué CGT au Cesame, Benjamin Letang (au micro, à côté du représentant de FO, Jean-Jacques Péaud) demande la suspension du plan d'économie proposé par la direction de l'établissement.
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Quel est l'objet de votre mobilisation ?

"Nous avons déposé un préavis de grève - CGT et FO, les deux syndicats principaux du Cesame, NDLR - pour dénoncer les mesures d'économies imposées par l'ARS à l'établissement. L'ARS a lancé un plan triennal à l'échelle de la région qui va obliger le Cesame à réaliser 1,8 million d'euros d'économies sur trois ans. Notre direction a rendu sa copie à l'ARS, elle s'y engage à maintenir l'offre de soins mais prend l'option claire de réaliser ces économies sur la masse salariale, en ralentissant en particulier nos déroulements de carrière. Ce sont des centaines de milliers d'euros qui seront ainsi économisées sur trois ans."

Très concrètement, ça signifie quoi ?

"Que les agents pourront changer d'échelon moins vite qu'avant. Il faudra désormais quatre à cinq années supplémentaires à un infirmier pour atteindre le dernier échelon. C'est significatif. Il ne faut pas oublier que le point d'indice des fonctionnaires est gelé depuis 2010 et que la seule façon pour un soignant aujourd'hui de voir son salaire augmenter, c'est de s'inscrire dans un déroulement de carrière."

Quels sont les salaires moyens au Cesame ?

"Un infirmier en début de carrière gagne moins de 1500€ en travaillant un week-end sur deux, prime de week-end comprise donc. Et puis, il y a beaucoup de collègues de catégorie C, comme les agents de service qui ont à peine plus du SMIC."
"Le personnel ne doit pas être la variable d'ajustement des stratégies d'économie en matière de santé"

Quelles sont vos marges de manoeuvre pour tenter d'inverser cette option ?

"Cette mobilisation était un premier acte. Un débrayage sera organisé à l'occasion du conseil de surveillance du Cesame le 18 décembre, mais on en est pas encore au stade de la négociation. Maintenant, il est évident que les marges de manoeuvre se situent au niveau régional, car c'est bien l'ARS qui a décidé de serrer la vis à la psychiatrie sur toute la région. Elle a fixé des objectifs très ambitieux, mais le personnel ne doit pas être la variable d'ajustement des stratégies d'économie en matière de santé. On sait que de l'argent, il y en a. Il y a des choix politiques qui portent notamment sur des exonérations de charges sociales, qui interrogent. En bout de chaîne, ce sont les établissements qui en payent les conséquences. "

C'est donc au ministère de la santé que ça se joue en réalité ?

"Oui. C'est pour cela qu'il y avait aujourd'hui une délégation de collègues de la Claverie, qui sont en grève, et de l'hôpital local Saint-Nicolas, qui ont débrayé la semaine dernière. Car dans des contextes différents, ils sont confrontés à la même logique et aux mêmes causes. Notre objectif, c'est de coordonner nos mouvements pour donner une dimension régionale et nationale à cette mobilisation là. On sait qu'on ne pourra pas gagner seul sur des sujets comme celui-là."

Comment percevez-vous la mobilisation de vos collègues au Cesame ?

"Le taux de grévistes est monté à 33% aujourd'hui, ce qui est plutôt un bon chiffre, et parallèlement, on a recueilli 800 signatures sur 1200 salariés pour une pétition dénonçant la politique d'austérité. C'est un signe d'investissement important des collègues pour cette bagarre, dont on subit déjà les conséquences. Pour 2015, on dispose de 11 postes de remplaçants en moins sur l'année, les dépenses d'hôtellerie sont comptées elles-aussi. Ca pèse forcément sur les esprits : quand on bosse en psychiatrie, c'est en général qu'on a envie de bien faire son travail et bien prendre en charge les patients. Quand on en est à compter les rouleaux de papier-toilette, c'est vrai qu'on marche un peu sur la tête."




 




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