Scandale à l'UCO, "on est dans l'imprévisible"


Rédigé par - Angers, le 07/12/2012 - 21:07 / modifié le 08/12/2012 - 23:08


Après les révélations sur les agissements d'un de ses vice-recteurs, l'Université catholique de l'Ouest est sonnée. Et se retrouve face à une urgence : rassurer personnels, étudiants et partenaires, et répondre aux doutes qui s'expriment sur sa gestion de l'affaire. Une procédure de licenciement est ouverte contre Robert Martin de Montagu, qui a exprimé publiquement ses regrets.



Michel Jacquet (directeur de cabinet du recteur), Dominique Vermersch, recteur de l'UCO et Jean-Lou Bénéton, le président de l'association Saint-Yves (gestionnaire) lors de la conférence de presse vendredi matin (de gauche à droite)
Michel Jacquet (directeur de cabinet du recteur), Dominique Vermersch, recteur de l'UCO et Jean-Lou Bénéton, le président de l'association Saint-Yves (gestionnaire) lors de la conférence de presse vendredi matin (de gauche à droite)
Il ne pouvait en être autrement. Une onde de choc a parcouru ce vendredi les bâtiments de l'Université catholique de l'Ouest à Angers, après les révélations des plaintes déposées par deux de ses assistantes contre Robert Martin de Montagu, une figure de l'institution universitaire angevine.

Poursuivi pour atteinte à la vie privée et attouchements, celui qui avait assumé durant un an - après la démission du Père Guy Bedouelle - l'intérim à la tête de la Catho, a été mis à pied le 23 novembre. Dans un communiqué transmis ce vendredi soir à la presse, son avocat, Me Julien Roulleau, a indiqué que son client "reconnait avoir eu des comportements qui ont pu être inadaptés à l’encontre des plaignantes, ce qu’il regrette" et précise qu'il "sait qu’il devra en répondre devant la justice".

Sous quelle forme ? Il est trop tôt pour le savoir. Mais du fait des aveux du mis en cause, l'enquête devrait rapidement être bouclée, selon le parquet d'Angers. Un élément important pour les victimes. Cette prise en main judiciaire suffira-t-elle a éteindre l'incendie provoqué par cette affaire au sein de l'UCO ? C'est une autre histoire. Car depuis hier, des voix s'élèvent au sein de l'université catholique angevine, pour s'interroger "sur le traitement interne" qui en a été fait.

Les plaignantes ont informé le nouveau recteur le 16 novembre

Dominique Vermersch, le nouveau recteur de l'UCO, au micro de RCF Anjou : "Je veux croire que nos partenaires sauront faire la part de choses. Nous allons communiquer pour cela."
Dominique Vermersch, le nouveau recteur de l'UCO, au micro de RCF Anjou : "Je veux croire que nos partenaires sauront faire la part de choses. Nous allons communiquer pour cela."
"Nous voulons comprendre comment une telle situation a pu perdurer. Nous avons posé des questions pendant les réunions des instances représentatives car de telles situations ne doivent pas se reproduire" indique Bruno Deutsch, délégué CFE-CGC du personnel de la Catho, dans un communiqué que nous publions intégralement par ailleurs.

En clair, comment n'a t-il pas été possible plus tôt de prévenir, puis de sentir les dérives d'un des plus haut cadres de l'UCO ? Qui plus est, commis pendant la période où celui-ci en assumé la direction ?

"J'ai reçu un appel téléphonique à la fin du mois de juin, d'une tierce personne, me signalant d'éventuels agissements" de Robert de Montagu, et d'une "affectivité un peu déplacée" a révélé ce vendredi matin, lors d'une conférence de presse, le nouveau recteur de l'université, Dominique Vermersch.

Pas encore en fonction officielle alors - il l'est depuis le 1er septembre -, ce dernier n'a eu confirmation des faits par les plaignantes elles-mêmes que le 16 novembre dernier. "Elles n'en avaient fait part jusqu'alors ni à moi, ni à l'équipe de direction, insiste Dominique Vermersch, Des mesures immédiates ont été prises". En interne, une mise à pied pour Robert de Montagu. En externe, le dépôt quasi conjoint de deux plaintes par les assistantes.

"La dérive individuelle relève de l'intime"

Reste à savoir pourquoi, alors que les faits remontent à l'année 2011, les victimes ont attendu si longtemps pour signaler les agissements à la justice ? Par "soucis de confidentialité", comme l'indiquent certains, par crainte et (ou) pour d'autres raisons ?

Reste aussi à comprendre la défaillance et les écarts d'un homme, fidèle à l'UCO depuis plus de vingt ans, unanimement apprécié pour "sa disponibilité" au sein du corps enseignant. "C'était le pompier de service, celui qu'on envoyait régler les problèmes et pallier aux déficits de gestion des ressources humaines. Je suis sous le choc" confie un professeur, sous couvert d'anonymat.

Abus de pouvoir ? Burn out ? "La charge était lourde, a confirmé ce matin, Jean-Lou Bénéton, le président de l'association Saint-Yves qui gère l'université, Mais aucun signal d'alerte n'est venu éclairer davantage notre réflexion." "La situation de cet homme n'est pas spécifique à sa charge, estime Me Alain Fouquet, l'avocat de l'UCO, La dérive individuelle relève de l'intime. Elle est imprévisible."



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