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Festival d'Anjou

Schmitt ou Bélier, qui le sait ?


Par - le 26 Juin 2010 à 10:02

Mais qui est vraiment Monsieur Schmitt ? Un dangereux schizophrène ou un simple illuminé victime d’une crise d’identité ? Personne le sait ou plutôt, chacun à sa petite idée. Avec « Qui est Monsieur Schmitt ? », Richard Berry et Raphaëline Goupilleau, ont servi, hier soir aux spectateurs du Plessis Macé, non loin d’Angers, une comédie de boulevard désopilante à la limite de l’absurde.



Qui est Monsieur Schmitt, ce médecin dermatologue qui affirme s’appeler Bélier et semble ne plus reconnaître l’appartement dans lequel il vit habituellement dans la ville de Luxembourg ? Toute la pièce se déroule dans cette atmosphère surréaliste, où un type empreint d’un certain mal de vivre se glisse dans la peau d'un autre pour enchainer, par ses interrogations, son désarroi, des situations plus cocasses les unes après les autres. Normal quand on ne sait plus qui l’on est.

Richard Berry qui n’avait pas interprété cette comédie à mi-chemin entre le théâtre de boulevard et celui dit plus intellectuel, depuis 5 mois, jouait pour la première fois en plein air. Mais comme il le dira lors de la rencontre avec le public après le spectacle : « C’est un vrai régal à jouer, d’autant qu’il y a une magnifique entente entre tous les acteurs. Il faut l’interpréter avec sincérité sans chercher absolument à faire rire. C’est un drame humain qui fait rire ».

Toute l’intrigue repose sur le fait qu’un certain Monsieur Schmitt et son épouse ont le sentiment de s’appeler Bélier et de s’être trompé d’appartement et même de ville. Selon toute vraisemblance, si au moins il y a une, les Bélier habiteraient Paris et lui ne serait pas dermatologue, mais ophtalmologiste. Quelle n’est pas la surprise du couple quand le téléphone sonne alors que les Bélier-Schmitt n’ont jamais eu de téléphone. Le couple qui ne reconnaît plus son appartement vit alors un véritable cauchemar au point qu’il faille faire intervenir la police et un psychiatre qui n’est autre que Sébastien Thiéry, l’auteur de « Qui est Monsieur Schmitt ? ».

Richard Berry, Monsieur Bélier ou Monsieur Schmitt, on le sait pas et on le saura jamais, campe un personnage remarquable dont il faut saluer l’interprétation, à la fois comique, révolté, au bord de la crise de nerf. Sa femme, Raphëline Goupilleau, résignée, amoureuse, essaie de le rassurer, de trouver des solutions aux problèmes identitaires de son mari, sans vraiment arriver à le convaincre. L’histoire arrive à son paroxysme quand Monsieur et Madame, blancs tous les deux, découvrent qu’ils ont un fils … noir. Une vraie histoire de fou.

Bien sûr la situation est loufoque et provoque l’hilarité générale. On rit beaucoup dans les gradins, certains même sans retenue, c’est le propre du théâtre de boulevard. Mais il y a dans cette pièce, d’une durée relativement courte – 1h20 - quelque chose d’irrationnel, à la limite de l’absurde. Car même en riant de toutes les situations, on n’arrive pas à savoir si le personnage principal est bien le dermatologue Schmitt qui « préfère soigner les boutons qui se renouvellent plutôt que les vieux qui meurent », ou l’ophtalmo Bélier qu’il aurait aimé être à la fin de ses études de médecine. D’autant qu’à la fin, le couple s’appelle Schwartz. Allez savoir jusqu’où peut aller le dédoublement de personnalité ?

Sébastien Thiéry, 40 ans, l’auteur interprète, Molière du meilleur spectacle comique en 2009, pour « Cochon d’Inde » et nominé en 2010 pour « Qui est Monsieur Schmitt », n’est autre que le gendre de Philippe Tesson, journaliste et critique éminent de théâtre. Il avouera avoir écrit cette pièce à la manière de Faydeau, scène après scène, sans savoir quelle sera la suite. « Ce qui m’intéresse c’est d’écrire une situation de départ, plus ou moins abracadabrante, et ensuite j’essaie de m’en sortir ».




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