Séance critique : "Brooklyn Village"


Rédigé par Florence VASCA - Angers, le Samedi 1 Octobre 2016 à 08:15


Dans Séance critique, deux fois par mois, Florence Vasca nous fait partager son regard sur un film à l'affiche. Aujourd'hui, "Brooklyn Village" d'Ira Sachs, "un mélodrame tout en nuances à la fois sensible et puissant".



Le film dépeint la pureté d'une amitié naissante et les rêves portés par ces adultes en devenir.
Le film dépeint la pureté d'une amitié naissante et les rêves portés par ces adultes en devenir.
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Suite au décès de son grand-père, la famille de Jake hérite de sa maison et emménage dans le quartier de Brooklyn. L'adolescent introverti va rapidement devenir l'ami inséparable de Tony le fils de la couturière, locataire du rez-de-chaussée. En raison d'un différend relatif au montant du loyer, les relations entre adultes vont peu à peu devenir tendues; fragilisant la belle complicité des deux jeunes amis.

Peu connu du grand public malgré six longs métrages à son actif, le réalisateur de « Love is strange » est devenu une valeur sûre du cinéma indépendant américain. Dans « Brooklyn Village » primé au dernier Festival de Deauville, il porte un regard intimiste et bienveillant sur une petite communauté au plus près de ses personnages.

En décrivant le quartier de Brooklyn en pleine mutation, Ira Sachs traite de l'inexorable appropriation des quartiers populaires par une classe sociale favorisée.
 
Dans cette peinture psychologique et sociétale, le réalisateur s'empare aussi bien du rapport de classes, de la condition d'artiste que de la relation père-fils.

Mais le cinéaste se garde de tout manichéisme dans cette histoire où l'argent pollue les rapports humains. Léonor, la locataire chilienne à la situation financière précaire, peut se montrer cruelle et manipulatrice envers son nouveau propriétaire, comédien de théâtre vivant difficilement de son art. 

Dans cette peinture psychologique et sociétale, le réalisateur s'empare aussi bien du rapport de classes, de la condition d'artiste que de la relation père-fils.

Au delà du conflit qui oppose les parents, le film au titre original « Little men » dépeint la pureté d'une amitié naissante et les rêves portés par ces adultes en devenir. Animés d'une même fibre artistique, l'un pour le dessin, l'autre pour le théatre, ils projettent d'intégrer la même école prestigieuse. Une des scènes où Jake, toujours en retenue, finit par se libérer d'un trop-plein émotionnel allie justesse et pudeur.

La présence de l'actrice chilienne Paulina Garcia et de Greg Linnear ("Little Miss Sunshine") donne un casting cohérent grâce à la complémentarité des deux jeunes acteurs.

Bien que le film pèche de temps à autre par son manque de rythme, notamment dans les scènes de répétion théatrale, Ira Sachs réussit de belles scènes intimistes en décrivant par petites touches la cassure entre le monde des adultes et celui des adolescents.

Malgré un scénario qui aurait mérité d'être plus étoffé, « Brooklyn Village » reste un mélodrame tout en nuances à la fois sensible et puissant.









1.Posté par Martine Mirotchnik le 02/10/2016 18:57 (depuis mobile) | Alerter
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J''ai beaucoup apprécié ce film sensible et tout en retenue.Pas de pathos superflu.
J''ai beaucoup apprécié également l''ayant vu en VO d''entendre une langue anglaise pure et compréhensible et non des borborysmes américains.








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