Séance critique : "Corporate", de Nicolas Silhol


Rédigé par Florence VASCA - Angers, le Vendredi 14 Avril 2017 à 18:00


Dans Séance critique, deux fois par mois, Florence Vasca nous fait partager son regard sur un film à l'affiche. C'est le "Corporate" de Nicolas Silhol qui a retenu son attention, cette semaine.



Céline Sallette et Lambert Wilson, dans "Corporate". Crédit photo : Claire Nicol
Céline Sallette et Lambert Wilson, dans "Corporate". Crédit photo : Claire Nicol
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 Emilie, la trentaine fringante, est responsable des Ressources Humaines au siège du groupe Esen. Chargée de réduire les effectifs, c'est sans états d'âme qu'elle pousse certains salariés à démissionner afin d'éviter le coût d'un licenciement. Jusqu'au jour où l'un d'entre eux se suicide sur son lieu de travail.

Le harcèlement moral est devenu un sujet sociétal brûlant au point que des candidats à la présidentielle s'en sont emparés. Nicolas Silhol sait de quoi il parle. Cet ancien élève de la Fémis, fils d'un consultant en ressources humaines, a aussi réalisé de nombreux films d'entreprise.

S'inspirant de la vague de suicides qui eut lieu au sein de France-Télécom, il dénonce des méthodes de management déshumanisantes. A l'opposé du film De bon matin, où le héros  Jean-Pierre Daroussin en était la victime,  le réalisateur décide de faire de l'oppresseur son héroïne.

Corporate décrit les mécanismes d'un  système qui déresponsabilise des cadres contraints de  répondre aux objectifs de leur hiérarchie en faisant « le sale boulot ». Dans la première scène, on aperçoit Emilie à travers la vitre de son bureau en entretien avec une salariée qu'on ne verra pas.
Se dessine aussitôt un cadre oppressant où règne un climat de suspicion et de grande solitude. Derrière des vocables propres au management, tels que « les évaluations comportementales » ou « mobilités forcées », se cache le cynisme d'une stratégie d'entreprise visant à se débarrasser de 10% de ses salariés.

Corporate pose la question de savoir jusqu'où un individu est capable d'accepter les ordres de sa hiérarchie lorsque les intérêts de son entreprise et sa carrière sont en jeu.
Coupée de ses émotions,  habillée comme un homme et performante, Emilie se féminise au fur et à mesure de son examen de conscience. Au contact de l'inspectrice du travail qui lui dit « ce n'est pas la vérité qui tue, c'est le mensonge », elle brise la loi du silence et retrouve les valeurs qu'elle avait fini par perdre de vue.

Céline Salette parfaite dans le contre-emploi d'une executive-woman  au sang froid s'humanise sans jamais se départir de son feu intérieur et d'un regard qui rappelle celui de Simone Signoret. Lambert Wilson est plus que crédible dans la peau d'un DRH aussi charismatique que cynique.

 Nicolas Silhol parvient à tenir en haleine le spectateur tout le long de l'enquête. Corparate est un réquisitoire contre  les violences d'un certain management dévastateur, doublé d'un portrait de femme traité comme un thriller psychologique.













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