Séance critique : "Fantastic Birthday", de Rosemary Myers


Rédigé par Florence VASCA - Angers, le Samedi 1 Avril 2017 à 08:00


Dans Séance critique, deux fois par mois, Florence Vasca nous fait partager son regard sur un film à l'affiche. Cette semaine, "Fantastic Birthday", de Rosemary Myers.



la rédaction vous conseille
Dans la banlieue d'Adelaïde du milieu des années 70, Greta intègre son nouveau collège. D'une nature très réservée et rêveuse, elle se lie avec Elliot, un élève solitaire à la coiffure improbable. A l'occasion de son quinzième anniversaire, ses parents organisent une grande fête à son corps défendant. En proie à une peur panique, elle va être projetée dans une sorte de quatrième dimension, échappant ainsi au monde réel.

Venue du théâtre, l'australienne Rosemary Myers adapte pour la première fois une pièce de son répertoire pour le grand écran. Elle chasse tout idée de naturalisme dès le premier plan de Greta, assise seule sur un banc en filmant la cour de récré comme un décor de théâtre. Le format, la représentation des personnages, les décors kitch, tout participe à créer un univers poétique et singulier.

Les protagonistes s'apparentent à ceux d'un conte à la Tim Burton, tantôt loufoques, tantôt inquiétants ; à l'image des méchantes triplées et de l'ambigu Adam qui apportent de l''étrangeté à l'ensemble. Greta est entourée par des parents décalés dotés d'un vrai grain de folie. Le père arbore un short ridiculement moulant égrenant des blagues qui ne font rire que lui, pendant que sa femme noie dans l'alcool son ennui et sa peur de vieillir.
"Un réjouissant conte poétique et fantastique sur la difficulté de quitter le monde de l'enfance"

Lors de la fête d'anniversaire, les invités arrivent dans un défilé haut en couleurs, filmé à grand renfort de mouvements de caméra virtuoses. L'histoire traitée d'abord comme un teen-movie bascule par la suite dans l'onirique et le fantastique. Greta, réfugiée dans sa chambre ouvre sa boîte à musique et, telle une « Alice aux pays des horreurs », est propulsée au milieu d'une forêt menaçante peuplée de personnages imaginaires dont certains ont les traits de ses parents.

Rosemary Myers aborde la fin de l'enfance comme un rite de passage dans une approche essentiellement visuelle. Elle illustre les peurs de Greta, celle de grandir, de la sexualité à travers son trouble pour le petit ami de sa sœur et la représentation très sexuée des triplées. Elle s'interroge également sur la féminité, la figure maternelle. Mais elle met surtout l'accent sur la force de l'imaginaire et son impact sur la vie réelle.

D'aucuns seront sans doute un peu déroutés par le mélange des genres et les différentes influences assumées par la réalisatrice. Pour autant, elle réussit à en faire quelque chose de personnel, drôle et touchant dans le souci d'une esthétique résolument vintage. Fantastic Birthday est un réjouissant conte poétique et fantastique sur la difficulté de quitter le monde de l'enfance.













Angers Mag












Angers Mag : #Angers REPORT'CITÉ trace sa route @Angers @MinistereCC @KeolisAngers https://t.co/5jrXBWmmjE https://t.co/dULolkaDWK
Mercredi 21 Juin - 12:33
Angers Mag : #Angers Ouest eMedia Presse (@angersmaginfo) a été placée en liquidation judiciaire https://t.co/vMG2O392Qi https://t.co/N9IyhvEjS3
Mercredi 21 Juin - 12:23
Angers Mag : « En Indonésie, le tourisme engendre des transformations profondes » #Angers https://t.co/gJQfDIqgwP https://t.co/bn8ODsUAFu
Jeudi 15 Juin - 10:03
Angers Mag : JoeyStarr, les différents visages de l'éloquence: Sur la scène du Festival d'Anjou le 15... https://t.co/9fZW6XZ2i2 https://t.co/bB4ZKtREuR
Mercredi 14 Juin - 12:03