Séance critique : "La La Land", de Damien Chazelle


Rédigé par Florence VASCA - Angers, le Vendredi 3 Février 2017 à 19:00


Dans Séance critique, deux fois par mois, Florence Vasca nous fait partager son regard sur un film à l'affiche. Cette semaine, c'est le phénomène "La La Land" qui a retenu l'attention de notre chroniqueuse.



Emma Stone et Ryan Gosling, couple star du flim de Damien Chazelle, "La La Land". Crédit photo : SND
Emma Stone et Ryan Gosling, couple star du flim de Damien Chazelle, "La La Land". Crédit photo : SND
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Jolie rousse piquante, Mia a abandonné ses études pour devenir apprentie-comédienne à Hollywood. Elle enchaîne les séances de casting et travaille comme serveuse en attendant de décrocher un rôle hypothétique. Elle croise par hasard Sébastian, un charismatique pianiste de jazz sans le sou qui, comme elle, aspire à concrétiser ses rêves ; ils tombent amoureux.

Après le très remarqué Whiplash, Damien Chazelle poursuit son exploration du milieu musical, délaissant New-York pour L.A. La la land (surnom de la Cité des Anges) revisite la comédie musicale tout en respectant les codes du genre.

Le plan-séquence inaugural d'une bretelle d'autoroute où un banal embouteillage se transforme en un réjouissant ballet est spectaculaire. Cette scène où le quotidien bascule comme par magie dans l'allégresse est à elle seule un hommage à la comédie musicale américaine ; et nous rappelle combien elle fait partie de notre mémoire collective de spectateur.
"Le cinéaste réussit le tour de force de s'emparer de tous les clichés sans jamais tomber dans la mièvrerie." 
Nostalgique d'une époque révolue où le jazz était indissociable du film musical, le réalisateur emprunte l'esthétique des films de Vincente Minelli et de Jacques Demy, qu'il s'agisse des chorégraphies comme des couleurs acidulées, des décors et des costumes. Bien qu'intemporel dans la forme, Damien Chazelle porte un regard contemporain sur l'usine à rêves, en s'interrogeant sur les affres de la création, la difficulté de vivre de son art, le rapport au succès et ses compromis.

Le cinéaste réussit le tour de force de s'emparer de tous les clichés sans jamais tomber dans la mièvrerie. Il décline les scènes romantiques en les réinventant, du premier baiser dans une salle obscure à une valse à la Disney sous une pluie d'étoiles. Ce qui n'aurait pu être qu'une histoire à l'eau de rose devient tout autre chose grâce à la poésie et une réelle mélancolie qui traversent le film.

Le charme opère aussi dans les petites imperfections des numéros dans lesquels les comédiens ne sont pas doublés. A défaut d'être inédit à l'écran -on les a déjà aperçu dans Crazy Stupid Love- le couple formé par Emma Stone et Ryan Gosling est aussi complémentaire que glamour.

Le final narratif très réussi compense largement un scénario peu étoffé. A l'instar du personnage de Sebastian, cinéphile et musicien, Damien Chazelle célèbre son amour pour le Jazz et l'âge d'or du cinéma des années 50/60. Il rend ses lettres de noblesse à la comédie musicale en cinémascope. La la land est un spectacle enchanteur et ambitieux qui touche au cœur grâce à la beauté des thèmes musicaux de Justin Hurwitz, et ce longtemps après la projection.
 










1.Posté par Dracula le 05/02/2017 21:02 (depuis mobile) | Alerter
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