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Environnement

Semences : les paysans défendent leurs droits


Rédigé par - Le Lundi 21 Novembre 2011 à 11:24


Samedi matin à Angers, les badauds qui déambulaient sur le plateau piétonnier du centre-ville, du côté de la place du Pilori, ont pu s’arrêter pour gouter quelques légumes rustiques issus des fermes de la région angevine. La Confédération paysanne et plusieurs associations lançaient une campagne pour la défense des semences paysannes.



Le marché paysan installé samedi matin, place du Pilori à Angers
Le marché paysan installé samedi matin, place du Pilori à Angers
La semence est le premier maillon de la chaine alimentaire, de sa qualité dépend la qualité de notre nourriture et de l’environnement agricole », pouvait-on lire sur le tract distribué par les représentants de la Confédération paysanne, installée place du Pilori à Angers. Les paysans présents, mais aussi des vignerons, des associations de défense et des ONG comme Attac et Greenpeace défendait le droit élémentaire de pouvoir sélectionner, conserver, reproduire et échanger, les semences distribuées par les artisans semenciers de leur choix.

Mais les grandes multinationales de l’agro-alimentaire et des produits chimiques, par l’intermédiaire de grosses coopératives, ainsi que la législation qui se dessine au niveau européen ont décidé autrement. « Désormais ce sont les semenciers qui font la loi et lorsqu’on nous demande notre avis, ce n’est qu’un simulacre de concertation », déclare Michel GERAY, venu de l’Eure et Loire, pour représenter la Coordination Nationale pour la Défense des Semences Fermières (CNDSF).

Contributeurs de la biodiversité cultivée, les paysans sont donc réduits au seul rôle de consommateurs de semences industrielles, celles qui rapportent des sommes colossales à l’industrie de l’agro-alimentaire. Plus question, sous peine d’être hors la loi, de cultiver, voire commercialiser sur les marchés des espèces anciennes, lesquelles sont parfois plus résistantes du fait de leur adaptation au terrain et au climat.

L’Union européenne a engagé une révision de l’ensemble des directives et règlementations concernant la commercialisation des semences, au seul profit des industriels, afin que ceux-ci, selon un processus marketing bien rôdé, puissent commercialiser les variétés économiquement intéressantes, pour eux, mais aussi pour ceux qui distribuent engrais et autres pesticides. On se serre les coudes et l’on profite du gâteau, sur le dos des pauvres paysans, obliger de produire toujours plus et de s’endetter, jusqu’à l’étranglement.

Les semenciers brandissent même la menace de la propriété industrielle, de façon a interdire les paysans de tirer des profits de leur exploitation, ces derniers n’ayant plus le droit d’échanger des semences, de ressemer une partie de leur récolte, où alors de payer des royalties pour pouvoir le faire. Un comble que ne digèrent pas les paysans.

« Le remplacement des semences paysannes par quelques variétés paysannes par quelques variétés standard pour satisfaire les besoins de l’industrie conduit à réduire la biodiversité cultivée. Même les simples jardiniers sont concernés », déclarent les paysans présents à Angers. « A l’échelle planétaire 75% des variétés cultivées ont disparu entre 1900 et 2000 ».

« Nous sommes ici dans la région du végétal et au siècle dernier, la Saint Martin en novembre voyait se rassembler les artisans semenciers, dans un café de la place du Ralliement, pour fixer les prix des graines », déclare Jean Pierre LEBRUN, ancien maraicher et représentant de la Confédération Paysanne de Maine et Loire. « C’est une date symbolique, c’est comme ça que l’idée à germer (jeu de mot approprié), pour monter ce petit marché agricole, pour montrer des variétés de légumes appelées à disparaître ».

Les paysans présents qui savent désormais que les magnats de l’industrie agro-alimentaire sont en train de se faire du blé sur leur dos, avec l’appui des gouvernements en place, demandent que la société civile se mobilise pour les libérer les semences paysannes. « Nous ne remettons pas en cause les avancées de la recherche en matière de sélections végétales, mais nous voulons y trouver notre compte », martèlent les paysans, appelant à la mobilisation citoyenne afin de répondre aux défis de l’agriculture du XXIe siècle.

Pour en savoir plus et les soutenir dans leur démarche : www.semonslabiodiversite.com




Yannick Sourisseau
Responsable de publication et rédacteur en chef, assure le suivi technique du journal et son... En savoir plus sur cet auteur

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