Semences paysannes, bouillon de cultures ce week-end à Mûrs-Erigné


Rédigé par - Angers, le 12/12/2014 - 07:00 / modifié le 14/12/2014 - 11:02


Accueilli par la Groupement des agriculteurs bios de Maine-et-Loire et la coordination agrobiologique des Pays-de-la-Loire, le Réseau Semences Paysannes se réunit ce vendredi et pendant trois jours à Mûrs-Erigné pour son assemblée générale nationale. Né du combat contre les OGM, il est devenu un des acteurs clefs en France de la défense et la protection des pratiques de culture et d'échange de semences. Frédéric Latour, l'un de ses animateurs, nous en dit plus.



Crédit photo : Grainavenir
Crédit photo : Grainavenir
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Pouvez-nous nous présenter ce qu'est précisément le Réseau Semences Paysannes ?
"C'est un réseau qui regroupe une diversité de collectifs et de personnes qui font vivre les semences paysannes dans les champs, les vergers, les vignobles et les jardins. Nous appelons ça la biodiversité cultivée et c'est un combat car 75% d'entre elle a disparu en 50 ans des champs en France. Ce combat est né à la fin des années 90 lorsque les premiers OGM sont arrivés en Europe, entrainant des problèmes de contamination dans les milieux de l'agriculture paysanne biologique et biodynamique. Ce sont ces milieux qui ont pris conscience qu'il fallait rendre visible les mode de reproduction de semences à la ferme et qu'il ne fallait pas se contenter de semences certifiées, pas adaptées à leurs pratiques."

Mais c'est quoi au juste une semence paysanne ?
"C'est une semence qui peut-être traditionnelle, de pays, mais qui évolue dans le champ de paysans qui les conservent, les multiplient et les sélectionnent naturellement eux-mêmes, sans procédé hors de leur portée, c'est à dire sans intrusion dans le cellule végétale comme pour les OGM par exemple."

L'interdiction des OGM en France semble "sécurisée juridiquement" pour reprendre des propos du Ministre de l'agriculture. Ce combat est terminé pour vous ?
"Pas du tout. Parce que des OGM sont produits ailleurs en Europe, notamment en Espagne pour ce qui est du fameux MON810 (Monsanto 810, un maïs de la firme Monsanto résistant à certains ravageurs), ce qui entraine des problèmes de contamination y compris de l'eau qui arrive en France. Mais derrière les OGM, il y a le problème plus général du brevetage des gènes moléculaires que s'approprient des multinationales semencières, enfreignant leur libre utilisation par les paysans."

C'est ce problème de brevetage ou les risques sanitaires qui vous préoccupent le plus ?
"Les deux. Et les deux sont intimement liés, car la brevetabilité implique bien souvent la non consultation de la population sur les risques."

Vous vous opposez à tous les OGM ?
"La co-existence entre un champ OGM et un champ non-OGM n'est pas possible, nombre d'études l'ont montré un peu partout dans le monde. La co-existence, c'est entrainer le développement d'OGM brevetés dans des champs paysans qui ne les ont pas désirés, et le risque de poursuite pour contrefaçon, ce qui arrive aux Etats-Unis ou en Australie. Il n'est pas possible de développer une agriculture biologique avec des OGM."

Une bourse aux graines samedi soir

Frédéric Latour, animateur du réseau Semences Paysannes
Frédéric Latour, animateur du réseau Semences Paysannes
Et les semences paysannes, comment se portent-elles aujourd'hui en France ?
"Nous sommes à peu près 70 membres - groupes ou personnes physiques - représentant la plupart des plantes dans toute la France. On arrive aujourd'hui à des résultats en terme de conservation très intéressants mais avec toujours un handicap puisque ces semences sont paradoxalement interdites à la commercialisation. Nous les diffusons entre nos collectifs mais elles ne peuvent pas être diffusées au delà. Bref, on progresse mais tout reste à faire."

Quels thèmes allez-vous aborder ce week-end à Mûrs-Erigné ?
"Nous allons traiter de la question des échanges précisément, parce que nous assistons à un vrai phénomène de renouveau autour de cette question via Internet. Internet offre un vrai médium de diffusion et de liberté mais la traçabilité des semences qui y sont échangées nous interroge. Nous sommes attachés à l'idée d'un droit d'usage collectif, c'est à dire que les jardiniers, paysans et autres usagers de ces semences puissent décider collectivement de règles d'usage pour en garantir la traçabilité. L'autre problème que posent ces échanges parfois anonymes, c'est la question des savoir-faire associés qui se perdent parfois, en terme de culture, de conservation, de multiplication... Il ne faut pas perdre ce qu'on cultive toujours dans les champs. Et puis nous allons parler de l'actualité des brevets."

Vous organisez samedi soir une bourse aux graines, ouverte au public, de quoi s'agit-il ?
"C'est un partage ouvert où les membres du réseau semences paysannes vont pouvoir proposer leurs produits issus de semences paysannes : de la farine, des pâtes issus de blés paysans, des légumes évidemment et aussi ce sera une occasion d'échanger des graines. L'échange est un creuset nécessaire pour entretenir la biodiversité et sensibiliser le grand public."

Bourse aux graines, samedi 13 décembre de 20h30 à 23h30 au Centre Bouessé à Mûrs-Erigné.
Plus d'infos su
r www.semencespaysannes.org





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1.Posté par Anjou le 12/12/2014 13:46 | Alerter
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Bravo! Luttons contre ces voyous que sont Monsanto et les divers gouvernements qui approuvent. Ne parlons même pas d'un certain syndicat "agricole" qui au nom de l'agriculture productiviste encourage ces pratiques.
Bravo pour cette résistance!

2.Posté par Gilook le 14/12/2014 23:31 | Alerter
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Le brevetage des variétes de semences n'existe pas en France ni dans le reste de l'(Union Européenne. Les agriculteurs qui utilisent des semences achetées à un semencier peuvent donc les reproduire et les utiliser pour leurs propres besoins, moyennant le paiement d'une cotisation qui s'élève pour le blé par exemple à 7 euros par hectare et par an.








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