Septembre 2015 - François Burdeyron : "Les réfugiés n'ont pas besoin simplement d'un logement"

L'année 2015 d'Angers Mag Info #9


Rédigé par Sébastien ROCHARD - Angers, le 02/01/2016 - 08:00 / modifié le 25/12/2015 - 17:01


Cette fois-ci, notre rétrospective s'arrête au mois de septembre. Une rentrée agitée par la question migratoire. Une thématique autour de laquelle le préfet du Maine-et-Loire d'alors, François Burdeyron, avait reçu les maires, élus, professionnels et associations du secteur social souhaitant obtenir des précisions quant à l’accueil des quelque 400 réfugiés venus d’Irak ou de Syrie, attendus dans le Maine-et-Loire ces deux prochaines années. L’occasion pour celui qui a depuis été remplacé par Béatrice Abollivier, de remettre les points sur les « i » sur la question des migrants.



Le préfet François Burdeyron, entouré du directeur départemental de la Cohésion sociale (DDCS), Philippe Bradfer, et du secrétaire général de la Préfecture, Pascal Gauci.
Le préfet François Burdeyron, entouré du directeur départemental de la Cohésion sociale (DDCS), Philippe Bradfer, et du secrétaire général de la Préfecture, Pascal Gauci.
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L’image est une peu grossière, mais la réunion d’information organisée vendredi après-midi en préfecture par François Burdeyron a parfois tenu lieu de cours de langue, ou de droit. Ou les deux.

Au programme des élus, responsables associatifs et professionnels de l’action sociale venus là de leur propre chef, un point de situation sur l’actualité majeure du moment : l’accueil des réfugiés venus principalement d’Irak et de Syrie. Si ce temps d’échange avec le préfet n’a pas permis de définir ni combien, ni quand les migrants arriveront sur le territoire départemental, il a au moins eu le mérite « de réunir sur ce thème une grande partie ceux qui œuvreront à leur accueil », commente un responsable associatif croisé au sortir de la réunion.

Une réunion où le préfet s’est fait professeur, pour rappeler ou «  expliquer les différents statuts des personnes migrantes ». Le statut de réfugiés, notamment, est régi par les conventions internationales. « Il offre une protection et donc un permis de séjour à une personne persécutée dans son pays pour des raisons politiques, militaires, religieuses ou sexuelles ». En clair, des pays sous le joug d’une dictature ou en guerre. Une précision sémantique d’autant plus nécessaire qu’elle marque une grande différence, en tout cas au regard des droits, entre le statut de réfugié et celui de demandeur d’asile.

A l’échelle du Maine-et-Loire, « 80 % des demandeurs d’asile n’obtiennent pas le statut de réfugiés, et se doivent donc de regagner leur pays ».
« Le statut de réfugiés offre une protection et donc un permis de séjour à une personne persécutée dans son pays pour des raisons politiques, militaires, religieuses ou sexuelles »

Une situation qui ne concernera donc pas les quelque 30 000 réfugiés que la France s’est engagée à accueillir dans les deux ans. Eu égard à la démographie du département, 400 d’entre eux devraient arriver en Maine-et-Loire. « Lorsqu’ils pénètreront sur le territoire français, la plupart aura passé par des centres d’instruction des demandes situés en majorité sur les pays du front : Grèce, Italie, Autriche… », précise François Burdeyron.
 
Du point de vue préfectoral, cette explication de texte a d’autres incidences auxquelles ont été sensibilisés les acteurs de l’action sociale et élus réunis vendredi. Une fois son titre de séjour acquis, le réfugié entre dans le champ du droit commun : il peut prétendre au RSA, a le droit de travailler, de bénéficier de la Couverture maladie universelle (CMU) ou de toucher les allocations logement. En somme, il est un citoyen comme un autre. « Ça veut aussi dire que les réfugiés que nous allons accueillir n’ont pas besoin simplement d’un logement, mais aussi d’un accompagnement social », qui passe notamment par un apprentissage de la langue et plus avant, à une intégration. « Je veux que les acteurs –collectivités, associations ou personnes privées- qui s’engagent : 1. S’engagent pour longtemps ; 2. Apportent un concours gracieux ; 3. Relèvent d’un endroit où il peut y avoir les moyens d’un accompagnement social. », insiste François Burdeyron.
« Ça veut aussi dire que les réfugiés que nous allons accueillir n’ont pas besoin simplement d’un logement, mais aussi d’un accompagnement social »

Depuis vendredi, les bonnes intentions, propositions et solutions sont coordonnées à l’échelon départemental par le secrétaire général de la Préfecture. Les dernières semaines ont ainsi permis d’identifier autour de 260 places d’hébergement, à travers le Maine-et-Loire. Précision importante, qui découle de la définition du statut de réfugiés : il ne s’agit en aucun cas de places dans les centre d’accueil de demandeurs d’asile (CADA).

Par ailleurs, le préfet l’a rappelé à l’issue de la réunion, l’Etat prendra toute sa part –« comme il l’a toujours fait »- dans la prise en charge des réfugiés : « 1000 € par personne, ce qui vise à couvrir une partie des frais de leur première prise en charge. »

Demeure aussi le cas des « réfugiés syro-irakiens » qui arriveraient directement, sans passer par les centres d’instructions : le phénomène reste « très marginal en Maine-et-Loire », avance le préfet, « mais je pense sans en avoir la certitude que leurs dossiers seront traités prioritairement par l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui traite l’ensemble des demandes d’asile sur le territoire français NDLR). »
 
Reste qu'il ressort de cette réunion d'information comme une évidence : le discours politique qui accompagne l'accueil des réfugiés en provenance d'Irak et de Syrie est aussi important que l'accueil en lui-même.

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