Soirées de partage au Château de Moulinsart


Rédigé par Ralitsa DIMITROVA - Angers, le 08/08/2016 - 07:00 / modifié le 08/08/2016 - 18:19


Chaque mercredi durant l'été, les membres du Collectif de Soutien aux Sans-Papiers et du Cercle 49 viennent partager un repas avec les migrants du squat du Château de Moulinsart qui occupent les lieux depuis maintenant six mois. Malgré la période estivale, les bénévoles sont toujours mobilisés et participent à l'entretien du lieu. Ces soirées sont aussi l'occasion de se réunir afin d'échanger autour des problématiques d'accueil des migrants.



Les bénévoles sont une quinzaine chaque semaine à venir partager un repas avec les migrants.
Les bénévoles sont une quinzaine chaque semaine à venir partager un repas avec les migrants.
la rédaction vous conseille
Penché au-dessus du potager situé au cœur du Château de Moulinsart, Alfa le jeune Guinéen venu en France il y a quatre mois, ramasse les pommes de terres en compagnie des bénévoles de l’association Cercle 49. Le mercredi soir est un moment de partage sur ce lieu occupé par des migrants depuis février. Après la décision du tribunal d’instance qui a défendu le droit à la propriété, les occupants du lieu devront partir d’ici quelques mois. « Le moral des troupes était un peu à la baisse ces temps-ci, alors depuis début juillet on organise ces soirées du mercredi pour assurer une présence auprès des réfugiés », explique Marc André membre de l’association du Cercle 49.

L’espace occupé est partagé entre une propriété abandonnée et le bâtiment d’une ancienne entreprise d’horticulture. Ce sont exclusivement des jeunes qui logent dans ces locaux et la plupart d’entre eux sont mineurs, comme c’est le cas pour Alfa : « Je vais aller devant le juge cette semaine, je suis stressé à l’idée de me retrouver dans un tribunal. » « Beaucoup de jeunes sont déclarés majeurs par le Conseil départemental alors qu’ils ne le sont pas. Conclusion : ils doivent se débrouiller par eux même et trouver refuge dans des lieux comme ceux-là » , avance Sylvette de l’association Soutien aux sans-papiers.

"J’aime beaucoup apprendre des choses, et c’est bien d’avoir un échange comme ceux-là avec les bénévoles qui viennent nous voir"

Dans les locaux de l’ancienne usine, les lieux ont été aménagés de façon à ce que les jeunes puissent dormir et manger. « Pour nous occuper la journée, on joue aux cartes ou on écoute la radio », témoigne Alfa. Sur la table au centre du local, les pommes de terres ont été lavées et les bénévoles s’affairent à les découper. « Pour le plat de ce soir ce sera moules frites », annonce Marc André. « S’en suivra la projection de deux films comme chaque mercredi ». Progressivement, le lieu se remplit de bénévoles et chacun apporte un petit quelque chose pour alimenter le repas. 

Guillaume, l’un des bénévoles, est venu avec une belle collection d’appareils photos, et une idée précise en tête : « J’aimerais beaucoup proposer aux migrants de faire des photos sur des sujets qui les intéressent. Quand ils viennent ici, ils ne parlent pas beaucoup de leur pays d’origine et de leur périple jusqu’en France. Je pense que la photographie peut être un vrai moyen d’expression. » L’un des jeunes Maliens a pris goût à la pratique et il s’entraîne à prendre en photo les autres résidents « J’aime beaucoup apprendre des choses, et c’est bien d’avoir un échange comme ceux-là avec les bénévoles qui viennent nous voir », témoigne Sako, 17 ans. 

A l’intérieur de l’ancienne usine, de la musique aux rythmes africains résonne pendant que le repas prend forme. En attendant la cuisson des moules, une partie de football s’improvise entre les jeunes migrants. Les voisins somaliens qui occupent l’ancienne propriété ne se joignent pas systématiquement aux autres. « Il faut se dire que ce ne sont pas de gens qui ont choisi d’être ensemble et cela reste difficile pour certains d’échanger quand ils n’ont pas la même langue, certains parlent le français mais ne viennent pas toujours vers les autres »argumente Marc André. « Au moins ici ils ne sont pas à la rue, et il n’y a pas de soucis de violences », poursuit Sylvette, « Le fait d’entretenir et de valoriser ce lieu rend légitime l’occupation, c’est un endroit totalement abandonné le reste du temps. »

L’espace d’une soirée le lieu s’anime de rire et de discussions en tout genre, un moment de solidarité en ce mois d’août où beaucoup d’associations ont cessé leur activité. 












Angers Mag















Angers Mag : Séance critique : "Ma'Rosa" de Brillante Mendoza: Dans Séance critique, deux fois par... https://t.co/UXYZ0kjrdt https://t.co/JrsEK1vwBv
Samedi 10 Décembre - 11:00
Angers Mag : « Ces pédagogies ne sont pas ignorées »: Et l’Education Nationale ? Quel regard... https://t.co/JnPQWXILNL https://t.co/5glkXOM6T3
Samedi 10 Décembre - 07:45
Angers Mag : #JPEL "Contre le complotisme, on ne peut pas enrayer tout (...) Mais on peut entraîner les cerveaux." 👏👏JB Schmidt… https://t.co/6pn23fJUHD
Vendredi 9 Décembre - 15:01
Angers Mag : L'indépendance, un état d'esprit ? #Angers Mag bien chez soi à la journée de la presse en ligne à Paris. #JPEL https://t.co/EpAgR2dt6N
Vendredi 9 Décembre - 12:17


cookieassistant.com