Sous le soleil de Mariano, on oublie tout


Rédigé par - Angers, le Samedi 15 Décembre 2012 à 15:25


Un déferlement de chansons, toutes plus éternelles les unes que les autres, a mené tout l’auditoire du centre culturel Jean-Carmet dans les pas de Luis Mariano. Par chanteur interposé, en l’occurrence le ténor Pierrogeri, l’œuvre du prince de l’opérette a réveillé l’album aux souvenirs de toute une génération.



Sur une mise en scène de Sandrine Clément, le spectacle doit beaucoup à ses gracieuses danseuses.
Sur une mise en scène de Sandrine Clément, le spectacle doit beaucoup à ses gracieuses danseuses.
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Sur les deux représentations du show « Il était une fois Luis Mariano » initialement prévues vendredi, une seule avait été maintenue, celle du soir n’ayant pas occasionné assez de réservations. À l’évidence, et si on leur donne le choix, les seniors – qui composaient l’essentiel de la salle – préfèrent le jour à la nuit, surtout l’hiver venu. En revanche, la séance de l’après-midi fut un immense succès auprès d’un public acquis à un genre que les plus jeunes ignorent superbement.

Qu’importe le goût des autres, nombre d’anciens s’étaient donné rendez-vous pour communier entre connaisseurs autour d’un répertoire inscrit dans la postérité de leur mémoire. Et puis après tout, vive la nostalgie quand elle se manifeste dans la joie et dans la bonne humeur. Car ils se sont bien divertis pendant plus de deux heures lors d’un spectacle tout en lumière, en chansons, en costumes, en chorégraphies dans une féerie à vous transporter dans un monde délicieusement suranné. Et que dire de ces airs aux refrains enlevés qu’ils ont fredonnés sans retenue.

Pas dupe, voire satisfait de la tournure des événements, le chanteur s’en est ouvert dans un constat de délectation auprès d’une spectatrice : « Madame, les chansons, vous les chantez en même temps que moi : je n’ai pas intérêt à me tromper dans les paroles ».


Durant deux heures, le ténor Pierrogeri a retracé la carrière musicale de Luis Mariano.
Durant deux heures, le ténor Pierrogeri a retracé la carrière musicale de Luis Mariano.
De « Mexico » à « Acapulco » en passant par « La belle de Cadix », « Les chevaliers du ciel », « Maman », « Bouquet de violettes » ou « Rossignol », les succès de Luis Mariano, gloire absolue de l’opérette dans les années cinquante et soixante, furent interprétés avec justesse par le ténor Pierrogeri. Imposant par sa présence auguste au milieu de ses gracieuses et virevoltantes danseuses, tantôt altier, tantôt crooner, parfois délicat, quelquefois matamore, cet homme répertorié comme l’un des douze meilleurs ténors légers au monde, s’est surtout imposé par le velours de sa voix.

Comme chaque chanson amenait invariablement son ballet inédit, ses différents costumes et ses ambiances renouvelées, autant dire que le spectacle fut à la hauteur des attentes. Rodés à l’épreuve de plusieurs centaines de représentations dans les salles de France et de l’étranger, les tableaux se sont succédé à un rythme enlevé, ne proposant aucun temps mort entre les interprétations. Manifestement habitués à leur rôle, artistes et techniciens n’ont pas laissé à leurs spectateurs l’espace d’un répit pour céder à la léthargie.

Deux heures plus tard, une fois le rideau tombé, la satisfaction se lisait sur les visages, confirmant le cri du cœur d’une spectatrice qui avait anticipé en déclarant à mi-spectacle au micro du ténor : « C’est génial ! »



Michel Barini
Contributeur Angers Mag - pour le secteur des Ponts de Cé et Murs Erigné. Collabore à la rédaction... En savoir plus sur cet auteur








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