Sous une pluie de décibels


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le 22/06/2009 - 08:17 / modifié le 04/07/2009 - 09:39


Organisée pour cette fois, un dimanche, de 14h à 22h, la fête de la musique qui marque le solstice d’été, a connu cette année, une augmentation notable du niveau sonore. Les musiciens, installés de manière impromptue, sans moyens d’amplification, se font rares au fil des ans, les groupes électro-rock et technos, disposant de matériel lourd, envahissent désormais les rues.



Sous une pluie de décibels
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La fête de la musique, telle que l’avait voulu Jacques LANG, alors Ministre de la Culture a peut être vécu. Désormais, les musiciens qui descendent dans la rue, leur instrument sous le bras sont de plus en plus rares. Tans pis pour les oreilles, les musiciens d’aujourd’hui ont décidé de faire du bruit. Mais font-ils vraiment de la musique ?

« A force de vivre avec les écouteurs d’un baladeur musical vissés sur les oreilles – le mot n’est pas trop fort – les plus jeunes n’ont plus conscience du niveau sonore !» disait une dame avec ses enfants. A moins de trouver comment se faire implanter des nouvelles oreilles, nous nous préparons à plusieurs générations de sourds lorsqu’ils auront pris un peu d’âge. Les plus jeunes aiment le bruit et pour cette fête de la musique ça s’entendait.

Avec les travaux du centre ville, les groupes musicaux avaient déserté le boulevard, Foch, sauf quelques bars, pour s’installer principalement dans les rues jouxtant la place du Ralliement, jusqu'à la place la Rochefoucauld et l’esplanade du Quai. Le podium FNAC, lequel présente généralement les jeunes talents, était installé sur la place Leclerc, un lieu bien moins stratégique que la place du Ralliement des années précédentes. D’ailleurs il n’y avait pas foule autour de la scène. Le kiosque du Jardin du mail était occupé par un groupe de variétés françaises et anglo-saxonnes : « les scopitones ». C’était l’un des rares endroits où l’on pouvait entendre de la bonne musique, bien de chez nous, celle de notre Johnny national et des années « yéyé ». Les quinquagénaires, nostalgiques, avaient d’ailleurs pris position en cet endroit, pour exécuter les pas de danse de leurs vingt ans.

A deux pas, sur le bord du bassin, un petit groupe avec violon et accordéon s’était installé, pour jouer en acoustique, quelques airs de folk, alors qu’en face, sur le parvis de la mairie, c’est le « country club angevin » qui avait pris place, pour quelques démonstrations de danse en ligne. Le public s’est d’ailleurs prêté de bonne grâce à quelques essais, pas toujours dans le rythme, avec les danseurs les plus aguerris.

Rue Plantagenêt, c’est un groupe rock, de bon niveau qui avait pris place, à deux pas d’un couple de joueurs de djembé. La foule se faisait plus compacte et nettement plus jeune. Un tour par la rue des Poêliers, Saint Laud et rues adjacentes pour rencontrer des groupes qui vociféraient dans leur micro, produisant des sons à peine audible. On aime ou pas …

Il aura fallut atteindre la place Mondain Chalouineau, au bar « chez Lucien » pour entendre de la musique de bonne facture. A ce stade, les amateurs de musique avaient le choix, soit monter jusqu'à la cathédrale pour écouter, dans le calme et la sérénité de l’édifice, un concert d’orgue, ou aller vers le carrefour Rameau où les attendait le « Tékila Banda » de Villevêque -Soucelles, pour des airs plus festifs.

Une ultime montée vers la rue Saint Aubin, en empruntant la rue Voltaire où sévissait de nouveau un groupe hard rock particulièrement déjanté. Une surprise dans la soirée, des chanteurs s’inspirant avec humour de l’actualité, accompagnés de trompettes, accordéons et guitare acoustique, installés au carrefour des rues des Lys, Voltaire et Saint Aubin. A voir l’attroupement, on ne pouvait pas se tromper, l’ambiance était au rendez-vous et le public, au plus près des musiciens, visiblement conquis.

En tout, une quarantaine de groupes rock, jazz, reggae, classique, variété, danses, chorales, DJ’s, auxquels se sont ajoutés, dans la plus pure tradition de la fête de la musique, ceux qui s’étaient constitués pour la circonstance, ont joué en centre ville d’Angers.

Très tolérante, la police municipale qui veillait au grain, en voiture et à cheval, a laissé les musiciens de rue jouer un peu plus tard que prévu, puisqu’à 23h certains étaient encore derrière leurs platines et leurs instruments. La clientèle, confortablement installés dans des bars disposant de leur propre groupe musical ont pu faire la fête un peu plus tard dans la nuit.

Un point fort de l’édition 2009, les zones de tris installées en différents points de la ville et aux abords des grandes scènes, par la municipalité d’Angers, incitant les mélomanes à être aussi « éco-responsables ».


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Yannick Sourisseau
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