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Expositions
Splendeur de l’enluminure, le roi René et les livres.Par Florence Macquarez - le 26 Octobre 2009 à 12:10
Installée dans la galerie de l’Apocalypse, au sein même du château d’Angers, l’exposition « Splendeur de l’enluminure », consacrée aux livres de la bibliothèque du roi René, présente jusqu'au 3 janvier 48 manuscrits du XVe siècle.
Le Livre des Tournois. Après désignation du vainqueur par les dames, les juges d'armes mêttent fin à la mêlée
Parmi les trésors de la bibliothèque du duc d’Anjou, roi de Naples et de Sicile, une partie seulement des manuscrits a pu être réunie à l’occasion de cette exposition. Pour autant, c’est un véritable exploit, car beaucoup d’entre eux ont été dispersés en Europe après la mort de René d’Anjou. Certains ont ainsi fait le voyage retour depuis Berlin, Londres, Bruxelles ou même Saint-Pétersbourg. La Bibliothèque Nationale de France, bonne prêteuse, a fourni le reste. Parmi ces manuscrits figurent aussi des exemplaires ayant appartenu à ses proches : son frère Charles d’Anjou, sa deuxième femme Jeanne de Laval, ou son petit-fils René II de Lorraine.
Sobrement mises en lumière, les enluminures sont les stars discrètes, mais indiscutables de cette exposition. Selon la thématique de l’ouvrage, livre de dévotion, manuel de chevalerie, ou roman, elles décorent le livre, raconte une scène, symbolisent des lieux géographiques. Où l’on découvre le pouvoir grandissant de l’image à travers des exemples concrets, tel le « Mortifiement de Vaine Plaisance », ou le magnifique « Livre des tournois », écrit par René d’Anjou lui-même, et enluminé par Barthélémy d’Eyck (vers 1462-1465), frère présumé des grands peintres flamands Jan et Hubert Van Eyck.
Louis II d'Anjou, par Barthélémy d'Eyck, vers 1456-1465
Qu’elles soient peintes sur papier ou parchemin, ces enluminures illustrent de façon remarquable l’avancée artistique de cette fin de Moyen-âge : le paysage et la perspective font partie intégrante du décor, le portrait s’affine et se personnifie, tel celui de Louis II d’Anjou peint par Barthélémy d’Eyck (vers 1456-1465), ou ceux tirés du Bréviaire de René II de Lorraine, exécuté par le Maître Georges Trubert (1491-14495).
En complément des œuvres originales, des diaporamas légendés sont visibles au fil du parcours. Un plus iconographique bienvenu, qui permet au visiteur de découvrir d’autres pages que celles qui sont exposées. Mais aussi des détails étonnants, pour des peintures d’aussi petites tailles (voir les expressions des visages du Livre des Tournoi par exemple). Cerise sur le gâteau, les panneaux explicatifs de l’exposition sont simples et pédagogiques.
Seul déception pour certains, la présentation des livres : nombre d’entre eux sont exposés à plat, à hauteur de nombril. Il faut donc se pencher sérieusement et maintenir son cou en équilibre si l'on veut observer les œuvres. Au mieux, c’est inconfortable, au pire, les cervicales en prennent un sacré coup le lendemain.
Quoi qu’il en soit, cette exposition vaut véritablement le détour. Jusqu’au 3 janvier 2010 : « Splendeurs de l’enluminure. Le roi René et les livres », au château d’Angers. Exposition internationale des manuscrits enluminés originaux du roi René. Tous les jours sauf 1er et 11 novembre, et 25 décembre. De 10 heures à 17 h 30. Tarif : 6 €, et 5 € (gratuit pour les moins de 25 ans). Catalogue de l’exposition sous la direction de Marc-Edouard Gauthier, avec les conseils scientifiques de François Avril. Prix de vente : 32 euros. Florence Macquarez
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