Sylvie Fradin-Rabouin, nouvelle présidente des agriculteurs bios de Maine-et-Loire


Rédigé par - Angers, le 24/03/2015 - 07:36 / modifié le 17/05/2015 - 10:05


Installée avec son mari à Valanjou depuis plus de 15 ans en élevage et accueil à la ferme, Sylvie Fradin-Rabouin vient d'être élue à la tête du Groupement des agriculteurs biologistes et biodynamistes de Maine-et-Loire (GABB Anjou). Elle nous livre son état d'esprit et ses objectifs pour les années à venir pour sa famille de producteurs.



Sylvie Fradin-Rabouin, nouvelle présidente des agriculteurs bios de Maine-et-Loire
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Les acteurs de l'agriculture biologique viennent de se mobiliser contre la baisse des aides attribuées par l'Etat. Le Ministère de l'agriculture a essayé de corriger les choses en annonçant le versement d'une aide complémentaire contribuant à un certain flou. Qu'en est-il exactement ?

"300 producteurs bio, avec le soutien de beaucoup d'associations amies, se sont mobilisés mardi 17 mars à Nantes pour réclamer le paiement intégral de la prime au maintien bio qui avait été amputée de 25%. Donc, il n'est pas question d'aide complémentaire mais du respect d'un engagement. Le ministre s'est engagé simplement à régler pendant l'été à chaque ferme engagée en bio depuis plus de cinq ans, la partie des aides au maintien qui lui manquait."

Comment analysez vous cette attitude de l'Etat à votre égard ? Simple ajustement budgétaire ou hésitation politique de fond ?
 
"Il y a un décalage entre le discours et la méthode et c'est un signal très négatif pour les agriculteurs qui se posent la question de choisir une agriculture respectueuse de l'environnement et de la santé de tous. Depuis l'arrivée de Stéphane le Foll au Ministère de l'agriculture, l'agroécologie est mise en avant avec notamment le plan Ambition (mai 2013) qui vise le doublement des surfaces bio d'ici fin 2017. Il y a aussi le plan Ecophyto qui a pour objectif de réduire de 50 % l'usage des pesticides en agriculture sur notre beau territoire d'ici 2025. Pourtant, ce sont précisément les producteurs bio qui se retrouvent inquiétés et qui attendent ces aides synonymes de reconnaissance !"

Il a été plutôt question jusqu'alors d'un "verdissement" à venir de la Politique agricole commune (PAC) et des aides induites. Les agriculteurs biologiques y voient-ils clair aujourd'hui sur ce plan ?

"C'est le flou le plus complet. Toutes les mesures ne sont pas encore sorties et s'il y a des avancées sur l'aide à l'installation pour les jeunes agriculteurs en bio et l'aide au passage aux référentiels bio pour les autres, il y a toujours ces incertitudes sur le plafonnement de l'aide au maintien, sur son paiement intégral ..."
 
"Maintenant il va falloir travailler non seulement sur l'installation de jeunes et de moins jeunes, sur les projets atypiques mais aussi sur la transmission."

Vous êtes la nouvelle présidente du GABB Anjou, pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

"Comme de plus en plus de paysans biologiques, je ne me destinais pas forcément à une carrière dans l'agriculture : mes parents étaient horticulteurs et mes études me destinaient plutôt à un travail de laboratoire ou de recherche dans le monde végétal. Avec mon mari, nous avons eu un projet fou pour nourrir notre famille : reprendre ensemble une petite ferme et l'ouvrir au public. La ferme biologique s'est imposée à nous ! Nous avons mis en place la vente directe et nos chambres d'hôtes ainsi que la table d'hôtes à base de produits bio de notre réseau bien sur. J'ai rejoint assez rapidement le conseil d'administration du Gabb'Anjou qui regroupe des hommes et des femmes, paysans bio et biodynamiques de tout le département, avec des productions aussi diverses que variées..."

Comment abordez-vous cette fonction ? Vous êtes-vous donnée des objectifs ?

"Je ne suis pas seule, nous sommes nombreux à participer aux conseils d'administration et le bureau m'entoure. Nous avons une bonne équipe  de salariées et Philippe Jaunet , l'ancien président n'en a pas terminé avec ses représentations ! Nos objectifs de toujours sont de défendre les agriculteurs biologiques, de développer la bio, d'accompagner les producteurs en conversion, ceux qui s'installent... mais aussi de communiquer et sensibiliser le grand public sur les bienfaits de l'agriculture bio. Nous désirons également, pour être au plus près de nos paysans bio, accompagner les groupes locaux dans leur création et leur fonctionnement.
En ces temps de réforme territoriale, il nous faudra aussi travailler avec les élus; aborder des sujets tels que la qualité de l'eau, la restauration collective.... les aides conversion et maintien."

Comment se porte l'agriculture biologique en Maine-et-Loire ? Quel avenir lui voyez-vous ?

"L'agriculture biologique continue sa progression en 49 mais moins rapidement. Maintenant il va falloir travailler non seulement sur l'installation de jeunes et de moins jeunes, sur les projets atypiques mais aussi sur la transmission."

On sait les relations compliquée entre le GABB Anjou et la Chambre d'agriculture. Un réchauffement de vos relations est-il envisageable ? Le souhaitez-vous ?

"Je confirme c'est toujours aussi compliqué; nous désirons travailler avec eux mais le blocage est souvent de leur fait."




Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par Daniel Fleury le 26/03/2015 17:27 | Alerter
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Il faut lui souhaiter de rester droite dans ses bottes, car la tâche est rude en effet. Et les grandes négociations autour du Marché transatlantique en cours (TAFTA) n'arrangeront rien, y compris dans les rapports avec la Chambre d'Agriculture, souvent bien plus proche des "chasseurs de nuisibles" que de la réflexion sur le bio et les paysans. Bon courage !








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