Taxe carbone : l’enterrement …


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le 24/03/2010 - 18:41 / modifié le 24/03/2010 - 20:58


Alors que les Verts croyaient dur comme fer dans l’application de cette nouvelle taxe, censée modifier nos comportements en matière énergétique, voila que le Premier Ministre, François Fillon, décide de la renvoyer au niveau européen. Les plus gros pollueurs saluent l’initiative, les défenseurs de la planète sont abasourdis.



Taxe carbone : l’enterrement …
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Environ 74€ par personne, c’est ce qu’aurait pu coûter la fameuse taxe carbone. Une paille eu égard des dégâts irrémédiables causés par chacun de nous à la planète chaque jour. Mise en place à l’issue du Grenelle de l’environnement, cette taxe était censée modifier les comportements énergétiques de chacun, particuliers et entreprises, tout en engrangeant de nouvelles recettes fiscales. Elle devait compenser la perte liée à la réforme de la taxe professionnelle, d’où le mécontentement des entreprises.

L’objectif visé par cette taxe était de réduire les énergies fortement émettrices de gaz à effet de serre, c’est à dire les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon, GPL), responsables du réchauffement climatique. Donner un prix au carbone émis, devait inciter les ménages et les entreprises à modifier leur comportement, les plus gros pollueurs se trouvant de fait, lourdement taxés. Les Verts qui appelaient de tous leurs vœux la mise en place d’un système incitatif, applaudissaient des deux mains.

Calculée sur la base de 17€ la tonne de CO2 émise (prix moyen observé ) la taxe se traduisait par une augmentation de 4,5 centimes du litre de gasoil, 4 centimes du litre d’essence ou encore 0,4 centimes du KWh de gaz. A noter que le rapport Rocard prévoyait une taxe de 32€ la tonne…

Un plein de 60 litres d’essence aurait donc couté 2,4€ de plus, soit la moitié d’un paquet de cigarette, pas de quoi fouetter un chat, quand on sait que l’argent ainsi récupéré aurait pu permettre de financer la recherche dans le domaine des énergies renouvelables, voire faire baisser le coût des installations actuelles.

Bien sûr tout le monde n’était pas d’accord, loin s’en faut et en premier lieu les ménages ruraux, quasi obligés de prendre une voiture pour se déplacer et de se chauffer au fuel domestique. Les entreprises n’étaient pas favorables à cette taxe, certaines du fait de leur activité risquaient de se trouver lourdement taxées.

La mesure étant seulement incitative, les sommes récupérées devaient être intégralement reversées aux ménages, sous forme de réductions d’impôts sur le revenu. Quant aux entreprises du fait de la suppression de la taxe professionnelle, la restitution n’était pas envisagée. Seules les secteurs dépendants du carburant (pêche, transports, agriculture) auraient pu faire l’objet de procédures d’accompagnement financier.

Mesure de gauche, proposée par l’ancien premier ministre Michel Rocard, cette taxe était, selon les écologistes, un des moyens permettant de peser sur les entreprises polluantes, même si, au bout du compte ce sont les consommateurs qui en auraient fait les frais. Après crédit d'impôt, cette taxe aurait pesé de 74 € sur les ménages, selon certains spécialistes.

Les résultats des dernières élections en ont décidé autrement, puisque le coup de barre a droite souhaité par le clan UMP, a conduit le premier ministre, François Fillon, à remettre la taxe aux calendes grecques, en l’envoyant au niveau européen. Autant dire de suite, avant qu’une uniformité soit trouvée sur ce sujet entre les pays de l’Union, la Taxe carbone est promue à un enterrement de première classe.

Du coup la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno se dit désespérée et le Chef de file d’Europe Écologie, Daniel Cohn-Bendit, il encourage à la démission les ministres Borloo et Jouanno. Ce dernier qui ne mâche pas ses mots a traité le gouvernement « d’amateur ». Quant au PS qui qualifiait cette taxe d’injuste pour les ménages, il ne peut tout de même saluer l’initiative. Alors il trouve « dommage que le gouvernement se coupe de la fiscalité en faveur de l’environnement ».

Enfin, le Medef qui préfère sacrifier la Terre sur l’autel de l’économie, il se dit soulagé arguant que « l’industrie n’aurait pas supporté ce nouveau handicap de compétitivité ». « Sauvons l’économie, pas la planète » sera peut-être le prochain slogan du Medef….




Yannick Sourisseau
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