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Lundi 24 Novembre 2014



Technicolor, 500 manifestants et (au moins) un point de blocage


Rédigé par Yves BOITEAU - Le 17/10/2012 - 23:01 / modifié le 18/10/2012 - 16:25


Malgré la pluie, environ 500 manifestants ont soutenu ce mercredi les salariés de Technicolor dans les rues d'Angers, puis dans l'usine occupée. Des syndicats au gouvernement, une pression maximale s'exerce sur le groupe électronique pour qu'il abonde financièrement le plan social. La résolution du conflit dépend, en grande partie, de sa réaction.



Le PDG de Technicolor, Frédéric Rose, est aujourd'hui la cible de toutes les critiques. De son attitude dans les négociations, dépend en grande partie l'évolution du conflit social
Le PDG de Technicolor, Frédéric Rose, est aujourd'hui la cible de toutes les critiques. De son attitude dans les négociations, dépend en grande partie l'évolution du conflit social
Esprits trempés, esprits pacifiés ? Qu'on ne s'y trompe pas. Derrière l'ambiance bon enfant et solidaire qui a accompagné, sur tout son déroulé, la marche des salariés de Technicolor ce mercredi, se trouve bel et bien, en germe, un conflit social à risques. Risques pour les futurs licenciés qui recevront leur lettre le 26 octobre prochain. Risques pour les responsables politiques de la région ensuite, pas vraiment sereins à l'idée d'un conflit qui s'éterniserait. Et risques aussi, même si d'autres plans sociaux autrement plus lourds accaparent son attention, pour le gouvernement lui-même.

En voilà bien des craintes ! Après la démonstration réussie de l'intersyndicale CGT-CFDT-CGE/CGC de Thomson-Angers - 500 manifestants sous une pluie battante, il fallait le faire ! -, ce n'est pas l'unité de cette mobilisation qui est en cause, mais bien son contraste avec le brouillard qui continue d'entourer les conditions de sortie du conflit. Car depuis les déclarations vendredi dernier de Frédéric Rose, le PDG de Technicolor, assurant sa volonté de participer financièrement au plan de sauvegarde de l'emploi, aucun signe positif n'est venu étayer la perspective d'un accord. Bien au contraire, serait-on tenté d'écrire.

"Un dossier compliqué" selon Fleur Pellerin

Philippe Poutou, l'ex-candidat du NPA à l'élection présidentielle : "il faut réquisitionner les entreprises qui licencient"
Philippe Poutou, l'ex-candidat du NPA à l'élection présidentielle : "il faut réquisitionner les entreprises qui licencient"
Commençons par le tout dernier acte : les propos tenus, hier, sur le dossier par la ministre déléguée à l'innovation, Fleur Pellerin. Devant la Commission des affaires économiques de l'Assemblée Nationale, elle a dénoncé l' "attitude inadmissible" de Technicolor, allant jusqu'à mettre clairement en cause la responsabilité du groupe électronique dans l'abandon au printemps dernier du contrat de fourniture de la nouvelle box (décodeur) d'Orange. "C'est bien Technicolor et non pas Orange qui rompu le contrat" a soutenu la ministre. Une version aussitôt démentie par un porte-parole de Technicolor. Ambiance.

Plus inquiétant, Fleur Pellerin a précisé que la direction du groupe se montrait "assez peu coopérative avec le cabinet de M.Sapin", le ministre des affaires sociales et que le dossier était "compliqué car l'opération de filialisation rend les relations entre Technicolor et (sa filiale) Thomson Angers assez peu claires du point de vue de la jurisprudence". On en revient aux fondements de l'assignation délivrée mardi contre Technicolor, par l'avocat de l'intersyndicale de l'usine d'Angers. Surtout, on pressent derrière les déclarations de la ministre, l'échauffement en coulisses des cabinets d'avocats des uns et des autres.

Est-il possible de négocier sereinement des primes supra-légales de départ dans ces conditions ? Et les appels mercredi à la "réquisition des entreprises" ou à "l'interdiction des licenciements", soutenues notamment par Philippe Poutou, le leader du NPA et les représentants de l'extrême-gauche sont-elles de nature à faciliter le dialogue ? A défaut de réponse, difficile de ne pas constater qu'un blocage éloigne, dans l'immédiat, toute sortie de conflit.

Vers une bataille juridique ?

Visages crispés et soucieux. L'inquiétude des responsables politiques et syndicaux était manifeste à l'heure des discours
Visages crispés et soucieux. L'inquiétude des responsables politiques et syndicaux était manifeste à l'heure des discours
Au coeur de ce blocage, le prix du rachat du site industriel du boulevard Birgé, apparait bien comme une monnaie d'échange pour le groupe Technicolor.

L'Agglomération d'Angers, rappelons-le, s'est portée candidate auprès du liquidateur. Mais quel prix est-t-elle prête à mettre ? Manifestement pas celui qu'en attend Technicolor, lequel ne se gêne pas pour y greffer l'une des conditions de sa participation financière à la sortie de crise. "Il est hors de question que nous payons le plan social à la place de Technicolor" a insisté fermement mercredi Jean-Claude Antonini, le président de l'agglomération.

Voilà pourquoi les négociations ressemblent bien, dans l'immédiat, à une partie de poker. C'est surtout un jeu dangereux au milieu duquel se joue l'avenir, au moins à court terme, de 350 personnes, loin d'être dupes de la situation. Pour elles, sans doute serait-il préférable de le conclure avant de déplacer les joueurs sur le terrain judiciaire.










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