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Mardi 23 Septembre 2014


Technicolor, jour de manifestation


Rédigé par Yves BOITEAU - Le 16/10/2012 - 21:29 / modifié le 17/10/2012 - 07:04


Six jours après la liquidation de leur entreprise, les salariés de Technicolor manifestent ce mercredi matin dans les rues d'Angers. Objectif : mettre de nouveau la pression sur leur employeur et gagner le soutien public dans leur combat pour obtenir un plan social "digne de ce nom". En coulisses, les négociations ont déjà commencé. Elles s'annoncent serrées.



Des salariés de Technicolor patientent autour du feu entretenu boulevard Birgé, pendant le comité d'entreprise
Des salariés de Technicolor patientent autour du feu entretenu boulevard Birgé, pendant le comité d'entreprise
Amateurs de symboles, suivez le tracé ! Ce mercredi matin, la manifestation des salariés de Technicolor s'élancera après 10 h de la Bourse du Travail, place Imbach, pour s'achever boulevard Gaston Birgé, devant l'usine qu'ils occupent depuis vendredi dernier.

Symbole ? C'est une évidence pour le lieu de départ, place publique emblématique de tous les grands combats sociaux menés à Angers depuis des décennies. Ici, à l'entrée du plateau piétonnier du centre-ville, les représentants de Technicolor et des organisations syndicales angevines, devraient faire entendre leurs voix et solliciter le soutien des passants. Symbole encore évidemment, le point d'arrivée du défilé où brûlaient encore ce mardi, au beau milieu de la chaussée, un feu de palette, symbolique lui aussi du combat entamé par les ex-Thomson, pour négocier leurs conditions de départs.

Car leur société désormais liquidée et bien plus que sur les éventuels projets de reconversion industrielle du site, c'est pour le moment sur ce point précis que se concentrent tous leurs efforts et toute leur attention. A quelle hauteur s'élèvera l'accompagnement financier de Technicolor ? Sur quels critères et sous quelles éventuelles conditions, sera-t- il accordé aux 350 salariés de l'usine angevine ? Dans quel délais ? Telles sont les questions qui se posent aujourd'hui à chacun d'entre eux. "Il faut que les indemnités soient à la hauteur du préjudice. Technicolor doit tenir compte de l'âge moyen des collègues et des difficultés pour retrouver un emploi" appuie un opérateur, dix-sept années d'ancienneté au compteur.

Des engagements en attendant des actes

Que sait-on exactement de l'état des discussions ? Que d'un côté, l'intersyndicale CGT-CFDT-CFE/CGC de Thomson Angers a fixé la barre à 30 millions d'euros - soit près de 85000 euros par salarié - et soumis cette proposition au groupe Technicolor y compris par la voie judiciaire. Que de l'autre, Frédéric Rose, le PDG du groupe électronique, a fait savoir, en fin de semaine dernière, qu'il "apporterait une contribution financière au plan de sauvegarde de l'emploi", afin de "financer des mesures d'accompagnement pour favoriser le reclassement interne des salariés dans le groupe ou, à défaut, leur reclassement externe".

"Une fois qu'on a dit ça, la question c'est combien met-il ? Mais précisément, rien n'a été acté. Ce ne sont que des engagements oraux" commente Odile Coquereau, la porte-parole de l'intersyndicale. D'où l'assignation en référé déposée devant le tribunal de grande instance de Nanterre, par l'avocat de celle-ci, et confirmée ce mardi à Angers lors du premier des deux comités d'entreprise, destinés à finaliser le plan social.

Cette assignation, nous a précisé la CGT, devrait être étudiée le 26 octobre, au lendemain de l'envoi des lettres de licenciement aux salariés. Ses fondements ? La responsabilité de co-employeur de Technicolor, à l'égard des salarié d'une usine filialisée juridiquement, mais dont il était le seul client et le seul donneur d'ordre. En clair donc aussi, sa responsabilité à l'égard du plan social. "On ne demande rien de plus que ce qu'on obtenu les salariés d'autres filiales fermées ces dernières années" indique Odile Coquereau.

Dans la balance, le prix de rachat du terrain

Reste pour les syndicats à s'assurer qu'il s'agit bien du meilleur moyen de négocier. Est-ce le fruit de cette pression qui a obligé Frédéric Rose à sortir du bois en fin de semaine dernière ? La pression médiatique ? Ou celle du gouvernement ? Reste aussi - et peut-être surtout - à savoir de quelle façon le groupe électronique va intégrer, dans son raisonnement, les quelques 17,5 millions d'euros de créances qu'il a fait valoir auprès du liquidateur de l'entreprise. Oui, pour Technicolor, Thomson Angers lui doit de l'argent...

Un état d'esprit qui dit bien au moins une chose, le groupe électronique ne va pas verser subitement dans la philanthropie. "Technicolor, précisait encore Frédéric Rose, la semaine dernière, espère que les collectivités locales joindront leurs efforts à ceux du groupe en faisant au liquidateur une juste proposition pour le rachat du terrain et ceci dans l'intérêt des salariés." Sous entendu, si l'Agglo met le prix, on mettra les moyens pour le plan social. Les propos sont sans ambiguïté mais préfigurent un jeu de billard financier dont les risques pour les salariés en question, sont (malheureusement) évidents.


























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