Technicolor, la liquidation judiciaire demandée jeudi


Rédigé par Yves BOITEAU - Le 08/10/2012 - 19:58 / modifié le 09/10/2012 - 08:19


Carole Martinez, l'administratrice de Thomson Angers, l'a confirmé lundi matin aux salariés. Jeudi, elle demandera la liquidation judiciaire de la société devant le tribunal de commerce de Nanterre. Les syndicats ne sont pas surpris, mais "juste dégoûtés".



Quel avenir pour les 350 employés angevins de Technicolor (ici lors d'une manifestation à Angers le 30 août) ? La question se posera, un peu plus cruciale encore jeudi
Quel avenir pour les 350 employés angevins de Technicolor (ici lors d'une manifestation à Angers le 30 août) ? La question se posera, un peu plus cruciale encore jeudi
Cette fois-ci, ça sent bien la fin. Comme l'avaient annoncé dès samedi nos confrères du Courrier de l'Ouest, Carole Martinez, l'administratrice judiciaire de Thomson Angers - l'appellation juridique que porte encore la société dont dépend l'usine Technicolor - demandera jeudi sa liquidation au tribunal de commerce de Nanterre (Hauts-de-Seine).

Ce lundi matin, elle est venue l'annoncer elle-même aux représentants des salariés, lors d'un comité d'entreprise extraordinaire à Angers. "L'administratrice nous a dit qu'elle allait demander la liquidation judiciaire car elle n'a pas de repreneur" rapporte Odile Coquereau, la porte-parole de l'intersyndicale.

Ceux qui avaient cru aux espoirs entretenus - stratégiquement ? - par la ministre déléguée à l'innovation, Fleur Pellerin, vendredi, sont revenus à la réalité. Place du Ralliement, devant les salariés réunis pour un faux procès du groupe Technicolor, celle-ci avait assuré "mettre tout en oeuvre pour éviter la liquidation", précisant même, sans précaution, avoir obtenu l'engagement du groupe France Télécom pour un plan de charge intermédiaire.

Un engagement "d'un an", allait-elle préciser ensuite, avant de monter les marches de l’École supérieure d'électronique de l'Ouest, dont elle présidait l'inauguration. Une heure et demie plus tard, Paul Raguin, le PDG d'Eolane, qui couvait l'un des projets de reprise, nous indiquait... n'avoir aucune garantie.

"Avec le recul et quand on revoit la vidéo de son intervention, ça apparait aux yeux des salariés, comme du foutage de gueule" peste Odile Coquereau. "Si elle nous avait dit la vérité, elle se serait fait huer. Mais au moins, les choses auraient été claires." Même dépit chez Michel Bouyer, le responsable des métaux CFDT de Maine-et-Loire, "écœuré" par la tournure des événements.

"Quinze jours pour négocier"

Et maintenant ? On voit mal qui pourrait bien empêcher le tribunal de commerce de prononcer l'enterrement de Thomson Angers. "On va avoir quinze jours pour nous retourner, prédit Odile Coquereau, quinze jours pour mettre Technicolor face à ses responsabilités afin que le groupe abonde financièrement le plan social."

Juridiquement, en cas de liquidation, les salariés de l'usine électronique angevine ne seront logiquement, en droit, de toucher que le simple minimum conventionnel, "point barre". Une issue que n'envisagent pas un instant ses représentants syndicaux. "Ils nous doivent des indemnités supra-légales pour préjudice, annoncent ceux-ci, Et on compte bien se battre pour le leurs faire comprendre."

En coulisses, cette bataille a déjà commencé. C'est le sens des menaces de poursuite judiciaire, brandies il y a quelques semaines déjà par le président de l'agglomération d'Angers, Jean-Claude Antonini, et reprises vendredi aussi par Fleur Pellerin. L'intensité de la réaction sociale à la probable liquidation dépendra, de toute évidence, de l'attitude et des réponses du groupe Technicolor.

Il y a dix ans, la liquidation judiciaire de l'usine ACT Manufacturing (660 licenciements) avait, dans un contexte certes différent (mais pas tant que ça), déclenché une riposte immédiate des salariés et entrainé une longue occupation du site, jusqu'à l'intervention des CRS. Un épisode douloureux qu'aucun des acteurs locaux du dossier Technicolor, n'a oublié.



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