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Mardi 2 Septembre 2014


Technicolor, la résignation pointe derrière les slogans


Rédigé par - Le 30/08/2012 - 16:33 / modifié le 30/08/2012 - 19:29


Les salariés ont manifesté. Les oreilles de leur patron ont sifflé. Les élus ont encouragé. Mais après le défilé des Technicolor ce jeudi à Angers, l'avenir du site industriel ne semble pas plus éclairé.



Les Technicolor dans les rues d'Angers, ce matin
Les Technicolor dans les rues d'Angers, ce matin
Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ?" Jean-Claude Antonini et Frédéric Béatse ont eu beau leurs répéter ce jeudi matin devant la mairie d'Angers que, tant que le coup de sifflet final n'a pas retenti, un match n'est pas terminé, les salariés de Technicolor n'y croient plus vraiment. "Plus du tout, du tout" répète Michelle, 60 ans, dont trente-six passés sur les chaines de production du boulevard Gaston Birgé. "Je pense que les repreneurs n'ont pas les reins assez solides. C'est une fin triste surtout pour les plus jeunes que moi, qui ont une maison sur le dos, des enfants." La voix, triste et résignée, tranche avec les intonations militantes des slogans crachés par la sono assourdissante qui accompagne le défilé.


Tromper le vide ?

Face à la mairie d'abord, boulevard Foch puis jusqu'au château où plusieurs d'entre eux ont réussi à accroché une banderole de soutien, les blouses blanches de Technicolor ont pourtant essayé d'entretenir l'espoir. Répétant qu'en assurant une poursuite d'activité durant quelques mois sur le site, Technicolor avait les moyens de favoriser la concrétisation des deux projets de reprise "sérieux", toujours à l'étude : celui du groupe électronique régional Eolane, dirigé par Paul Raguin et celui d'une grappe d'entreprises du secteur, associées sur le principe d'ateliers partagés.

Mais comment entretenir cet espoir quand on sait que Technicolor a programmé son retrait et, déjà, très fortement diminué la charge de l'usine depuis le retour des vacances ? En misant sur "la pression" ont répété élus politiques et représentants du personnel. Pression sur le groupe. Pression sur ses clients, à commencer par France Telecom dont des représentants sont attendus demain pour une visite de l'usine. Tant qu'il y a de la vie...


L'espoir Paul Raguin

Technicolor, la résignation pointe derrière les slogans
A six jours de l'audience décisive qui, au tribunal de commerce de Nanterre (Hauts-de-Seine), décidera de la poursuite ou non de la période d'observation accordée à l'usine, certains veulent aussi croire en la détermination de Paul Raguin, à faire aboutir son projet. Ambitieux pragmatique, le patron du groupe Eolane, spécialisé dans l'électronique professionnelle et de petites séries, "a travaillé lui au moins", indique un représentant syndical.

L'entrepreneur aurait aussi reçu une convocation pour le 6 septembre. Une information difficile à interpréter mais qui tend au moins à montrer que son projet est plus qu'une marque d'intention. "Il faut faire en sorte que le 6 ne soit qu'une étape et que tout soit mis sur la table pour garantir la poursuite d'une activité électronique" insiste Frédéric Béatse. "On lâche rien !" crache encore la sono, au pied du château.




Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur























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