Technicolor, pas de bêtise Monsieur le liquidateur !


Rédigé par - Angers, le 14/11/2012 - 19:40 / modifié le 15/11/2012 - 23:25


Trois semaines après s'être mis d'accord avec le groupe Technicolor, l'intersyndicale et les salariés de Thomson Angers attendent toujours la validation définitive du plan social. Laquelle dépend, en grande partie, du liquidateur judiciaire. D'où cette nouvelle crainte : la gestion des créances peut-elle cacher un loup ?



Technicolor, pas de bêtise Monsieur le liquidateur !
Chat échaudé craint l'eau froide. S'il y a un proverbe dont il n'est vraiment pas utile de réexpliquer le sens aux salariés de l'usine Technicolor d'Angers, c'est bien celui-ci. Car plus d'un mois après la liquidation judiciaire de la société Thomson Angers - le chapeau juridique de l'usine - et en dépit de la bonne tenue des négociations avec le groupe Technicolor autour du plan social, la crainte de voir une nouvelle tuile leur tomber dessus n'est pas totalement absente.

Petit retour en arrière. Mi-octobre, face au silence des dirigeants de Technicolor et alors que se rapprochait inéluctablement la liquidation de la société, le comité d'entreprise de Technicolor décidait "de mettre en œuvre des pressions pour que s'ouvrent enfin des négociations" autour de l'accompagnement des salariés, rappelle Odile Coquereau, la porte-parole de l'intersyndicale CGT/CFDT/CFE-CGC.

Le 16 octobre, mandat était ainsi donné au CE pour assigner le groupe devant le Tribunal de grande instance de Nanterre, sur sa responsabilité de co-employeur. "Le liquidateur (Patrick Legras de Grandcourt) nous a annoncé le jour même qu'il assignait lui-aussi le groupe" rappellent les représentants des salariés.

S'assurer que l'argent serve bien au plan social

Fixée au 26 octobre, l'assignation fut finalement renvoyée au 16 novembre, l'intersyndicale et le groupe Technicolor ayant trouvé, entre temps, un terrain d'entente.

"Chacun s'accorde à penser que nous avons négocié un accompagnement digne de ce nom" insistent les représentants syndicaux. Preuve en est, la totalité des 342 licenciés de Thomson Angers ont fait part de leur accord pour signer individuellement la transaction et aucun d'entre eux n'a décidé de poursuivre en justice le groupe Technicolor. Ces deux conditions faisaient partie du deal avec les dirigeants du groupe électronique.

Reste donc à valider le plan. Une validation qui exige conjointement les signatures du mandataire de l'usine, de son liquidateur, des salariés et du groupe Technicolor, et passe par la convocation d'un comité d'entreprise spécifique sur initiative du liquidateur encore une fois. Et c'est là que germent quelques inquiétudes.

"Un temps pour discuter, un temps pour conclure"

Alors qu'est programmée ce vendredi à 11h15 à Nanterre, l'étude de l'assignation, le liquidateur et les dirigeants de Technicolor ne se sont manifestement pas encore mis d'accord. Pourquoi ? La crainte des salariés ? Voir les quelques 25 millions d'euros prévus pour le plan social leurs échapper au profit des créanciers qu'est appelé à (tenter de) rembourser le premier. Créanciers, ironie du sort, au rang desquels figure le groupe Technicolor lui-même, à hauteur de plus de 17 millions d'euros...

"Nous demandons à ce que le TGI entérine l'affectation de l'argent spécifiquement au plan social" précise Jean-Pierre Bougnoux, leur avocat, qui demandera donc un nouveau renvoi de l'assignation ce vendredi. Une manière de se donner encore du temps pour verrouiller l'affaire.

Autrement formulé par les représentants des salariés, la requête a pris la forme d'un appel : "On demande à chacune des parties de ne pas faire capoter les choses. Monsieur Le Liquidateur et Monsieur Frédéric Rose, nous vous rappelons à vos responsabilités. Il y a un temps pour tout, un temps pour discuter et un temps pour conclure."



Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur















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