Tempo Rives : la musique couleur cuivrée


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le Vendredi 23 Juillet 2010 à 14:51


Après la musique électro sauce Balkans de DJ Shantel et celle des rives du Nil d’Egyptian Project, la scène Tempo Rives à Angers accueillait ce jeudi la musique créole revue et corrigée par le saxophoniste franco-américain David Murray et les maitres du Gwo Ka. Cette année Angers, grâce à Tempo Rives, s’affirme comme une ville très cosmopolite.



David Murray et ses Gwo Ka Masters
David Murray et ses Gwo Ka Masters
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Une fois de plus il y avait foule sur la cale de la Savatte à Angers pour accueillir une grosse pointure de la scène " free jazz - groove " en la personne de David Murray. Quand on connaît le parcours musical du saxophoniste californien, aujourd’hui exilé en France, et le son qu’il est capable de produire, il y a de quoi être plus que séduit. Pour cette soirée en tous points intéressante, le jazzman était accompagné de ses désormais fidèles Gwo Ka Master, des guadeloupéens pur sucre (de canne…) qui réhabilitent la musique des esclaves des Antilles Françaises.

Âgé de 54 ans, saxophoniste de très bon niveau, maintes récompensés pour ses recherches musicales, David Murray qui a rendu de nombreux hommages à la musique afro-américaine est toujours en quête d’identité, partagé entre le jazz et la musique de ses ancêtres. Avec les musiciens de talent qui l’entoure il fait aujourd’hui la promotion d’une musique créole à l’ancienne avec un son qui fait la part belle aux percussions antillaises, aux cuivres, saxophone et trompette. Au soleil couchant sur la Maine, au cœur de l’été c’était du plus bel effet, même si parfois les envolées lyriques de Murray tombent dans le flou artistique, ne sachant plus vraiment où se situent ses origines musicales.

Au fond Murray, tel qu’il est aujourd’hui on aime ou pas, mais dans tous les cas ça ne laisse pas les oreilles indifférentes. Seuls les musicologues, habitués à la période jazz newyorkais de l’artiste y ont peut-être perdu leur latin.

Laissant de grands espaces d’expression à ses musiciens David Murray a réchauffé la scène angevine avec une totale décontraction s’arrêtant même pour s’adresser directement à quelques fans ayant un peu forcé sur le rhum, ou plutôt sur la bière. « Keep cool man. Respecte les autres », disait-il, dans une mélange d’américain et de français, à un grand black visiblement bien éméché, qui gesticulait au premier rang empêchant une partie du public de jouir du spectacle.

Mais il était temps que la soirée, un peu fraîche, se réchauffe un peu, car le groupe local qui précédait,« Sweet Gum Tree », un peu trop mélancolique, pour ne pas dire un tantinet mou du genou, nous a laissé un peu sur notre faim. En d’autres lieux, au coin d’une bonne flambée, dans une ferme perdue dans la campagne angevine, les balades pop-folk de ,« Sweet Gum Tree » auraient certainement produit leur effet. Bien évidemment ce manque d’énergie a laissé le champ libre à la musique ensoleillée qui suivi.

D’ailleurs le public ne s’y est pas trompé puisque les spectateurs sont arrivés beaucoup plus nombreux à 21h, en même temps que David Murray et ses maitres du Gwo Ka.

Le groupe angevin Sweet Gum Tree , en première partie de la soirée de jeudi
Le groupe angevin Sweet Gum Tree , en première partie de la soirée de jeudi




Yannick Sourisseau
Yannick Sourisseau
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