Tempo Rives : le démentiel concert du Shibusa Shirazu Orchestra


Rédigé par - Angers, le Mercredi 7 Août 2013 à 09:43


C’était, selon les organisateurs du festival Tempo Rives à Angers, le concert à ne manquer sous aucun prétexte. Le public ne s’y est pas trompé : il y avait foule sur la cale de la Savatte, ce mardi 6 août pour vibrer au son du Shibusa Shirazu Orchestra, un ovni musical comme seul le Japon est capable d’en produire.



Tempo Rives : le démentiel concert du Shibusa Shirazu Orchestra
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Le moins que l’on puisse dire c’est que Daisuke Fuwa, leader incontesté du « Shibusa » ne fait pas dans la dentelle, sauf peut-être celle de ses danseuses « cosplay », lorsqu’il monte sur scène. Réunissant une troupe d’une vingtaine de musiciens de tous les styles, des danseurs et danseuses issus du monde mangas, du butō et du théâtre japonais, il réussit le tour de force d’entrainer le public dans une frénésie musicale qui pourrait certainement durer jusqu’à l’aube si on ne l’arrêtait pas.

Hier soir, il a même fallu agrandir la scène pour loger tout ce petit monde et permettre aux danseurs de s’exprimer. Quant au public, toujours important, même en ce début août, période où par principe il devrait être plutôt sur la côte Atlantique que sur les bords de Maine, il était venu en nombre. Curieux pour certains, admiratifs pour d’autres ou carrément pris dans le tsunami nippon de Daisuke Fuwa et sa bande de musiciens hors-norme, tous se sont laissé prendre au jeu de ce groupe qui délivre sans retenue un savant mélange musical avec des influences jazz, funky music, rythmes latinos, reggae. Une musique extraterrestre qui ne ressemble à aucune autre.

Le « Shibusa Shirazu » est né en 1988 de l’esprit du bassiste Daisuke Fuwa, lequel souhait rassembler quelques-uns des musiciens les plus réputés de la scène contemporaine japonaise de l’époque. Au fil des années le Shibusa qui se prononce « Shee-Boo-Sah Shee-Rah-Zoo » , « Never be cool » en anglais ou ne « jamais être cool » en français est la figure de proue japonaise d’une scène indépendante décomplexée et ébouriffante, capable d’une créativité et d’un enthousiasme délirant.

Et pour preuve, à toutes les familles d’instruments présentés par ce groupe à géométrie variable, instruments à vent, cuivres, cordes, sans oublier le biwa (instrument traditionnel japonais), percussions et claviers, s’ajoutent au gré des interprétations, des danseurs de butō (danse du corps obscur), aux corps peints de blanc et à demi nus, ainsi que des danseuses aux tenues extravagantes et colorées.

A toute cette débauche de musique et de danse, s’ajoute également des effets de lumières, des feux d’artifice, des canons à fumée, mais aussi celle des cigarettes que le groupe et surtout son leader grillent en jouant, et même des structures gonflables qui se promènent au-dessus de la scène. Rien n’est trop grand pour rendre ce spectacle aussi éclectique qu’électrique, pour un public qui en prend autant dans les oreilles que dans les yeux.

Comme partout où il se produit, trop rarement en Europe selon les spécialistes, le Shibusa Shirazu a bénéficié hier soir, lors de son passage sur la scène de Tempo Rives, d’un accueil à la hauteur de son talent. « Wonderful », criait une jeune femme visiblement conquise à l’adresse de Daisuke Fuwa et de son big band venu tout droit du pays du soleil levant, avec ses codes et son atmosphère inimitable. On peut le dire, un vent de fraicheur a soufflé hier soir sur la scène de Tempo Rives.





Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur








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