Terra Botanica : "Collectivement responsables de cet échec"


Rédigé par - Angers, le 21/10/2014 - 08:39 / modifié le 17/11/2014 - 08:16


Pour maintenir le parc Terra Botanica à flot, le Conseil général, son actionnaire majoritaire, a voté lundi une contribution exceptionnelle d'1,7 million d'euros. Et acté le principe de transformation de la société d'économie mixte qui le porte, en Groupement d'intérêt public. Objectif : amorcer sa relance dès l'an prochain.



Terra Botanica : "Collectivement responsables de cet échec"
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A la lecture des derniers chiffres de fréquentation communiqués lundi aux conseillers généraux du département, on a mieux compris encore l'urgence de la situation à Terra Botanica, le parc de loisirs voulu et conçu pour devenir la locomotive touristique du Maine-et-Loire, en même temps que la vitrine de toute la filière végétale angevine.

En 2014, l'équipement a accueilli un total, tout compris, de 183 996 visiteurs (1), soit 15 000 de moins que l'an passé, déjà en net recul par rapport à 2012 (235 000 visiteurs) et surtout 2011 (310 000 visiteurs), la meilleure de ses cinq années de fréquentation. Du côté du chiffre d'affaires, pas de miracle : avec une estimation 2014 à 2,87 millions d'euros, en baisse de 500 000€, il atteint un niveau synonyme tout simplement de dépôt de bilan si rien n'est fait pour y remédier.

Saison touristique morose, "recul du pouvoir d'achat des ménages", concurrences des Floralies de Nantes... Aux raisons contextuelles déjà évoquées ces dernières semaines, Christian Gillet, le patron du Département, a ajouté le positionnement ludique et scientifique "toujours controversé" du parc, avant que d'appeler à sa sauvegarde, au nom de son"caractère d'intérêt général", reconnu tant par l'Etat que par l'Europe.

Le prix de ce sauvetage ? Une aide exceptionnelle d'1,7 million d'euros, simplement pour remettre les compteurs - ses capitaux - à zéro, mais encore une stratégie commerciale, juridique et marketing à remettre à plat autour de la notion de "jardin extraordinaire", insuffisamment mise en valeur au goût des experts appelés cet été à son chevet.
Renouvellement des animations, tarifs, gouvernance, ancrage territorial... A écouter le diagnostic de Christian Gillet, on se dit que le chantier est considérable.

Pour le conduire, un nouveau directeur sera recruté dans les semaines qui viennent, en remplacement de Jean-Pierre Chavassieux, l'élu appelé à la rescousse en octobre 2012 pour prendre la barre du parc et qui est apparu un peu esseulé hier, en dépit du soutien affiché de la majorité à laquelle il appartient. Surtout, la structure juridique du parc est appelée à évoluer de Société anonyme d'économie mixte locale (SAEML) en Groupement d'intérêt public (GIP), "plus souple", moyennant l'arrêt de la convention d'affermage et de la redevance due par Terra Botanica au Conseil général.

"Ce qui me désole, ce sont les vieux démons de la politique politicienne qui nous guettent" (Jean-Pierre Chavassieux)

Mais pour la minorité de gauche, les belles intentions ne peuvent plus suffire aujourd'hui sur le dossier Terra Botanica, eu égard au manque de transparence financière pratiqué, selon elle, par les administrateurs du parc durant l'époque où Christophe Béchu présidait aux destinées du Département. "Il y a eu un problème de gestion manifeste" attaque Stella Dupont, pointant, au risque d'énerver Christian Gillet, la vérité "encore partielle" du dossier.

Administrateur de Terra Botanica au titre de la minorité, Jean-Luc Rotureau abonde, rappelant que dans les rapports qui lui étaient soumis, "il n'y avait pas de quoi fouetter un chat". "J'ai été abusé. La confiance est cassée" enfonce Gérard Pilet, autre conseiller général de gauche, réclamant une étude juridique approfondie de la situation. Opposé à la construction du parc, Michel Piron vole pourtant au secours de Christian Gillet, saluant "enfin, la vérité des chiffres" qu'il réclamait, pour aussitôt poser la question du "déficit de fonctionnement" de Terra Botanica ? "Quel est-il ? Sera-t-il partagé ?" met en garde le député UDI.

Dans une longue intervention entre confession et défense, Jean-Pierre Chavassieux reconnait "le flou" qui régnait à son arrivée à la tête du parc. Il raconte le chantier de réorganisation auquel il s'est attelé pour structurer la société, "reprendre tous les tableaux de bord" et essayer d'y voir clair. A demi-mots, il reconnaît les ambitions déraisonnables du parc en terme d'objectif mais sa fierté d'avoir "mis les mains dans le cambouis".

Il écarte enfin l'illégalité des facturations émises auprès de la Sodemel et du Conseil général, pour récupérer des compensations de charges réellement indues selon lui : "Ce qui me désole, ce sont les vieux démons de la politique politicienne qui nous guettent. Ras-le-bol de ce jeu". "Nous sommes collectivement responsables" appuie Christian Gillet.

Après une suspension de séance, la minorité reviendra dire, pour justifier le fait de ne pas prendre part finalement au vote, qu'il lui manque des informations. Christian Gillet a promis de les lui transmettre et donné rendez-vous au 8 décembre pour prolonger les échanges autour de Terra Botanica.

(1) 101 586 individuels, 27 883 groupes, 32 527 invités et 22 000 congressistes

Bon à savoir : Les groupements d’intérêt public (GIP) sont des personnes morales de droit public à caractère administratif ou industriel et commercial. Les GIP ont un objectif déterminé et doivent répondre à une mission d'intérêt général à but non lucratif. Les GIP sont apparus dans la loi du 15 juillet 1982 sur la recherche et se sont ensuite étendus à d’autres domaines (ex : enseignement, sport, action sanitaire et sociale). Ils ont pour objet de favoriser la coopération des personnes morales publiques et privées, qu’il regroupe en son sein, pour gérer des équipements ou des activités d’intérêt commun. (Source Vie Publique)




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