Terra Botanica, l’heure des comptes : oui, mais lesquels ?


Rédigé par - Angers, le 22/09/2015 - 09:35 / modifié le 22/09/2015 - 09:35


La session de rentrée du Conseil départemental de Maine-et-Loire a donné lieu, comme on pouvait s’y attendre, à un échange musclé sur Terra Botanica, lors de la présentation du rapport de la Chambre régionale des comptes sur le parc du végétal et la Sodemel. Avant que le président de la collectivité ne sorte son argument massue : les premiers chiffres de fréquentation du parc version 2015. Qui sont plutôt bons. On efface et on oublie tout ?



Le ballon captif est la grande nouveauté de Terra Botanica, pour cette saison 2015.
Le ballon captif est la grande nouveauté de Terra Botanica, pour cette saison 2015.
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On a tout dit, beaucoup écrit sur Terra Botanica. Depuis les prémices de la création d’un équipement qui a coûté quelque 100M€ au Département jusqu’à la révélation, lundi après-midi, des premiers chiffres de la saison 2015 – alors même qu’elle ne s’achève qu’en fin de semaine -  le parc du végétal a été, avant que d’être un sujet touristique, scientifique ou économique, un sujet politique.
 
Il n’y avait donc aucune raison objective que ce ne soit encore le cas lors de la session de rentrée du Conseil départemental. Certes, la présentation des rapports de la Chambre régionale des comptes sur Terra Botanica et la société d’aménagement de la collectivité, la Sodemel, a déjà eu lieu dans d’autres enceintes, à la Ville d’Angers et à l’Agglo.

Mais le groupe d’opposition départementale ne pouvait décemment pas passer sur les interrogations soulevées par ces deux rapports, malgré le souhait exprimé dès le début de la session par Christian Gillet, le président du Département, de se tourner vers l’avenir. Jean-Luc Rotureau, par ailleurs administrateur de Terra Botanica, s’y est ainsi collé, citations de la CRC sous le bras et concluant : « Nous avons été mis à l’écart de la réalité des chiffres, le « nous » étant collectif. La vérité a été cachée et c’est cela que je veux dénoncer aujourd’hui. Cette dénonciation ne vaut pas seulement pour les élus qui ont été pris pour des imbéciles. Ce sont les contribuables et les citoyens de notre département qui ont été méprisés. »
"La vérité a été cachée et c’est cela que je veux dénoncer aujourd’hui. Cette dénonciation ne vaut pas seulement pour les élus qui ont été pris pour des imbéciles. Ce sont les contribuables et les citoyens de notre département qui ont été méprisés" - Jean-Luc Rotureau

Une analyse relayée par le patron du groupe d’opposition, Grégory Blanc relevant « les mensonges aux Angevins sur le nombre d’entrées (…) avec ce système de planche à billets d’entrées gratuites. » Plus avant, le conseiller général socialiste a exhorté Christian Gillet « à restaurer la confiance dans ce département », et « à sécuriser juridiquement et financièrement » la collectivité. Avant de s’intéresser au devenir du Parc. « Les pertes sont là. Sur cette compétence non obligatoire, il est impératif de délester nos budgets de ce poids (…) Une seule question se pose désormais : quelle est la meilleure stratégie pour revendre et assurer une pérennité à ce parc ? »

Un discours sans doute attendu mais offensif, accueilli avec force sourires par le président du Conseil départemental, Christian Gillet (UDI). Il faut dire que l’homme avançait dans la session avec quelques certitudes. La première, et il l’a répété en préambule de la présentation des rapports, c’est de n’être en rien mêlé avec l’histoire statistique de Terra Botanica : « J’avais beau être vice-président en charge des finances du Conseil général, il y avait une étanchéité totale des comptes avec la société d’économie mixte Terra Botanica ».
« Il n’y a pas eu de malversations. Seulement des erreurs de conception : la collectivité a eu tort de croire que le parc allait s’autofinancer » - Christian Gillet

Sa deuxième certitude concerne le présent et le souhait qu’il a exprimé auprès de la CRC de réaliser un contrôle sur le Conseil départemental, répondant ainsi à la volonté de sécurisation émise par Grégory Blanc. Le contrôle est en cours depuis plusieurs semaines.

Enfin, Christian Gillet était persuadé de tenir dans sa manche l’argument massue, celui qui mettrait tout le monde d’accord : les premiers chiffres de fréquentation de Terra Botanica (voir ci-dessous), sur la saison 2015. 180 000 entrées payantes espérées, à la fermeture du parc samedi, contre 130 000 en 2014. C’est sans doute trop peu et/ou trop tôt pour crier victoire, mais pas pour répondre vertement aux critiques : « Il n’y a pas eu de malversations. Seulement des erreurs de conception : la collectivité a eu tort de croire que le parc allait s’autofinancer ».

Un mea culpa collectif + des retours positifs sur l’exercice 2015 = un solde de tout compte sur les passé et passifs du parc ? On n’en mettrait pas notre main à couper…

Denis Griffon achève sa première saison à la tête du parc Terra Botanica.
Denis Griffon achève sa première saison à la tête du parc Terra Botanica.
Les premiers chiffres de la saison 2015
 
Certes, la saison n’est pas terminée : le parc fermera au public ce week-end, et rouvrira même ses portes pour plusieurs événements d’ici à la fin de l’année (Coupe de France des fleuristes les 3 et 4 octobre prochains). Mais le premier bilan est positif pour le parc du végétal, qui recense 175 000 entrées payantes, et en espère 180 000 au final, contre 130 000 en 2014. Ajoutez à cela une fréquentation du centre d’affaires en hausse (entre 20 et 25 000 congressistes) et « les gratuités diverses et variées », vous obtiendrez près de 215 000 visiteurs sur le site en 2015. Et un directeur heureux : « Certes la conjoncture était plutôt bonne et il y a eu beaucoup d’offres promotionnelles, mais c’est un signe », avance Denis Griffon. « Les gens ont répondu présents, sont revenus. Nous avons d’ailleurs de nombreuses commandes de pass pour l’année prochaine ». Côté chiffres toujours, 24 000 personnes ont emprunté le ballon captif de Terra Botanica. « Quand il vole, c’est le jackpot », note Denis Griffon qui avoue aussi avoir eu à gérer la déception des gens, les jours (assez nombreux) où le ballon est resté cloué au sol.  Il n’en dira pas plus sur les perspectives et les partenariats espérés pour le parc en 2016. « Il nous reste à remporter la bataille des 30 km à la ronde », concède tout de même Denis Griffon. « La reconnaissance du parc comme un objet du patrimoine. Et de ce point de vue, le ballon permet d’être visible : on ne peut pas nous oublier ! »




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