Terra Botanica peut-il s'en sortir à la lumière des volcans d'Auvergne ?


Rédigé par - Angers, le 27/10/2014 - 08:11 / modifié le 28/10/2014 - 09:15


Dans une situation financière et conceptuelle plus que délicate, Terra Botanica n'en est pas pour autant condamné : au-delà du soutien renouvelé de la collectivité qui le porte -le Conseil général du Maine-et-Loire- de nombreuses idées germent sur le territoire pour relancer l'activité du parc. Sans compter les exemples extérieurs de repositionnement réussi, comme celui de Vulcania, en Auvergne.



Changement de cap pour Terra Botanica en 2015 ? De la réponse à cette question dépendra sans doute l'avenir du parc à thème.
Changement de cap pour Terra Botanica en 2015 ? De la réponse à cette question dépendra sans doute l'avenir du parc à thème.
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Une longue gestation, une fréquentation en chute libre, un positionnement déficient, des railleries à tout-va et, pour couronner le tout, une guéguerre politique en toile de fond... Ça ne vous rappelle rien ? Terra Botanica, bien sûr ! Raté ! Ou pour le moins incomplet. Car si les affres et l'avenir du grand parc thématique départemental focalise l'attention populaire et médiatique ces dernières semaines, il n'est pas le seul équipement de ce type à avoir connu pareille mésaventure.

Il y a un peu plus de 10 ans, à quelque 500 kilomètres des hauteurs d'Avrillé, un autre parc scientifique et culturel défrayait la chronique, au point d'être souvent assimilé littéralement à un gouffre financier. Son nom ? Vulcania, en Auvergne.

"L'emballement médiatique qui a entouré l'ouverture du parc a été au moins aussi injustifié que les commentaires sur nos difficultés, quelques années plus tard", commente avec le recul François Dominique de la Rouzière, directeur scientifique de la structure depuis son ouverture en 2002.

Plus Vulcania que Futuroscope

Porté par un certain Valéry Giscard d'Estaing, alors président du Conseil régional d'Auvergne, Vulcania est sans doute le parc qui, en terme d'ambition culturelle et scientifique, de cible, de structure, ressemble le plus à Terra Botanica. En tout cas beaucoup plus que le Futuroscope de Poitiers.

"Il y a eu une très longue gestation de 1993 à 2002", se souvient François Dominique de la Rouzière. "Eu égard à la saisonnalité du tourisme en Auvergne, au statut de lieu de culture scientifique de Vulcania, à la réalité des chiffres de fréquentation au sommet du Puy-de-Dôme, on pouvait attendre une fréquentation de Vulcania entre 300 et 400 000 personnes."

Mais l'emballement médiatique, encouragé par Valéry Giscard d'Estaing, n'a pas tardé à annoncer des chiffres de 800 000 visites/an en année 5. "C'est la première erreur. Dès ouverture, 650 000 visiteurs sont venus à Vulcania, alors que la structure était conçue pour 300 à 400 000. La qualité de visite n'était pas bonne et il y a eu un très fort mécontentement vis-à-vis de cela", explique François Dominique de la Rouzière. "Le second point noir, c'est que nous avons été un peu trop ambitieux sur le contenu. Les gens voulaient apprendre des choses, mais nous avons très vite eu la réputation d'être un parc pour spécialistes."

Le verdict est sans appel : de 2002 à 2006, Vuclania perd 100 000 visiteurs par an. Beaucoup d'argent -118 M€- a été mis dans l'infrastructure (91 %), quasiment rien dans le contenu (9 %). En 2004, le Conseil régional bascule à gauche et un audit est commandé sur Vulcania, pour répondre à une situation d'urgence.

"L'audit a montré qu'à 100 km à la ronde, les retombées économiques se montaient entre 35 et 49 millions d'euros par an". Conclusion : Vulcania est outil de développement du territoire. Plutôt que de le fermer, élus et partenaires décident de le relancer et de repartir sur de nouvelle bases.

Chaque année, de l'argent dans la scénographie

Vulcania, aux pieds des volcans d'Auvergne a rebondi après avoir perdu, de 2002 à 2006, 100 000 visiteurs par an.
Vulcania, aux pieds des volcans d'Auvergne a rebondi après avoir perdu, de 2002 à 2006, 100 000 visiteurs par an.
"La collectivité a alors initié un mouvement qui consiste à réinjecter, chaque année, de l'argent dans la scénographie et des activités interactives, ludiques", détaille François Dominique de la Rouzière. "La structure était un peu trop muséale, nous avons conservé beaucoup de contenus, mais avec des outils modernes, de médiation, des sols interactifs..."

Tous les ans, pièce par pièce, salle par salle, la collectivité a réinvesti à hauteur de 500 000 €, 1M€ voire 2M €, avec un objectif : apprendre en se distrayant. Et une réalité en tête : pour 1€ investi dans Vulcania, il y a 10 € de retombées pour la région.

Dans le même temps, on redimensionne le parc, en revenant à l'objectif initial et raisonnable de 350 000 visiteurs/an. "Il y a également eu un plan social", complète François Dominique de la Rouzière. De 130 CDI au départ, on passe à... 55 !

"Il a fallu remonter la pente peu à peu mais aujourd'hui la situation est apaisée, entre 300 et 350 000 visiteurs/an." Vulcania est-il arrivé à maturité ? "C'est un combat permanent", tempère le directeur scientifique. Ça reste un lieu complètement atypique, sans équivalent et nous devons garder deux choses en tête : ne pas renier les fondamentaux culturels et scientifiques, et toujours évolué, parce que le monde, les connaissances scientifiques et le public évoluent ! Ça n'est pas une course à l'innovation, mais une attention à la technologie pas comme une fin en soi, mais comme un outil. En fait, on essaie de montrer à tous nos visiteurs, de 3 ans à 80 ans, que la science n'est pas quelque chose de rébarbatif."

La voie à suivre pour Terra Botanica ?

Terre de sciences et "l'exception végétale"

Spécialiste de la médiation autour du végétal depuis 20 ans en Anjou, l'association Terre de Sciences suit depuis son origine le projet Terra Botanica. Et a renouvelé au président du Conseil général, Christian Gillet, des propositions développées depuis des années. "Ce parc n'a rien de scientifique et ludique comme cela est déclaré par certains. Et on ne veut pas en faire un parc scientifique mais le parc de l'exception végétale en lien avec notre force végétale, notre originalité non "copiable". On veut étonner et apporter des connaissances aux 45 % de français qui ont un jardin, leur montrer que les plantes naissent en Anjou et que c'est là qu'il faut venir les découvrir et les acheter", explique en substance Jean-Luc Gaignard, directeur Stratégie de Terres des Sciences.

En s'appuyant sur le pôle Végépolys, l'association entend faire de Terra Botanica "un lieu où l’on prend plaisir, où l’on apprend sur les plantes, un lieu de découverte des nouveautés végétales, des pratiques culturales respectueuses de l’environnement et qui doit mettre en scène la réalité économique végétale de notre région, avec l’objectif de marquer les visiteurs qui découvriront que l’Anjou est la référence nationale, voire mondiale sur le végétal."




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par Tonton flingueur le 27/10/2014 12:29 | Alerter
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très très bien d'aller voir les exemples ailleurs et notamment Vulcania qui, comme Terra Botanica, est un parc différent des parc d'attractions "pauvres" culturellement style Mickeyland et autres Puy du Fou où le public n'a rien à apprendre, juste à se divertir.
les auvergnats ont la réputation de compter leurs sous...Inspirons-nous donc de ces gens pragmatiques et courageux. Ils ne l'ont pas fermé ce parc lorsque les temps étaient durs et maintenant il fonctionne ... et cela ne les empêche pa...








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