Terra Botanica, quand le Conseil général cultive son jardin


Rédigé par - Angers, le 09/12/2014 - 09:04 / modifié le 31/01/2015 - 11:01


Présenté lors de la session du Conseil général consacrée, entre autres, au débat d'orientations budgétaires pour la période 2015-2017, le nouveau positionnement de Terra Botanica, porté par le président Christian Gillet himself, n'a évidemment pas fait l'unanimité parmi les conseillers généraux. Il s'appuiera en tout cas sur une nouvelle structure juridique : un groupement d'intérêt public (GIP) où l'on retrouvera, notamment, la Ville d'Angers.



L'avenir de Terra Botanica a été l'un des sujets de débat de la session du Conseil général.
L'avenir de Terra Botanica a été l'un des sujets de débat de la session du Conseil général.
la rédaction vous conseille
Connaissez-vous seulement la chute du "Jardin extraordinaire" que le président du Conseil général, Christian Gillet, nous ressert à l'envi depuis sa prise de fonction, au printemps dernier ? Vous le croirez ou non, mais il y a du divinatoire dans le texte original de Charles Trenet. Jugez plutôt : "Il suffit pour ça d'un peu d'imagination".

Pas celle qui, à en croire Bonaparte, "gouverne le monde". Non, plus modestement, celle qui permettra de transformer une épine dans le pied du Département en un fleuron du savoir faire angevin. Car c'est bien son va-tout  qu'a joué lundi Christian Gillet, lors de la session du Conseil général. Après les épisodes houleux de la diminution du budget dédié à la prévention spécialisée et du débat d'orientations budgétaires, l'assemblée en est arrivé, cahin-caha vers l'un des tubes du moment : Terra Botanica.

Terra Botanica, porteur d'espoir ?

Pour découvrir ce qu'elle savait déjà depuis un moment : non, la majorité départementale n'abandonnera pas le parc du végétal à ses tristes résultats ; oui, le Conseil général (à hauteur de 52 %) des dépenses va bien intégrer, en compagnie exclusive de la Ville d'Angers (48 % des dépenses), un Groupement d'intérêt public (GIP), "afin de permettre la poursuite de l'exploitation du parc dans les meilleures conditions possibles, en tirant les enseignements et en dépassant les difficultés rencontrées ces dernières années".

Plus encore, Christian Gillet classe Terra Botanica au rang des projets "porteurs d'espoir". Un optimisme que ne partagent évidemment pas les conseillers de la minorité départementale. "Les 2,7 M€ de déficit d'exploitation, qui correspond à 87 % du chiffre d'affaires en 2014 sont un véritable naufrage et un électrochoc qui aurait du vous faire réagir pour rectifier la stratégie", appuie Stella Dupont (PS). "Mais vous nous proposez de continuer sur les mêmes bases en versant près de 10 M€ de financements publics complémentaires sur les trois prochaines années !"

Une année, un thème, deux nouveautés

Christian Gillet, président du Conseil général.
Christian Gillet, président du Conseil général.
Car c'est bien là l'information qui ressort de cette présentation : persuadée (?) que le parc a un avenir, la majorité départementale a imaginé, avec les équipes de Terra Botanica, son nouveau directeur, Denis Griffon et les acteurs de la filière sur le territoire "un nouveau positionnement : Terra Botanica, un jardin extraordinaire ancré sur son territoire, offrant une visite animée, vivante, interactive, familiale et ludique".

Nous serions mauvaise langue, nous dirions que ce positionnement à rallonge n'augure rien de bon et, qu'en fin de compte, rien n'a été tranché. Bref... cette stratégie s'appuie, "pour chacune des trois années à venir, sur la mise en place d'une ou deux importantes nouveautés principales, accompagnées de plusieurs nouvelles activités, en lien avec une thématique annuelle de communication, et la mise en place régulière d'animations événementielles." Voilà pour la profession de foi.

Sur le terrain, elle se concrétisera dès le printemps 2015 par deux nouveautés répondant au thème "Sensations et découverte pour toute la famille". Au programme, un nouveau film en 4D dans le cinéma dynamique : "Voyage au centre de la terre en 4D", extraits du film d'Eric Brevig ; et, surtout, l'installation "avant l'été", d'un ballon captif. En fait, "une montgolfière fixe" pouvant accueillir jusqu'à 30 personnes et s'élever à 150 m de haut. Elle servira "d'emblème de la relance du parc" en même temps qu'elle offrira un panorama des Basses vallées angevines, à 20 km à la ronde et qu'elle sera visible de l'autoroute.

Un politique tarifaire revue et abaissée

Prendre de la hauteur, c'est tout l'enjeu de la saison prochaine, avec également "un appel à projets artistique" pour associer, notamment, "les créatifs angevins dans une dimension poétique et humoristique du parcours de visite".

En 2016, ce sont les enfants qui seront à la fête, avec un espace scientifique, technique et ludique qui leur sera dédié, ainsi que l'introduction de nouvelles espèces, "l'ajout de fourmilières, un partenariat avec des apiculteurs..."

Enfin, c'est la "déambul'action" qui sera au cœur de l'exercice 2017, avec "des modes de déambulation insolites et intergénérationnels". Exemple ? "Des deux-roues insolites en accès libre et des parcours aventure acrobatique inspirés de l'accrobranche" (qui est une marque déposée NDLR...)

Au total, l'investissement est estimé entre 1 et 2 millions par an, dans l'esprit de ce qu'avait entrepris Vulcania, en Auvergne, pour redresser la barre. Tout ça s'accompagnera, selon Christian Gillet, d'une "stratégie événementielle et partenariale renforcée pour valoriser la filière végétale de l'Anjou" et d'une "nouvelle politique commerciale et marketing", avec un tarif jeunes étendu de 4 à 18 ans, un tarif famille réduit de 25 %, une opération promotionnelle à destination des habitants du Maine-et-Loire... en somme, un billet moyen diminué d'environ 10 %.

Voilà la mariée telle que présentée par le président du Conseil général. Reste à savoir si elle fera bon ménage avec la réalité des chiffres. Si oui, elle pourrait constituer une belle dot pour un éventuel acquéreur privé, en 2017, à l'heure où la collectivité sera dégagée de ses obligations réglementaires vis-à-vis des financements européens du Parc. Dans le cas contraire, les futurs élus départementaux pourront toujours relire avec un pincement au cœur le texte de Trenet... "Il fallait bien trouver dans cette ville maussade ; où les touristes s'ennuient, au fond de leurs autocars ; il fallait bien trouver un lieu pour la promenade"...
 

Prévu en fin de session, le débat d'orientations budgétaires (2015-2017) a animé les premières heures de réunion, au Conseil général.
Prévu en fin de session, le débat d'orientations budgétaires (2015-2017) a animé les premières heures de réunion, au Conseil général.
Un "DOB qui sent la poudre

C'est ce qui s'appelle planter le décor. Peut-être échaudé par la manifestation des travailleurs sociaux, devant les grilles du Conseil général, le président du Département s'est fait particulièrement incisif à l'heure d'ouvrir une session du Conseil général consacrée, notamment, au débat d'orientations budgétaires sur la période 2015-2017.

Un exercice qui relève "du défi", avance Christian Gillet, égrenant au fil de son introduction les atermoiements liés à mise en place de la réforme territoriale. "La multitude des déclarations contradictoires au plus haut sommet de l'Etat sur les Départements, inutiles un jour, utiles le lendemain, condamnés le matin, sauvés le soir, ne laisse pas d'étonner sur la logique de la pensée et le cap dont on attendrait qu'il soit clairement fixé", complète le président, ardent défenseur -le contraire serait étonnant- de l'échelon départemental.

Pour le reste, rien de neuf sous les ors du Conseil général : Christian Gillet a de nouveau dénoncé le désengagement de l'Etat, "l'affaiblissement structurel, accéléré et durable des dotations", rejoint en cela par... Philippe Bodard !  L'ancien maire de Mûrs-Erigné, "sociétaire" du groupe de la minorité, a profité de la session pour dézinguer en règle, sur fond de "flou artistique", les différents gouvernements depuis 10 ans,  jusqu'à celui emmené par Manuel Valls... avant de s'en prendre aux choix de la majorité départementale, dans un discours plus convenu.

Sans surprise, non plus, la minorité départementale a rappelé, en dehors de son opposition aux orientations prises sur la prévention spécialisée et Terra Botanica, que "Tout le monde fait mieux que vous, la situation de tous les conseils généraux ne se vaut pas et (qu')il y a bien un problème de gestion et de choix stratégiques en Maine-et-Loire, et ce depuis plusieurs dizaines d'années maintenant".




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur















Angers Mag











Angers Mag : Séance critique : "Ma'Rosa" de Brillante Mendoza: Dans Séance critique, deux fois par... https://t.co/UXYZ0kjrdt https://t.co/JrsEK1vwBv
Samedi 10 Décembre - 11:00
Angers Mag : « Ces pédagogies ne sont pas ignorées »: Et l’Education Nationale ? Quel regard... https://t.co/JnPQWXILNL https://t.co/5glkXOM6T3
Samedi 10 Décembre - 07:45
Angers Mag : #JPEL "Contre le complotisme, on ne peut pas enrayer tout (...) Mais on peut entraîner les cerveaux." 👏👏JB Schmidt… https://t.co/6pn23fJUHD
Vendredi 9 Décembre - 15:01
Angers Mag : L'indépendance, un état d'esprit ? #Angers Mag bien chez soi à la journée de la presse en ligne à Paris. #JPEL https://t.co/EpAgR2dt6N
Vendredi 9 Décembre - 12:17



cookieassistant.com