The Artist : un film qui laisse sans voix !


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Samedi 22 Octobre 2011 à 19:00


1927 : George Valentin est l’un des plus importants acteurs du cinéma muet. Peppy Miller, elle, n’est qu’une figurante qui tente de se faire connaître. Mais l’arrivée révolutionnaire du cinéma parlant va changer la donne, propulsant la jeune femme au rang de star et faisant plonger Valentin dans l’oubli…



Première rencontre entre George Valentin (Jean Dujardin) et Peppy Miller (Bérénice Bejo)
Première rencontre entre George Valentin (Jean Dujardin) et Peppy Miller (Bérénice Bejo)
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George Valentin (Jean Dujardin) est une star du cinéma muet à qui tout sourit et qui n’est pas heureux dans son mariage. Son plus proche compagnon est Uggy, son chien qui connaît de nombreux tours. Peppy Miller (Bérénice Bejo), elle, est parfaitement inconnue du public mais son rêve est de devenir actrice. Le hasard les fait se rencontrer (photo) et immédiatement on les sent très complices. C’est cette rencontre qui provoque les débuts dans le monde du spectacle de la jeune femme. Ils se rencontrent alors pour la deuxième fois. C’est une belle histoire qui commence. Malheureusement, l’arrivée du cinéma parlant va faire passer l’orgueilleux George Valentin à la trappe et à l’inverse faire décoller la carrière de Peppy…

Voici donc le nouveau film de Michel Hazanavicius : un film muet en noir et blanc à l’époque de la 3D et des blockbusters. Un projet pour le moins audacieux qui pourtant rencontre un franc succès. L’idée surprend, intrigue et nous rend curieux. On va donc dans les salles obscures et l’on comprend. Les acteurs, pour commencer, jouent tous juste. Jean Dujardin (meilleure interprétation masculine à Cannes) trouve l’équilibre entre le tragique et le burlesque, montrant ici tout ce dont il est capable. Bérénice Bejo, que l’on a tendance à oublier au profit de son charismatique partenaire, est la bouffée d’air frais du film. Pétillante d’un bout à l’autre, elle nous fait aussi bien rire que pleurer et signe sans doute ici son meilleur rôle. Et cela sans parler de John Goodman plus que convaincant dans son rôle de producteur, de John Cromwell en majordome fidèle et surtout du chien Uggy qui reçoit même la Palm Dog pour sa prestation ! Tout simplement magique !

Comme dans les précédents films d’Hazanavicius les regards avertis remarqueront les références que fait ce dernier au cinéma américain. La plus importante concerne le film Citizen Kane pendant la scène des repas lorsque le temps s’écoule et que le silence (une fois de plus) s’installe entre les époux. Mais l’on sent également des influences comme Fred Astaire pour la danse, ou encore Douglas Fairbanks dans les films que tourne George Valentin.

La musique tient aussi un rôle très important dans les films muets puisque c’est elle qui créer l’émotion d’une scène. On applaudit ici Ludovic Bource, compositeur de The Artist qu’Hazanavicius impose à son producteur. Bource s’inspire de musiques de films du cinéma muet notamment de Chaplin. Un délice !

Les lumières ont également l’air d’être d’époque, les décors, les costumes, le noir et blanc glamour, symbole d’Hollywood… Chaque détail est pensé et pendant un instant on oublie que l’on est au cinéma en 2011.
Le scénario est simple comme ceux des années 20, mais cela n’enlève rien à son charme et à son énergie. Bien au contraire, c’est ce qui contribue à ce retour dans le temps qui s’opère pendant 1 h. 40.

Le pari est réussi pour Michel Hazanavicius avec ce film tout en poésie et en subtilité qui laisse une trace indélébile. C’est une véritable déclaration d’amour qu’il fait au cinéma des années 20. Un trésor du 7ème art français. Un film à savourer…en silence !

Clémentine.












Angers Mag