The Informant ! ou l'incroyable histoire de Mark Whitacre


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Mardi 13 Octobre 2009 à 20:37


Basé sur le best-seller de Kurt Eichenwald "The Informant : A True Story", The Informant ! raconte l'histoire vraie d'un infiltré. Une situation cent fois déjà vue si le personnage principal n'avait pas cette naïveté et ce désordre mental qui le rendent si attachant.



En effet, le professionnalisme de Mark Whitacre est assez… remarquable.
En effet, le professionnalisme de Mark Whitacre est assez… remarquable.
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Sérieux et consciencieux, Mark Whitacre, cadre supérieur d'un géant américain de l’industrie agroalimentaire, a dénoncé au FBI un vaste système d’entente sur les prix entre son employeur et ses concurrents. D’abord séduit voire stupéfait par l’ampleur des révélations de leur taupe, le FBI va rapidement s’apercevoir qu’il doit également faire face à un élément de taille : la personnalité lunatique de leur informateur dont les renseignements seront pour le moins confus voire contradictoires, laissant même apparaître que l’homme n’est peut-être pas si innocent qu’il n'y paraît …

Malgré une histoire peu originale, The Informant ! repose sur une belle trouvaille narrative, qui consiste à mettre en parallèle l'action proprement dite et le commentaire mental du personnage principal : souvent hilarant, le montage joue à fond la carte du contraste entre la voix-off omniprésente qui nous fait partager les pensées de Mark Whitacre, le plus souvent sans le moindre rapport avec la situation présente, et le propos sérieux du sujet. On reconnaît le style de Soderbergh qui a un goût prononcé pour le second degré et l'autodérision.

Le jeu de Matt Damon est irréprochable. Avec une quinzaine de kilos en trop, une perruque aux allures de soufflé, des lunettes rectangulaires et une moustache démodées, l’acteur se métamorphose à merveille en Mark Whitacre et trouve le ton juste et les expressions du visage parfaites pour un personnage mythomane et fourbe mais d'une totale naïveté. Quant au FBI, ridiculisé comme jamais, ne semblant pas se méfier plus que ça d’un type qui, malgré la trahison envers son entreprise, espère encore obtenir une promotion, il ne sort pas grandi de cette affaire. Bref, si l'on rit, c'est bien de l'aspect ironique de la situation !

Voulant tenir le spectateur en haleine et lui faire éprouver les mêmes sentiments d’incrédulité et d’incompréhension que le FBI, Steven Soderbergh ne dévoile que peu à peu la vraie nature du personnage principal. Il a en effet tendu le mécanisme de cette comédie d'espionnage industriel sur deux ressorts : l'ambiguïté du récit et le twist ending, cette fin surprise qui conduit à relire tout le film sous un angle inattendu. A travers ce personnage maniaco-dépressif qui embrouille tout le monde (dont le spectateur) parce qu'il est lui-même embrouillé, c'est bien la paranoïa américaine que dénonce Soderbergh.

Sarah.











Angers Mag