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Thylacine, espèce en voie d’apparition


Rédigé par - Le Jeudi 23 Avril 2015 à 07:47


C’est l’une des révélations de la scène électro, ces deux dernières années : à 23 ans à peine, William Rezé – alias Thylacine – multiplie les projets et impose son univers sur les scènes des plus gros festivals français. Bien plus que le « tube du moment », l’Angevin incarne l’artiste de demain. Comme un symbole, il sera vendredi soir sur la scène du Printemps de Bourges, un an après avoir électrisé celle des Inouïs, le tremplin de l'événement...



William Rezé, alias Thylacine (ici au Quai), se produira demain soir vendredi sur la scène du Printemps de Bourges, avant d'enchaîner gros festivals et expériences sonores dans les mois qui viennent.
William Rezé, alias Thylacine (ici au Quai), se produira demain soir vendredi sur la scène du Printemps de Bourges, avant d'enchaîner gros festivals et expériences sonores dans les mois qui viennent.
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Regard bleu perçant, bonnet vissé sur la tête, William Rezé arrive à l’heure, voire en avance. Comme un symbole. Rendez-vous a été pris au Bar du Quai… entre deux vols : quelques jours plus tard, Thylacine – le nom de son projet artistique – se produit à Monterrey au Mexique, avant de rejoindre la délégation angevine au South by Southwest (SXSW) d’Austin, puis New York.

Ce vendredi, il sera au Printemps de Bourges, puis à la Gaieté Lyrique à Paris, pour un show 360° imparable avec sa complice, la VJ (pour video-jockey) Laetitia Bely. La suite ? Francofolies, Vieilles Charrues, Solidays, Montreux. Que du lourd, en somme : l’électro de Thylacine, 23 ans, fait son chemin à vitesse grand V dans le microcosme musical et s’impose déjà comme une référence de l’électro.

Pas celle qui finit par vous faire saigner les tympans, à force de basses survitaminées ; celle, teintée de pop, de jazz ou de classique, c’est selon, qui vous prend la main sans en avoir l’air et vous emmène dans un ailleurs, renvoie à des sentiments universels. Thylacine, c’est une invitation au voyage. C’est vrai à l’écoute de ses EP –dont le dernier, « Exil », est sorti en début d’année- mais c’est bien sur scène, en live, avec une proposition sonore et visuelle à chaque fois singulière, que le bonhomme a explosé… alors que rien ne l’y prédisposait : « Mon truc, c’était de composer, je voulais faire des musiques de films. Un peu ermite, je fais les choses dans mon coin », explique William. « Mon premier concert avec Thylacine, c’était au T’es rock coco, en octobre 2012. Je suis quelqu’un d’extrêmement perfectionniste et j’étais très stressé. J’ai fini dans un état de fatigue extrême ».
« Je fais de la musique pour moi, il faut avoir cette dynamique-là : le contraire n’est pas bon signe, même si le risque existe de s’y perdre »

On l’imagine un brin « speed », emporté par la lame de fond du succès. C’est tout le contraire : le ton est posé, disponible, sincère. Et lucide. « Je n’ai pas du tout l’impression que tout arrive du jour au lendemain », explique l’ancien élève des Beaux-Arts d’Angers, là où tout a commencé.

Avant, il y a eu Montreuil-Juigné, les débuts musicaux –lui au saxo, sa sœur au violon, les premiers groupes de rock, ou dub/ska- mais rien qui ne le singularise vraiment des autres adolescents. Il voulait être zoologiste… il est devenu Thylacine, du nom de ce loup de Tasmanie aujourd’hui éteint.

Là où beaucoup se perdent, William a trouvé aux Beaux-Arts un terreau pour s’épanouir. « C’est une école assez individualiste par essence, mais c’est là où j’ai appris à travailler les choses très profondément pour en maîtriser tous les aspects. Là-bas, on casse tes repères et tu repars de zéro, pour donner le meilleur de toi-même. Les Beaux-Arts, c’est le moment où j’ai switcher, où je suis devenu hyper straight, avec ce côté entrepreneur qui ne m’a pas quitté ».

William écoutait peu d’électro, il s’y jette pourtant à corps perdu, « parfois jusqu’au limites physiques » dans l’expression de ce qui l’anime, de ce qu’il ressent, scotché derrière ses machines.
Etonnant artiste que ce tout jeune homme, replié sur lui-même à l’heure de composer mais qui se donne jusqu’à l’épuisement pour embarquer son public. Solitaire, mais dont la plus grande fierté est d’avoir su s’entourer comme il le fallait.

Etonnant artiste que ce tout jeune homme, replié sur lui-même à l’heure de composer mais qui se donne jusqu’à l’épuisement pour embarquer son public. Solitaire, mais dont la plus grande fierté est d’avoir su s’entourer comme il le fallait. « J’ai mis dès le début sur une liste tout ce qu’il fallait mettre en place pour éviter au maximum le côté buzz. Et l’entourage, c’est fondamental », explique William, pur DIY (pour Do It Yourself).

Tourneur, éditeur, partenaires, collaborateurs, il s’est envolé vers Paris pour structurer et nourrir le projet Thylacine. D’abord pour lui. « Je fais de la musique pour moi, il faut avoir cette dynamique-là : le contraire n’est pas bon signe, même si le risque existe de s’y perdre ».

Egocentré, William ? Non, car tout ce qu’il entreprend favorise le voyage, la rencontre, l’échange. Il vient de terminer un projet de pièce interactive au Centre Georges-Pompidou, avec des ateliers pour les enfants, « pour voir la façon dont on peut reproduire le son ». Dans quelques semaines, il montera à bord du transsibérien –comme tant d’autres artistes avant lui – et livrera 10 jours plus tard, à sa descente du train, le fruit de son travail…

Thylacine, un loup solitaire en quête de nouveaux territoires.

Bio Express
1992. Naissance à Angers, puis enfance à Montreuil-Juigné
1998. Débute le solfège et le saxophone
2011. Entrée aux Beaux-Arts d’Angers
octobre 2012. 1er concert de Thylacine, au T’es Rock Coco, à Angers
2014. Se produit aux Transmusicales de Rennes
2015. Thylacine  sort son 3e EP, « Exil ». Il se produira dans tous les gros festivals de l’été.

Thylacine fait partie des 12 artistes de l'équipe "Espoirs Chabada Angers 2015" , dont Angers Mag est partenaire.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur











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