ThyssenKrupp : solutions alternatives et salariés en ordre de marche


Rédigé par - Angers, le 11/10/2014 - 08:38 / modifié le 26/10/2014 - 10:57


Deux semaines après l'annonce de la suppression de 258 postes chez ThyssenKrupp (Saint-Barthélémy d'Anjou), la résistance s'organise, tant au niveau des syndicats que parmi les salariés. Alors que la procédure précédant le Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) s'engagera dans quelques jours, les organisations syndicales ont présenté à la direction des solutions alternatives, visant à maintenir, notamment, un site de production à Angers.



A l'usine bartholoméenne de ThyssenKrupp, la résistance s'organise : pas question de voir disparaître 258 emplois sans se battre.
A l'usine bartholoméenne de ThyssenKrupp, la résistance s'organise : pas question de voir disparaître 258 emplois sans se battre.
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Le coup porté a été rude, mais pas (encore ?) fatal. Sonnés, comme l'ensemble des acteurs économiques du territoire, par l'annonce de la suppression de 258 postes au sein de leur usine ThyssenKrupp, à Saint-Barthélémy d'Anjou, les salariés de l'ascensoriste ont bien vite relevé la tête, et décidés de se battre pou préserver leurs emplois en même temps qu'une unité de production en terre angevine.

Tout au long de la semaine, les murs de l'usine se sont parés de grands affichages appelant à la survie de l'activité. "C'est une question de dignité", souligne Pascal Bouet, secrétaire CGT du Comité d'entreprise. "Lors des débrayages infos que nous organisons, nous insistons sur le fait que chacun des salariés se prenne en main et se batte pour les emplois". Un message qui porte ses fruits puisqu'à l'intérieur même de l'unité de production, les murs se sont recouverts de plusieurs dizaines de portraits de salariés... prêts à en découdre.

Mais la survie de l'usine de production de Saint-Barthélémy se joue également, et surtout, au niveau syndical. De ce point de vue, la semaine qui se termine est porteuse d'espoirs pour l'ensemble des salariés, engagés avec la direction dans un "rapport de force", note Pascal Bouet. Mardi, lui a rejoint l'Allemagne pour une première réunion avec les syndicats espagnols et allemands, là où ThyssenKrupp dispose d'autres sites de production, sur le "segment" ascenseur.

Travail en synergie à l'échelle du groupe

Au centre des discussions, l'analyse du rapport rendu par un expert indépendant, à la fin du mois de septembre, sur les alternatives possibles au projet de restructuration porté par la direction à Angers. "Le rapport relève deux alternatives", détaille Pascal Bouet. "La première concerne les produits qu'on ne fabrique plus, qui ont été externalisés car ils ne constituaient plus, selon la direction, notre cœur de métier. Leur réinternalisation permettrait de recharger les usines et, à moyen terme, de refaire des résultats sur les sites de production".

Présentée mercredi au directoire de Thyssen Ascenseurs, cette solution de réintégration des anciens produits a été largement contestée par les dirigeants, pour des raisons financières. "L'expert a pourtant travaillé sur des hypothèses hautes et basses", glisse Pascal Bouet.

Le directoire s'est montré moins tranchant sur la seconde alternative présentée par l'expert, qui consiste à "travailler en synergie avec d'autres segments de ThyssenGrupp. Le patron des patron, Heinrich Hiesinger, l'appelle même souvent de ses vœux, mais il ne le met pas en pratique !" souligne Pascal Bouet. "Le segment Material Services, qui s'occupe de la transformation de la tôle, a une production très importante et n'est pas en capacité de l'assurer en interne. Le réacheminement d'une partie de cette production vers les sites allemands, espagnols ou français est une solution. Cela mérite évidemment un minimum d'investissement sur nos sites de production, mais la direction a le choix entre prendre le risque d'un plan de restructuration qui va coûter très cher ou la pérennisation de sites de production à long terme..."

La pression à tous les niveaux

Le directoire avance, selon Pascal Bouet, qu'il a pris contact avec l'expert pour en discuter, et que cela peut prendre "10 à 12 mois. Le problème, c'est que la procédure préalable à la mise en place du Plan de sauvegarde et le PSE lui-même, c'est 9 mois. Ce que nous avons demandé, c'est donc la suspension du PSE pour donner une possibilité à chacun d'analyser les alternatives. Maintenant, ce n'est pas nous qui prenons les décisions", poursuit le syndicaliste, avant de conclure : "Il faut qu'on continue à exercer des pressions à tous les niveaux de l'usine angevine à la direction générale du groupe".

Mardi 14 octobre, un débrayage est ainsi prévu à Saint-Barthélémy, à l'occasion du Comité central d'entreprise qui lance la procédure antérieure au PSE. Et du 21 au 23 octobre, au siège du groupe à Essen (Allemagne), "nous manifesterons notre présence lors du Comité de groupe européen", affirme Pascal Bouet.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








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