Thyssenkrupp, la CGT veut croire au maintien de la production


Rédigé par - Angers, le 26/11/2014 - 07:00 / modifié le 26/11/2014 - 09:18


Près de deux mois après l'annonce d'un plan de 258 suppressions d'emplois chez le fabricant d'ascenseurs à Saint-Barthélémy-d'Anjou, la première organisation syndicale du site sort de son silence pour étayer sa volonté d'y maintenir une production. Selon elle, les premiers retours d'expertises en montrent la faisabilité.



Thyssenkrupp, la CGT veut croire au maintien de la production
la rédaction vous conseille
Ni grève, ni manifestation, ni action coup de poing... Depuis l'annonce il y a deux mois du projet de réorganisation du site industriel angevin de ThyssenKrupp Elevator Manufacturing France (TKEMF), la filiale industrielle française du troisième fabricant mondial d’ascenseurs, c'est bien en toute discrétion que s'est organisée la résistance des salariés de l'usine bartholoméenne.

Portée par l'organisation majoritaire du site - la CGT - si prompte parfois dans ce secteur de la métallurgie, à des choix de lutte autrement plus radicaux, la stratégie tient autant aux hommes qu'à l'objectif final : "Montrer que nous pouvons être force de proposition pour maintenir de la production sur notre site" répète Pascal Bouet, délégué syndical CGT et secrétaire du Comité d'entreprise.

Aussi, pour parvenir à ses fins, le syndicat mise-t-il sur un travail d'analyse et sur le temps, et ce malgré l'accélération inéluctable de la négociation autour du Plan de sauvegarde de l'entreprise, censé entériner les 258 suppressions d'emplois (sur 450) programmées sur le site industriel. Cette négociation reprend ce mercredi même. "Il n'a pas encore été question de prime supra-légale" glisse simplement Pascal Bouet, discret sur ce point. Logique. Comment défendre crédiblement en effet l'idée d'une alternative possible au projet de la direction de Thyssen, en s'attardant sur les conditions d'accompagnement de licenciements qu'on aimerait avant tout éviter ?

Pour sinon les éviter, au moins les limiter, la CGT a trouvé matière à réconfort dans les premier éléments d'expertise que son cabinet "maison" - la Secafi - lui a livrés. Selon ce cabinet, qui devrait rendre son rapport définitif "dans la deuxième quinzaine de janvier", l'abandon de la production de la gamme "résidentiel-économique" produite à Saint-Barthélémy, ne serait pas une bonne idée. "Ce sont des appareils moyen de gamme dont les perspectives sont intéressantes si l'immobilier repart à la hausse. Si le projet de la direction est validé, cette production n'existera plus ou sera partagée entre les sites allemand ou espagnol, voire sous-traitée" indique Pascal Bouet.

Une manifestation à Angers le 13 décembre

Pascal Bouet.
Pascal Bouet.
Pour la CGT, tout l'enjeu est de ramener un peu de production sur le site angevin, en attendant cette reprise de la construction immobilière. Une possibilité évoquée par une autre expertise, allemande cette fois-ci, diligentée par le comité de groupe de Thyssenkrupp, précise le syndicat. "L'idée serait d'engager le segment Matériel-services du groupe et de ramener de l'activité de tôle en Anjou" prolonge Pascal Bouet. Pourquoi ne pas faire travailler les deux experts ensemble sur ce sujet ? La CGT pose la question.

Une semaine après la présentation des résultats 2013-2014 (1) du groupe sidérurgiste allemand, l'organisation syndicale estime que la maintien d'une production à Saint-Barthélémy relève plus d'une question de volonté que de finances. "Thyssenkrupp a renoué avec les bénéfices, ce n'est pas non plus un groupe en désuétude. A un moment donné, on se pose des questions : est-ce qu'il faut fermer des boîtes pour faire des bénéfices ?" glisse Pascal Bouet.

Reste à faire valoir ses arguments auprès de la direction du conglomérat, de toute évidence, la seule à même de revoir le projet de réorganisation de son site angevin. Si là encore, la CGT semble préfére la discrétion, elle annonce l'organisation d'une action sur Angers avec les salariés et leurs familles le samedi 13 décembre prochain. Une manière d'attirer de nouveau l'attention des Angevins et de se rappeler au souvenir des élus locaux.

"L'usine a connu une période d'énormes tensions après l'annonce du plan. Les salariés ne parlaient plus que de ça", rapporte Pascal Bouet. Comme une grève qui ne dit pas son nom, la production s'est mise en sommeil et il a fallu, toujours selon la CGT, une négociation spécifique pour remobiliser le personnel. Par référendum, la majorité des employés de Thyssen ont accepté une prime de 295€ brut mensuel d'ici à juin, pour répondre à des objectifs de production fixés par la direction. Preuve, comme une autre, qu'entre les deux parties, le dialogue n'est pas rompu. Mais qu'il a manifestement un prix.

(1) 210 millions d'euros de bénéfice net et une progression de 7% de ses revenus à 41,4 milliards d'euros.




Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur








Angers Mag















Angers Mag : Le Bastringue Général, collection automne-hiver à Montreuil-Juigné: A la fois marché de... https://t.co/wSJrT0YxQH https://t.co/uk6Li4S9nu
Jeudi 8 Décembre - 09:22
Angers Mag : Pourra-t-on un jour revendiquer le "droit au bonheur" devant les tribunaux ?: Avec cette... https://t.co/QpibQ65W2u https://t.co/6akmJkPlta
Jeudi 8 Décembre - 07:56
Angers Mag : A Coutures, les maternelles s’activent: Dans sa classe de l’école maternelle publique de... https://t.co/bJ1C27TEZX https://t.co/HH0RAzp80Q
Jeudi 8 Décembre - 07:46
Angers Mag : Au comptoir de Mathilde... et de Catherine: Depuis la fin du mois d'octobre, la rue... https://t.co/wkV9xA1N3F https://t.co/6yuEQFFF5o
Mercredi 7 Décembre - 08:00


cookieassistant.com