Tinariwen, le blues aux semelles de vent


Rédigé par Cyrille GUERIN - Angers, le Dimanche 23 Février 2014 à 08:26


Le Chabada accueille mercredi Tinariwen. Double événement puisqu'entre la salle angevine et la formation touareg, c'est une longue histoire entamée en 99. Mais c'est surtout ici, à Angers, que la tournée mondiale Emmaar, du nom de leur dernier album, se lance. L'occasion de vérifier, une fois de plus, qu'aucun Homme n'est une île. Que nous sommes des oiseaux, portés par le vent.



Tinariwen, le blues aux semelles de vent
la rédaction vous conseille
Pendant que certains, beaucoup, trop, pour des raisons fumeuses, aujourd'hui dans la (vieille) Europe, réinstallent des frontières par voie référendaire. Plus sournoisement, tandis que d'autres braimstorment dans des universités, des cafés, des opuscules douteux, des journaux haineux ou au cours de débats télévisés interminables et stériles sur la sacro-sainte identité française (la baguette qu'Il rompit et les fromages qui puent, un peu quand même), d'autres Hommes issus de contrées tellement moins privilégiées, si peu gâtées et en proie au chaos, au vrai, tentent de rapprocher les êtres. De s'expatrier tout en restant en connexion avec leur matrice. Ces gens-là ont des racines. Ils ont aussi des ailes.

Ainsi, si l'ornithologie, en 2014, a mauvaise presse en France comme dans ses pays voisins, voire, pour les membres de Tinariwen, bien qu'au cœur de leurs chants ou de leurs discours ils ne soient pas dupes, cette problématique faisandée de l'isolement, du quant-à-soi, de la claustration auto-complaisante et suicidaire à terme n'a pas lieu d'être. "Nous habitons partout", lançait doucement mais comme une évidence, Eyadou ag Leche, bassiste du groupe, mercredi dernier au Chabada.

Une K7 à la main, l'une de celles qui circulaient à Kidal, là où fut capté, avec les moyens du bord, "Radio Tisdas", le premier disque. K7, donc. Et Converse aux pieds, comme celles que portaient les Strokes circa 2001. K7 et Converse, voilà qui résume bien l'état d'esprit des auteurs de "Emmaar", dernier né de ces blues-folkeux du désert. Tradition et modernité. Sans clivage -ça change!

"Pour des raisons géo-politiques, nous n'avons pas pu enregistrer "Emmaar" chez nous", indique a Leche. Chez eux, c'est le Mali. Et sauf à en être rendu à l'état d'ermite, nul n'ignore que là-bas, la situation est quelque peu houleuse. Lui et ses amis, membres fondateurs comme les petits nouveaux -un joli contrat de génération dont certains devraient s'inspirer, ont donc trouvé un compromis. "Nous voulions revenir au son des débuts, à des sonorités plus épurées".

Josh Homme, Flea et Grammy Award

Car, entre lesdits débuts et la parution récente d' "Emmaar", cinq LPs ont vu le jour et la notoriété est allée croissante. Jusqu'a décrocher le Grammy du meilleur album de world music pour "Tassilli" en 2011 - une récompense indirecte pour Angers, la chose ayant été produite par Jean-Paul Romann des Lo'Jo. Aussi, début 2013, la troupe a-t'elle décidé de s'envoler pour le désertique Joshua Tree, en Californie.

Un lieu mythique popularisé par U2 et Daniel Lanois au mitan des années 80. Là, à Joshua Tree, Tinariwen a, à la faveur de rencontres effectuées lors des tournées précédentes, jammé avec le fabuleux Josh Homme des Queens Of The Stone Age, partagé le micro avec Saul Williams. "Flea des Red Hot m'ayant offert sa basse, il apparaît donc un peu dans l'album", signale Eyadou.

A l'arrivée, "Emmaar" est tout sauf un album de casting, le produit d'un supergroupe ultramarketé qui ne dirait pas son nom -Vance Powell, proche de Jack White était aux manettes. Patrick Votan, manager d'Eyadou et se amis depuis six ans : "Ce n'est pas un groupe de fans, les collaborations se sont faites spontanément". Emprunt d'un certain psychédélisme propre à la culture anglo-saxonne, "Emmaar" n'en oublie pas pour autant les origines de ses musiciens.

Peu de chance donc, ce mercredi, de voir débarquer sur scène un guest prestigieux. Cela dit, "nous sommes spécialement fiers d'accueillir à nouveau Tinariwen", lâche Fançois Delaunay, gardien du temple Chabada. "Ce concert (précédé d'une résidence, ndr) renoue avec les liens tissés avec le groupe en 99". A l'époque, ce sont les Lo'Jo qui avaient adoubé la formation alors nommée Azawad, Ils étaient repassés par Angers en 2007.

Sept ans plus tard, c'est ici que les six Tinariwen mettront sur orbite leur tournée mondiale. "On travaille sur une formule plus collective et plus dynamique", informe leur manager. Et d'ajouter qu'"il y aura plus de changements de plateaux". Il ne faut pas s'attendre cependant à "un show pyrotechnique". Qu'importe : il y a des traversées du désert salutaires. Qui méritent d'être vécues.

PRATIQUE : Mercredi 26 février à 20h45, au Chabada / Tarifs entre 12 et 20 euros
. www.lechabada.com












Angers Mag












Angers Mag : #JPEL "Contre le complotisme, on ne peut pas enrayer tout (...) Mais on peut entraîner les cerveaux." 👏👏JB Schmidt… https://t.co/6pn23fJUHD
Vendredi 9 Décembre - 15:01
Angers Mag : L'indépendance, un état d'esprit ? #Angers Mag bien chez soi à la journée de la presse en ligne à Paris. #JPEL https://t.co/EpAgR2dt6N
Vendredi 9 Décembre - 12:17
Angers Mag : #Angers Le dessin du mois de décembre signé Fañch Juteau #prevention #VIH https://t.co/J3CxFCf8FC https://t.co/oAZR7nNURX
Vendredi 9 Décembre - 12:01
Angers Mag : #Angers Le dessin du mois de septembre signé Fañch Juteau #accrochecoeurs https://t.co/J3CxFCf8FC https://t.co/Jkrkty2UMe
Vendredi 9 Décembre - 10:51







cookieassistant.com