Tokyo Sonata, ou l'histoire d'une famille au Japon...


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Dimanche 5 Avril 2009 à 20:03


Tokyo Sonata dresse le portrait d'une famille japonaise ordinaire, ancrée dans les traditions et les valeurs propres au Japon. On y retrouve un père de famille, victime de l'économie actuelle, licencié sans préavis et qui décide, pour conserver son autorité, de le cacher au reste de sa famille. Le fils aîné qui, toujours absent, décide de se battre aux côtés de l'armée américaine, et le plus jeune, qui décide de suivre son rêve et prend des cours de piano en secret. Toute cette famille, vue notamment à travers les yeux de la mère, sera une simple spectatrice impuissante face à sa destruction progressive.



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Le point commun entre ces personnages ? L'envie de renouveau, un changement dans leur vie. Chaque petit élément, même anodin, même bénin, émet une brève lumière, un bref espoir, qui irradie le foyer et sublime les visages. Ces brefs événements déclencheurs leur ouvrent une issue, à travers laquelle ils s'enfoncent et n'en reviennent pas toujours. La première scène est d'ailleurs révélatrice de tout cela ; un lent travelling montre la mère, qui ferme la fenêtre car dehors, la tempête fait rage. Malheureusement, ce geste ne pourra pas empêcher les orages internes au domicile.

Malgré le titre qui renvoie automatiquement à l'univers musical, le film de Kiyoshi Kurosawa est tout sauf continuellement bercé par les mélodies. Le ton est ainsi donné : rien ne doit être pris à la légère, l'atmosphère est grave, impalpable. Les plans sont larges, distants de ces personnages qui vivent et se heurtent aux valeurs fondamentales japonaises, à savoir l'autorité patriarcale, la valeur du travail et la structure familiale.

Toutes ces valeurs se détruisent, tous les liens entre les personnages semblent se défaire. La gravité tragique en est presque choquante, et pourtant, la scène finale est gorgée d'une mélodieuse lueur d'espoir, avec l'accomplissement du rêve du jeune enfant. De la crise à l'espoir, le spectateur n'est pas ménagé, mais reste submergé par l'ingéniosité des plans, artistiques à souhait, qui signent avec virtuosité un film bouleversant de vérité.

Laëtitia.











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