"Trahisons" au NTA : "La pièce interroge l'amour de manière différente"


Rédigé par - Angers, le Mercredi 29 Octobre 2014 à 09:00


Donnée un mois durant au Théâtre du Vieux-Colombier, "Trahisons", d'Harold Pinter, mise en scène par Frédéric Bélier-Garcia, débarque au Quai, à Angers, pour deux représentations exceptionnelles (mais déjà complètes !). Au générique, les comédiens du "Français", Denis Podalydès, Laurent Stocker, Léonie Simaga et Christian Gonon.



Léonie Simaga et Denis Podalydès (Comédie-Française) campent avec Jerry -joué par Laurent Stocker- le trio amoureux de "Trahisons". © Cosimo Mirco Magliocca / coll. Comédie-Française) – Photo Sébastien Aubinaud
Léonie Simaga et Denis Podalydès (Comédie-Française) campent avec Jerry -joué par Laurent Stocker- le trio amoureux de "Trahisons". © Cosimo Mirco Magliocca / coll. Comédie-Française) – Photo Sébastien Aubinaud
la rédaction vous conseille
Invité par Antoine Boussin, le patron de la librairie Richer, à parler de son métier et de son engagement en public, le directeur du NTA, Frédéric Bélier-Garcia a largement évoqué sa mise en scène de "Trahisons", d'Harold Pinter. Extraits choisis...

Pourquoi Pinter ?

"C'est le fruit d'une discussion avec Muriel Mayette (administratrice générale de la Comédie-Française jusqu'au début du mois d'août 2014). Ça faisait un moment qu'elle voulait que je travaille avec le "Français". Après plusieurs refus, des deux côtés, elle m'a proposé de monter Pinter. Je lui ai répondu "oui", à condition de choisir la pièce."

Pourquoi "Trahisons" alors ?

"Parce que c'est ce qui me plaît, une pièce à part dans son œuvre. Si on prend la métaphore du patinage artistique, c'est une sorte de figure imposée par rapport aux figures libres. Il y a chez Pinter un goût de la bizarrerie, on ne comprend pas forcément bien ce qui se passe entre les êtres. Ça, ça ne m'intéresse pas plus que ça en tant que metteur en scène. "Trahisons", c'est autre chose : c'est sa pièce sur l'amour. Avec une histoire classique de trio amoureux qu'il déconstruit avec son souffle, son génie."

Qu'est-ce qui fait la singularité de cette pièce ?

"Le procédé utilisé par Pinter. La construction chaotique de la pièce est singulière, qui la fait partir de l'aveu, pour revenir à la faute originelle. Le suspense ne porte donc pas sur ce qui va se passer, mais sur l'origine des trahisons. Le procédé interroge l'amour d'une manière totalement différente de l'usage habituel. En construisant sa pièce à l'envers, on peut imaginer qu'il remonte vers des sentiments plus clairs, mais au contraire, plus on avance, moins ça devient clair, plus ça devient curieux."

"Chez Pinter, tout est dans les silences"

Frédéric Bélier-Garcia, metteur en scène, est le directeur du NTA. (Photo Sébastien Aubinaud).
Frédéric Bélier-Garcia, metteur en scène, est le directeur du NTA. (Photo Sébastien Aubinaud).
C'est aussi une pièce à la force comique ?

"Oui, Pinter utilise les ressorts comiques du théâtre bourgeois. Mais on rit de manière différente. On rit de nous, de ces trois êtres qui vont au désastre tout en essayant de s'épargner. C'est fascinant de voir comment la fonction de trahison circule entre ces trois personnes. D'ailleurs, chaque comédien vous dira que c'est lui la victime !"

C'est compliqué de jouer et de mettre en scène Pinter ?

"Déjà, c'est un auteur qui n'est pas tant monté que ça en France. C'est la première fois qu'on joue Pinter à Angers, en tout cas au NTA, et la première fois, par exemple, que Podalydès interprète l'auteur anglais. La difficulté pour les comédiens, c'est la langue quotidienne et maigre utilisée par Pinter. Au tout début, en plus de la traduction française, on s'est intéressé au texte anglais originel. Quand on lit "Trahisons" en anglais, on a l'impression d'être bilingue, car c'est une langue très "pauvre". Chez Pinter, c'est une langue "trouée", tout est dans les silences. Il s'y joue plus de choses que dans les paroles. C'est écrit comme une partition, avec une valeur et une durée des silences."

"Trahisons" d'Harold Pinter, mise en scène de Frédéric Bélier-Garcia, les jeudi et vendredi 30 et 31 octobre, au Quai d'Angers. Places disponibles le soir-même, en fonction des désistements.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








Angers Mag












Angers Mag : Séance critique : "Ma'Rosa" de Brillante Mendoza: Dans Séance critique, deux fois par... https://t.co/UXYZ0kjrdt https://t.co/JrsEK1vwBv
Samedi 10 Décembre - 11:00
Angers Mag : « Ces pédagogies ne sont pas ignorées »: Et l’Education Nationale ? Quel regard... https://t.co/JnPQWXILNL https://t.co/5glkXOM6T3
Samedi 10 Décembre - 07:45
Angers Mag : #JPEL "Contre le complotisme, on ne peut pas enrayer tout (...) Mais on peut entraîner les cerveaux." 👏👏JB Schmidt… https://t.co/6pn23fJUHD
Vendredi 9 Décembre - 15:01
Angers Mag : L'indépendance, un état d'esprit ? #Angers Mag bien chez soi à la journée de la presse en ligne à Paris. #JPEL https://t.co/EpAgR2dt6N
Vendredi 9 Décembre - 12:17







cookieassistant.com