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Angers

Tramway : inauguration sur fond de conflit social


Rédigé par - Le Samedi 25 Juin 2011 à 13:48


Angers - Ils l’avaient promis, ils l’ont fait. Les syndicats des chauffeurs de bus et de tramway de la société Kéolis Angers, exploitant du réseau IRIGO, ont bloqué ce matin les premières rames, celles réservées aux officiels, perturbant ensuite l’inauguration par des jets d’œufs et des sifflets. Les angevins, dans leur ensemble, ont qualifié ce mouvement de scandaleux.



Les manifestants bloquant une rame du tramway, place du Ralliement
Les manifestants bloquant une rame du tramway, place du Ralliement
Comme on pouvait s’y attendre, suite à la fin de non-recevoir de la Direction de Kéolis, essuyée en cours de semaine par les syndicats, les grévistes sont passés à l’action très tôt ce matin, installant une rame sur la place du Ralliement, sur laquelle ils ont lancé des œufs et en bloquant le départ des officiels depuis la station Jean Moulin.

« La modification du réseau et des horaires entrainent des contraintes supplémentaires qui méritent une reconnaissance de Kéolis. Mais la Direction ne nous écoute pas », déclaraient ce matin deux représentants syndicaux Xavier DUPEYROUX (CGT) et Thierry PATUREAU (Sud). « 80 % des conducteurs sont en grèves pour obtenir une prime substantielle, et non pas une prime qui couvre l’inflation, ainsi qu’un 13e mois », revendiquaient les manifestants. « Nous sommes conscients que nous gâchons la fête, mais c’était aujourd’hui ou jamais », poursuivait-ils bien décidés à perturber l’inauguration officielle, surtout devant les télévisions.

De source syndicale, le salaire moyen d’un conducteur de bus et de tram serait de 1700 € au bout de 15 ans de carrière, auquel s’ajoutent des primes. « Nous avons touché une prime d’intéressement de 10€ par mois, ce n’est rien compte tenu des 13 millions d’Euros de bénéfice de l’entreprise », déclarait un syndicaliste.

Du coté du public, venu en nombre pour l’inauguration on n’accepte pas la prise en otage de « leur tramway ». « C’est un scandale, c’est une honte, avec les salaires que vous avez, c’est indécent. Montrez-nous votre fiche de paye », criaient des badauds excédés. En plusieurs endroits de la place du Ralliement, au pied de la tribune officielle, des altercations entre public et manifestants ont éclaté, calmées par les représentants des syndicats.

Visiblement choqué, le Maire d’Angers Jean Claude ANTONINI à tout de même pris la parole, sans état d’âme pour les manifestants : « Nous y sommes ! » s’est-il écrié, sifflé par les manifestants dont certains, au risque de blesser un spectateur, lançaient des œufs et surtout des pétards. « C’est un mouvement inacceptable, je laisse les Angevins en juger », poursuivait le Maire en les remerciant pour leur patience et leur civisme. Il a également salué les entreprises, sans oublier le personnel de la mission tramway et de la communication de la Ville d’Angers, ainsi que ceux qui l’ont accompagné dans cette réalisation : Raymond Perron (très applaudi), André Despagnet, Bernadette Caillard-Humeau et notamment Jacques Landreau, le directeur de la mission tramway, ovationné par la foule et son personnel. « Cette victoire est collective, c’est pourquoi je n’oublierais pas les équipes de Kéolis ».

Le Député-Maire d’Avrillé, Marc LAFFINEUR, s’est également exprimé en affirmant que l’agglomération angevine entrait enfin dans le XXIème siècle. Le mot de la fin est revenu à Jacques AUXIETTE, président de la Région des Pays de la Loire : « Le transport collectif est un service public, financé à 70% par les contribuables. C’est donc votre tramway », a-t-il lancé aux Angevins très nombreux sur la place du Ralliement. « Je souhaite qu’il y ait un dialogue social dans ce pays, mais aussi que le respect soit réciproque entre les différentes organisations ».

Les manifestants qui ne comptent pas en rester là et prévoient d’autres actions en septembre prochain, ont toutefois pris acte des discours et décidé de clore leur mouvement pour laisser la fête aux Angevins.





Yannick Sourisseau
Responsable de publication et rédacteur en chef, assure le suivi technique du journal et son... En savoir plus sur cet auteur

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