Trois « monstres sacrés » sur la scène du Festival d’Anjou


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le 09/07/2010 - 16:36 / modifié le 10/07/2010 - 10:27


Seul le Festival d’Anjou est capable de faire partager une telle émotion. Hier soir l’esprit des trois poètes des années 60, Brassens, Ferré et Brel, était bien présent sur la scène du théâtre de la Perrière, à Avrillé (Angers), dans le cadre du concours des Compagnies du Festival d’Anjou. Le public était aux anges au point de regretter que cette évocation mise en scène par Aurore Ly fût si courte.



Trois « monstres sacrés » sur la scène du Festival d’Anjou
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Merci Monsieur Briançon de nous avoir fait partager autant d’émotion », disait un spectateur en sortant de « Brassens, Brel, Ferré ou l’interview » présenté ce jeudi sur la scène de la Perrière. Le rendez-vous unique du 6 Janvier 1969, jour où les trois poètes se sont rencontrés, à l’invitation du journaliste François-René Christiani du magazine « Rock’n folk » et la radio RTL , n’a pas pris une ride, tant dans l’atmosphère, les textes et les personnages plus vrais que nature, campés à la perfection par Erwan Coutiaux (Brel), Alain Lagneau (Brassens), Alain Pretin (Ferré) et Gildas Loupiac (le journaliste).

Puisqu’il s’agit d’une évocation du rendez-vous des trois plus grands poètes de l’après guerre, la durée à été réduite à une heure, la rencontre initiale ayant duré deux bonnes heures. Pour les plus jeunes qui en ont vaguement entendu parler, ou les plus vieux qui ont vécu cette rencontre d’anthologie, tous ont eu l’impression de faire un bond de quarante années en arrière, en cette période post 68, où ces trois là incarnaient la liberté, l’insolence et la révolte.

Brassens toujours aussi bourru avec son éternelle pipe, Ferré avec ses tics prêt à s’envoler à la moindre phrase et Brel l'écorché vif, étaient comme on pouvait les imaginer, fumant cigarette sur cigarette, tapant la pipe sur la table (Brassens), ou buvant bière après bière (Brel). L’entretien immortalisé par le photographe Jean-Pierre Leloir a dû se dérouler dans un nuage de fumée, il en était de même à Avrillé, rendant cette évocation encore plus crédible. A cela s’ajoutaient de gros nuages noirs et un orage menaçant. « Lors de l’interview d’origine, je crois qu’il pleuvait », disait un technicien.

Cette reconstitution, même raccourcie n’était pas des plus faciles à mettre en œuvre, surtout lorsque l'on choisi de donner au public l’impression d’assister en direct à l’interview de 69. C’est donc une véritable prouesse qu’ont réalisés Aurore LY et la compagnie « les Batignolles de l’Aurore », sans jamais chercher à trahir ou caricaturer ces poètes immortels.

« Etes vous conscients du fait que vous êtes les trois plus grands auteurs-compositeurs-interprètes de la chansons ? », interrogeait le journaliste. « Je ne sais pas si je suis poète, il est possible que je le sois un petit peu, mais peu m’importe. Je mélange des paroles et de la musique, et puis je les chante », répondait Brassens impeturbable. « Je suis un petit artisan de la chanson », disait à son tour Brel, et « Les gens qui se disent poètes, ce sont des gens qui ne le sont pas tellement, au fond », ajoutait Ferré. Chacun déclenchait immédiatement selon la réponse et l’attitude, l’hilarité, l’émotion ou la jubilation des spectateurs et parfois les trois à la fois.

Suivront des questions sur l’argent, la vieillesse et la mort, leurs relations avec les mouvements anarchistes et libertaires, Dieu, Gainsbourg, les Beatles, les hippies, la publicité, et enfin les femmes. Une interprétation ou plutôt une œuvre magistrale ponctuée des meilleurs chansons des trois artistes : « Avec le temps » (Ferré), « Jeff » (Brel), « Quatre-vingt-quinze fois sur cent » (Brassens) et plusieurs autres, plus ou moins connues. Une grande soirée que l’on aurait aimé prolonger jusqu’au bout de le nuit tellement cette interprétation était immense.




Yannick Sourisseau
Yannick Sourisseau
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