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Festival d'Anjou
Trop d’amour tue l’amour … et la piècePar Yannick Sourisseau
- le 7 Juillet 2010 à 14:45
La relation amoureuse entre deux amants est un champ d'expérimentation inépuisable pour les auteurs de théâtre. Sacha Guitry grand séducteur devant l’éternel est lui aussi tombé dans le piège de l’amour en créant « je t’aime », une comédie en 5 actes présentée hier soir au Festival d’Anjou, à Avrillé, près d’Angers, par la compagnie EL.THEATRE dans le cadre du concours des compagnies.
Gérard Lartigau et Valentina Sauca dans je t'aime de Sacha Guitry
Je t’aime », qui retrace l’aventure amoureuse puis le mariage de Sacha Guitry avec la chanteuse lyrique et actrice Yvonne Printemps, n’est certainement pas la meilleure comédie que le dramaturge ait pu écrire. Pour preuve elle serait pratiquement tombée dans l’oubli si la compagnie EL THEATRE – THEATRE 14, ne l’avait pas ressortie de la malle aux souvenirs.
A l’exemple de nombreuses pièces de Guitry, dans lesquelles l’auteur aimait à se réserver le meilleur rôle, « je t’aime » raconte pendant près de deux heures et cinq tableaux, le cri d’amour que l’auteur a poussé à l’intention de sa maitresse, puis femme par la suite : Yvonne Printemps. Cette dernière fut d’ailleurs sa deuxième femme sur cinq. L’auteur que d’aucuns considéraient comme misogyne, s’est toujours montré, tout au moins dans ses pièces, très attaché à la gente féminine, faisant même preuve de séduction et de finesse. La comédie mise en scène par Eric Gaston Lorvoire est un banal divertissement, un jeu entre l’auteur et sa compagne, où l’on s’échange des mots doux, parfois caustiques, à l’égard de ceux que cette union et notamment un vieux couple, fait causer. Pendant toute la durée du spectacle on retrouve d’un coté les deux amants, interprétés par Gérard Lartigau et Valentina Sauca et de l’autre coté un couple dont le mariage semble consommé depuis des lustres interprété par Jean François Guilliet et Marie Christine Danede. S’ajoute à ce tableau trop emprunté, un véritable pique assiette, Jacques Fontanel, tantôt amant de la femme du second couple et véritable parasite du couple Guitry-Printemps. A noter que dans la distribution on ne parle pas d’Yvonne Printemps et de Sacha Guitry, mais de Elle et Lui, comme si l’auteur ne voulait pas vraiment se nommer. Quoique certainement allégée par rapport à la version initiale, cette interprétation n’est pas assez enlevée et semble ne pas convaincre son auditoire. On se lasse assez rapidement des jeux mots et de la finesse d’esprit de l’auteur, au point de presque s’endormir en milieu de séance. Quelques légers rirent fusent des spectateurs, mais sans plus. On attend des rebondissements dans cette comédie, mais il n’y en a pas, au point que l’on se demande si les deux tourtereaux vont pas continuer à dire « je t’aime » pendant des jours et des nuits, sans se soucier du public présent dans les gradins du château de la Perrière. Et quand ça se termine, on se dit « ouf », ces deux là vont enfin nous lâcher avec le plan drague d’un « vieux beau » et les échanges amoureux d’une autre époque. Pas assez dynamique, cette pièce conviendra sans doute aux nostalgiques de l’aristocratie du siècle dernier que la vue d’une nuque ou cheville d’une femme faisait défaillir. Depuis les rapports hommes femmes ont changé et l’on aurait aimé que cette pièce oubliée soit vraiment dépoussiérée, quitte à adapter certains dialogues. Dans la même rubrique :
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