Tziganes, ses travaux ont inspiré le film "Liberté"

Trois ans après sa sortie en salles, France 3 diffuse à 22h55 ce lundi soir "Liberté" de Tony Gatlif, un film poignant sur la répression et la déportation dont ont été victimes les gens du voyage en France durant l'Occupation. Le film s'est, en partie, inspiré des travaux de recherche de Jacques Sigot, l'homme qui a exhumé l'histoire du camp de Montreuil-Bellay.



Tziganes, ses travaux ont inspiré le film "Liberté"
Si vous avez manqué ce film au cinéma, l'occasion est belle de vous rattraper. France 3 diffuse ce lundi soir à 22h55 "Liberté" de Tony Gatlif, un drame sortie en salle en 2010 avec Marc Lavoine, Marie-José Croze, Rufus et James Thierée, le petit-fils de Charlie Chaplin, qui traite de la répression des Tziganes durant l'Occupation.

A Montreuil-Bellay près de Saumur, Jacques Sigot le regardera avec un œil particulièrement averti. Car le livre que cet ancien enseignant a écrit sur le camp d'internement des Tziganes de Montreuil - « Ces barbelés que découvre l'histoire » (Wallada) - a été une source d'inspiration pour Tony Gatlif. « C'était un camp de concentration, corrige-t-il aussitôt, Les termes figurent tels quels dans les documents de l'administration française. Pas par hasard. Ce n'est pas un lieu où on a exterminé mais on y a bien concentré contre leur volonté des hommes, des femmes, des enfants. »

Taloche, le héros du film qu'incarne James Thierrée, est passé par Montreuil-Bellay. Il s'appelait en réalité Joseph Toloche et fut arrêté en Belgique, après être sorti du camp. Ce sont les quelques lignes de son témoignage rapporté dans le livre de Jacques Sigot, qui ont inspiré l'histoire de Tony Gatlif. Les photos d'archives des baraquements que Jacques Sigot a retrouvées ont également été exploitées pour reconstituer le camp que l'on voit dans le film. Ces dernières années, l'historien et écrivain montreuillais a pisté la trace de Toloche, et découvert qu'il n'était pas mort en déportation.

Passionné d'histoire et de peuples nomades, Jacques Sigot a découvert par hasard les vestiges du camp de Montreuil en cherchant des pierres dans une prairie aux portes de la cité fortifiée au début des années 80. Jamais un montreuillais ne lui en avait parlé. Fruit d'un très long travail d'investigation, son livre, sorti en 1983, a été un coup de tonnerre. Pour les angevins et saumurois, confrontés soudain à de peu glorieux souvenirs Pour les historiens français passés à côté. Mais surtout pour les familles des 2500 à 3000 tziganes enfermés entre 1941 et 1945 dans ce camp austère et qui avaient occulté leur propre histoire.

"Liberté de Tony Gatlif à 22h55 ce lundi soir sur France 3.



Lundi 19 Août 2013
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