UDI, un centre sans autre alternative que la discorde ?


Rédigé par - Angers, le 14/11/2014 - 19:42 / modifié le 14/12/2014 - 10:42


En dépit de la volonté de rassemblement de son nouveau président, Jean-Christophe Lagarde, le parti porté sur les fonds baptismaux par Jean-Louis Borloo semble avoir les pires difficultés à se remettre du retrait d’un leader qui faisait consensus. Et les analogies entre la situation nationale et le contexte local angevin ne peuvent pas être décemment analysées comme le simple fruit du hasard.



Côte à côte en mai 2013 en amont du lancement de la campagne municipale, Dominique Richard (à gauche) dénonce les conditions dans lesquelles Laurent Gérault (au centre) a été désigné à la tête de la section angevine de l'UDI.
Côte à côte en mai 2013 en amont du lancement de la campagne municipale, Dominique Richard (à gauche) dénonce les conditions dans lesquelles Laurent Gérault (au centre) a été désigné à la tête de la section angevine de l'UDI.
la rédaction vous conseille
Un seul être vous manque…  en avril dernier, lorsque Jean-Louis Borloo a tourné le dos à la vie politique, il était évident que les temps seraient durs pour sa jeune formation politique. Mais sans doute pas à ce point. Dans un (excellent) article publié jeudi 13 novembre, le jour du dernier vote de l’élection à la présidence  de l’UDI, sur le site Huffington Post, Geoffroy Clavel revient sur le "dernier jour d’un vote qui aura ruiné le rêve de Borloo".

Minée par "la calamiteuse élection" de Jean-Christophe Lagarde à la tête du mouvement, avec un second tour qui s’achève "dans une ambiance de cour de récréation", avec des interrogations sur "la sincérité de l’organisation du scrutin", la fédération centriste est au plus mal. "Le parti centriste n'aura jamais été autant écartelé entre les chapelles du Nouveau Centre, du Parti radical et de la Force européenne démocrate. Un "écoeurement" qui pourrait lui être fatal", écrit notre confrère.
 
Faut-il vraiment s’en étonner ? Sans doute pas réellement. D’abord, parce que la stature de fondateur et d’homme providentiel de Borloo sous-tendait des lendemains qui déchantent. Ensuite, parce que le spectacle offert par l’UDI dans le département depuis plus d’un an offre porte en lui les germes de ce qui se passe actuellement au niveau national.

L'UDI à Angers : de la friture sur toute la ligne

Souvenez-vous des dernières élections municipales : Laurent Gérault, candidat investi par Jean-Louis Borloo himself, confirmé par l’autre leader de L’Alternative (regroupement électoral MoDem/UDI), François Bayrou, mais finalement pas par le Modem, conduit une liste – "Servir Angers" - amputée des "gros bonnets" de l’UDI angevine. S’il reçoit le soutien du président départemental, le député Michel Piron, nombre des encartés s’engagent aux côtés de… Christophe Béchu.

C’est le cas de Daniel Dimicoli, ou de Jeanne Robinson-Behre. Passons sur la neutralité gênante, puis le ralliement timide de Dominique Richard à ce même Christophe Béchu, pour se concentrer sur la guerre d’égos et de tranchées entre Laurent Gérault et ses anciens camarades de la minorité municipale… qui l’ont débarqué en cours de mandat. Ambiance, ambiance !
 
L’échéance municipale passée, le centre angevin –qui pèse toujours considérablement dans les résultats des scrutins électoraux- aurait pu prendre le temps de se réunir et d’apaiser les rancœurs. Las ! L’élection récente du bureau de la section d’Angers a ravivé les tensions. Officiellement, Laurent Gérault (tiens, tiens !) est le président élu "à titre transitoire" de la section d’Angers. Officieusement, son élection est loin, très loin de faire l’unanimité.

Pire, la presse en a appris de belles grâce à un mail arrivé fort à propos dans la rédactions angevines. Son auteur ? Dominique Richard, conseiller régional UDI, ancien député et conseiller municipal angevin. Son destinataire ? Le député Michel Piron, président départemental de l’UDI.

Des réclamations sur l'élection de Laurent Gérault

L’ancien élu UDF y évoque "un simulacre d’élection", une réunion "qui s’est tenue pendant un conseil municipal" et à laquelle ni lui, ni le président UDI du Conseil général, Christian Gillet, ni Katarzyna Barska-Alibert (pourtant n°2 sur la liste de Laurent Gérault aux élections municipales) n’étaient invités.

"Toute élection dans une formation politique suit un processus immuable : convocation de l’ensemble des adhérents, vérification de la liste électorale sur la base des listings nationaux, mention de l’élection à l’ordre du jour de la convocation, appel à candidatures, possibilité pour tous les candidats de s’adresser à l’ensemble des électeurs, et enfin, comme pour toute élection nominative, vote à bulletins secrets !", poursuit Dominique Richard dans son mail. "Je suis au regret de constater qu’aucun de ces éléments n’a été respecté et je considère donc les supposées décisions prises, nulles et non avenues".
 
Et l’ancien député de conclure, non sans préciser avoir pris soin d'informer les instances nationales de son parti : "Le Président de la fédération ne peut rester inerte, sauf à cautionner des méthodes qui n’ont que trop duré. J’ai confiance en ta capacité à refuser l’inacceptable."

Au fait, Christian Gillet se représente...

Effectivement, la réponse n'a pas tardé : "Inintéressant", s’agace Michel Piron, dans les colonnes du Courrier de l’Ouest (mardi 11 novembre), précisant que Laurent Gérault a été élu à une nette majorité et qu'il n'y a pas eu "confiscation de vote" : "La politique faite de ragots, c’est la négation de la politique ». Dans le même quotidien, Laurent Gérault parle lui de manipulations de ceux qui ont soutenu Christophe Béchu aux municipales. "Ils veulent me déglinguer", assène même le conseiller régional à notre confrère Yves Tréca-Durand.
 
Quoi qu'il en soit, cette énième passe d’armes dans les rangs de l’UDI locale illustre bien la difficulté de la fédération centriste à se réunir autour d’idées et de projets. L’UDI, c’est avant tout une histoire de personnes. La preuve ? Pour l’électeur et citoyen, la seule information digne d’intérêt pour son avenir est la confirmation, dans le mail adressé par Dominique Richard à Michel Piron, que le président du Conseil général, Christian Gillet, serait bien candidat à un nouveau mandat aux cantonales. CQFD.

Dans un communiqué commun vendredi soir, Michel Piron et Laurent Gérault font fi des critiques, estimant que la situation du pays "sur le plan économique, social, financier et politique", impose "plus que jamais de dépasser les postures et clivages partisans pour servir efficacement l'intérêt général".

Lire aussi "Modem-UDI ou l'art de faire compliqué à Angers" (13/12/2013)




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur















Angers Mag











Angers Mag : « Ces pédagogies ne sont pas ignorées »: Et l’Education Nationale ? Quel regard... https://t.co/JnPQWXILNL https://t.co/5glkXOM6T3
Samedi 10 Décembre - 07:45
Angers Mag : #JPEL "Contre le complotisme, on ne peut pas enrayer tout (...) Mais on peut entraîner les cerveaux." 👏👏JB Schmidt… https://t.co/6pn23fJUHD
Vendredi 9 Décembre - 15:01
Angers Mag : L'indépendance, un état d'esprit ? #Angers Mag bien chez soi à la journée de la presse en ligne à Paris. #JPEL https://t.co/EpAgR2dt6N
Vendredi 9 Décembre - 12:17
Angers Mag : #Angers Le dessin du mois de décembre signé Fañch Juteau #prevention #VIH https://t.co/J3CxFCf8FC https://t.co/oAZR7nNURX
Vendredi 9 Décembre - 12:01



cookieassistant.com