Un Lo’Jo impérial en baisser de rideau


Rédigé par Michel Barini - Angers, le Mercredi 26 Mai 2010 à 17:35


C’était joué d’avance ! Çà s’est déroulé comme prévu ! En programmant « Le petit monde de Lo’Jo », groupe dont la discrétion n’a d’égale que son originalité musicale, le centre Jean-Carmet vient de clore en beauté sa saison culturelle par un concert de haute volée.



Des applaudissements, un rappel, deux chansons de plus : çà c’est Lo’Jo sur une scène.
Des applaudissements, un rappel, deux chansons de plus : çà c’est Lo’Jo sur une scène.
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On l’a dit et répété dans ces colonnes, ils sont musiciens du monde mais aussi citoyens angevins. Entre deux concerts, de Bamako à Angers, de Londres aux Ponts-de-Cé, de Bruxelles à Cholet, avant New-York et Saint-Petersbourg en juin, ils viennent épisodiquement poser leurs valises dans le terroir local pour y peaufiner l’inspiration puisée au gré d’innombrables aventures de voyages.

Il y avait là Denis, auteur, interprète, musicien et chef de tribu, Nadia et Yamina, choristes virevoltantes, voix ensorcelantes, mais aussi sœurs à l’état-civil, Richard, compagnon de route du chef, virtuose du violon, Kham, bassiste, chouchou de certaines dames de notre connaissance. Ces cinq-là, immuables piliers de l’orchestre, cultivent le sens du groupe comme du travail bien fait à force de tournées et d’expériences partagées. Et enfin, on trouvait un souffle de jeunesse avec Baptiste, nouveau venu à la batterie, déjà au diapason du groupe.

Sur la scène de Mûrs-Erigné, ils ont « opéré » à domicile devant un public qui connaissait probablement leur répertoire et savait sûrement à quoi s’attendre en allant les écouter. Et pourtant, encore et toujours, le charme a agi, intact, attendu. Avec Lo’Jo, on prend à tous les coups un billet pour une visite dans un périple à travers les frontières de la musique et des peuples. Toujours avec ces associations d’instruments tous plus conventionnels ou hétéroclites les uns que les autres : harmonium indien, scie musicale, kora, guitare basse, contrebasse, percussions, violon, batterie. Et, irrésistiblement, l’auditeur s’est fait cueillir comme un fruit mûr en succombant à la magie d’une envoûtante atmosphère renforcée par un impeccable jeu de lumières.

De plus, les musiciens n’étaient pas venus seuls pour cette ultime scène de fin de saison érimûroise. Avant d’interpréter leur dernier album Cosmophono et quelques morceaux de leur répertoire (« Modjo Radio », « Dans la poussière du temps »), ils avaient invité deux amis de « leur petit monde » à faire la première partie de leur concert. René Lacaille, spécialiste du séga et du maloya, apôtre de la langue créole, s’était associé à Delphino, chanteur du collectif des Barbarins Fourchus, pour un tour de chant inédit. Sur des textes percutants de ce dernier, le duo fut une réelle découverte d’autant qu’il interprétait ses créations pour la seconde fois seulement.

René Lacaille et Delphino, un duo de choc pour une étonnante première partie.
René Lacaille et Delphino, un duo de choc pour une étonnante première partie.



Michel Barini
Michel Barini
Contributeur Angers Mag - pour le secteur des Ponts de Cé et Murs Erigné. Collabore à la rédaction... En savoir plus sur cet auteur








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