Un Prophète : et la prison fut !


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Mardi 15 Septembre 2009 à 09:07


Dix neuf ans… On rêve d'être médecin, avocat… ou malfrat ? Ah non, pas vous ? Deux heures et demie en prison, ça ne tente personne ?



Un Prophète : et la prison fut !
la rédaction vous conseille
Dix-neuf ans, plus six en détention pour Malik, qui ne sait ni lire, ni écrire, ni être un bon délinquant. Six ans, c’est long, et la centrale c’est tendu. Deux clans s’opposent dans cette prison parisienne : les Corses et les Barbus. Après avoir assassiné Reyeb (qui allait témoigner contre les Corses), en guise de baptême de bienvenue, c’est décidé, Malik devient l’homme à tout faire (le café, le pain, le ménage, mais aussi les règlements de comptes…), et le protégé de César Luciani, à la tête du clan corse. L’ascension est longue, sombre, violente. Un séjour en prison instructif pour Malik, qui passe, sous nos yeux, du délinquant au criminel.

Le pari de Jacques Audiard, « faire un film très cher avec des gens que l’on ne connaît pas » est gagné. Tahar Rahim, en jouant Malik, s'élève, avec son premier rôle, aux côtés des plus grands, et s'assure un avenir radieux. Rien que ça. Il frôle le prix d’interprétation masculine à Cannes (remporté par Christoph Waltz), la concurrence était rude, l’équipe d’ « Un Prophète » se contentera du Grand Prix. On sentira également l’hallucinante performance de Niels Arestrup dans le rôle de César Luciani, jouant à la perfection le mafieux inquiétant, imprévisible, « qui est avec Malik comme un lion qui joue avec sa nourriture », dit Audiard.

Difficile d’être objectif lorsque les images parlent autant. Les plans sont rapides, et les focales courtes. Trois ans d’écriture, et quelques seize semaines de tournage dans une prison recréée en studio. Avec des gardes, des murs en dur, et l’étrange sensation d’être enfermé ? Oui, ça fait vrai, hein ? Même l’ambiance bleutée des néons y est…

Ce qui est certain, c'est qu'avec « Un Prophète » en salles…
... on a trouvé le Saint Graal.

Maxime.











Angers Mag