Un millier d'agriculteurs en colère contre l'administration


Rédigé par Yannick SOURISSEAU et Yves BOITEAU - Angers, le 06/11/2014 - 07:28 / modifié le 17/11/2014 - 08:22


Près de 400 tracteurs et un millier d’agriculteurs ont manifesté leur « ras le bol » d’une administration trop tatillonne et contraignante à leur goût mercredi après-midi à Angers. Très remontés, ils sont restés pacifiques mais ont laissé des traces comme ils l'avaient annoncé : plumes, fumier, pneus et mêmes... des ragondins vivants.



L'imposant cortège de tracteurs à bloqué le centre-ville, vidé de ses habituelles voitures, de ses bus et de son tramway
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D'un point de vue strictement syndical, les responsables de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs de Maine-et-Loire ont toutes les raisons de se montrer satisfaits. Le rassemblement qu'ils ont organisé mercredi à Angers pour dénoncer, comme partout en France, "la surenchère administrative" dont ils estiment faire l'objet, est celle qui a rassemblé le plus de monde dans tout l'Ouest. 800 manifestants et 330 tracteurs selon la police, un peu plus selon les organisateurs : au delà de l'incertitude comptable, une réalité est que le monde agricole angevin - auquel s'étaient associés les horticulteurs - n'avait pas connu un tel rassemblement depuis longtemps et qu'il a montré de nouveau sa capacité à se mobiliser.

Faut-il s'en réjouir ? Si le succès de cette démonstration de force témoigne au fond de la vitalité en Anjou d'une profession que l'on disait il n'y a pas si longtemps totalement envahie par la morosité, alors les quelques centaines de kilos de fumier, poireaux, pommes et plumes disséminées dans Angers, seront vite oubliées. Mais si, derrière l'exutoire, c'est un malaise bien plus profond qui est venu se manifester aux yeux des Angevins et des administrations de tutelle du monde paysan, pas sûr qu'il convient de s'en féliciter. Voir. Car comme souvent, la réalité est de toute évidence plus nuancée .

A Angers, mais plus encore dans d'autres villes, le point qui interroge le plus est cette manière décomplexée et presque revancharde avec laquelle les agriculteurs ont publiquement critiqué, fustigé, singé voire caricaturer le travail de tous ceux qui sont chargés d'appliquer localement les législations et règlements qui s'imposent à eux. Trop nombreux et contradictoires, estiment-ils, à commencer par tout ceux qui relèvent des problématiques environnementales : eau, nitrates, pesticides, bien être animal... Les oreilles de Ségolène Royal, incarnée par un pantin, ont sifflé.

"Un ras-le-bol sans limite"

Epandage de plumes sur le terrain de la DREAL, une des premières actions de l'après-midi
Epandage de plumes sur le terrain de la DREAL, une des premières actions de l'après-midi
Pas un hasard, si c'est devant l'unité territoriale de la Dreal (Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement ) à Saint-Barthélémy-d'Anjou, que s'est élancé le rassemblement, moyennant quelques épandages de plumes et lâchers de ragondins qui risquent, eux, de continuer à faire causer (la Fondation Brigitte Bardot a annoncé mercredi qu'elle allait porter plainte suite à des lâchers commis à Nantes). "Ce n'est plus une crise, c'est un ras-le-bol sans limite par rapport à l'accumulation de règles. Le président de la République n'arrête pas de nous parler de simplification administrative mais les choses se compliquent au contraire et les règles finissent par devenir absurdes et inapplicables" résume Jean-Marc Lezé, le président de la FDSEA.

Pas épargnée non plus, l'Office communautaire des variétés végétales, situé boulevard Foch, qui, bien au delà de son rôle de protecteur des obtentions végétales, incarne à Angers, cette administration européenne que ne manquent jamais d'égratigner FNSEA et Jeunes Agriculteurs. Au bout du défilé, c'est à la cité administrative, place Lafayette, siège notamment de la Direction départementale des territoires, que sont retrouvés tous les manifestants pour les prises de paroles et les "extras" : jets d'oeufs pourris, de paille et de papier broyés, fumier, pneus...

Gênant forcément - le réseau de transports en commun a été perturbé une partie de l'après-midi -, mais au final plus sage qu'on aurait pu le craindre. A l'image de ce questionnaire remis par les manifestants aux fonctionnaires quittant l'enceinte administrative, les organisateurs ont su jouer aussi de l'ironie et prévenir les risques de violence. "Ils (les administrations) nous demandent chaque jour des comptes sur ce que nous faisons au cours de notre journée, alors que notre principal travail c’est de produire. Nous allons leur demander la même chose » justifie Jean-Marc Lezé.

 










1.Posté par Paul le 06/11/2014 08:16 | Alerter
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J'espere que tous ces casseurs seront poursuivis devant les tribunaux compétents. Le seul fait positif c'est qu'ils ont déversés gratuitement ce qu'ils vendent toute l'année : de la merde.

2.Posté par Ivan le 06/11/2014 11:33 | Alerter
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Il est effectivement plus dangereux, en France, de manifester pour protéger la planète que pour la polluer...

3.Posté par Anjou le 10/11/2014 00:08 | Alerter
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On croit entendre Sarkozy : " l'environnement, ça suffit !"
Pas réjouissant ces jeunes agriculteurs déjà bien impliqués dans le système.
Continuez à polluer! Continuez à empoisonner! Il est vrai que se servir des pesticides , c'est une partie de l'enseignement qui leur est donné dès le départ dans les lycées agricoles.
Y en a t-il un qui a entendu parler du TAFTA? Devraient pourtant manifester pour s'opposer à ce qui les tuera peut-être.
Mais ilsont la bénédiction de leur président, le richissi...








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