Un pas de danse avec la romancière Victoria Hislop


Rédigé par - Angers, le Jeudi 26 Juin 2014 à 07:44


Consacrée dès son premier roman - "L'île des oubliés", vendu à 2 millions d'exemplaires dans le monde - la romancière britannique Victoria Hislop s'intéresse dans "Une dernière danse", paru il y a quelques semaines aux éditions Les Escales, à la guerre civile espagnole et ses fractures, mêlant comme à son habitude grande et petites histoires. Elle sera ce samedi 28 juin à Angers. Interview.



Victoria Hislop participera samedi 28 juin à une rencontre-dédicace à la librairie Richer.
Victoria Hislop participera samedi 28 juin à une rencontre-dédicace à la librairie Richer.
la rédaction vous conseille
Pourquoi avoir choisi l’Espagne, et plus particulièrement Grenade, comme cadre de votre dernier roman ?

"Pour chacun de mes trois romans, l'inspiration est venue de manière un peu fortuite, me prenant par surprise. Finalement, je n'ai jamais réellement eu la sensation de faire un choix. Concernant "Une dernière danse", j'étais à Grenade, dans un cours de salsa, pour réaliser un article de presse. J'avais une après-midi de libre que j'ai mis à profit pour découvrir la ville : sur ses hauteurs, se trouve la maison du poète et écrivain Federico Garcia Lorca.
Un guide m'a appris ce qui était arrivé à Lorca pendant la Guerre civile espagnole. Il a été arrêté, jeté en prison, excuté et enterré dans une tombe anonyme. Son seul crime, autant que j'ai pu le comprendre, était d'être de gauche et homosexuel. Les crimes de ce type contre des gens innocents sont légion durant cette période et ont été commis contre de nombreux opposants au général Franco.

Tout ça m'a amené à faire des recherches en profondeur sur cette période de 1936 à 1939, et j'ai découvert, entre autres, que des années après la fin de la guerre civile, ceux qui étaient du côté des perdants (la gauche politique, les républicains) ont continué à être persécutés. Je n'avais encore jamais entendu parler de cela : j'ai donc décidé d'écrire cette histoire d'une famille déchirée par la guerre et les orientations politiques."


La danse est bien évidemment très présente dans votre roman. La considérez-vous comme un protagoniste en tant que telle dans votre histoire ? Que vous permet-elle d’exprimer dans ce roman ?

"La danse joue effectivement un rôle clé. Le flamenco est comme une flamme qui brûle tout au long de l'histoire et qui permet effectivement à Mercedes, le personnage central, de survivre, du point de vue psychologique et matériel (en gagnant de l'argent). C'est la danse qui garde son esprit vivant, même lorsqu'elle part en Angleterre."


"Une dernière danse" prend racine à Grenade, en Espagne.
"Une dernière danse" prend racine à Grenade, en Espagne.
Mercedes-Sonia : deux portraits de femmes séparés de 70 ans. Comment avez-vous construit cette relation à travers les âges ?

"J'ai créé cette relation car je voulais connecter le passé et le présent. Sonia a ses raisons bien à elle de fouiller dans son passé et ce qu'elle découvre l'éclaire sur la manière dont elle doit agir maintenant, dans le présent."

Vos romans mêlent invariablement la « grande » Histoire et la « petite » histoire : laquelle est à l’origine de vos romans ?

"La "grande" histoire. Ce qui m'intéresse au début, c'est le grand canevas ; mais progressivement, je me concentre sur la manière dont cette grande histoire influe sur un individu, une famille, une famille, un couple... Ce sont mes personnages et mon intérêt va vers les femmes car ce sont elles qui, à travers l'histoire, ont dans la majorité des cas été victimes des décisions des hommes."

Quelle place accordez-vous à la véracité historique des faits que vous rapportez ?

"C'est très important ! J'écris mes romans après deux ans de recherche. Je conviens qu'il n'y a bien souvent pas qu'une seule vérité historique et que différentes versions de l'histoire existent selon qui l'écrit. C'est notamment le cas de la Guerre civile espagnole, où l'interprétation n'est pas la même à droite comme à gauche de l'échiquier politique. J'ai tranché et choisi la "version" de gauche... mais j'ai aussi lu celle de droite."

Pourquoi, après avoir longtemps été journaliste, avoir choisi de franchir le pas pour devenir romancière ?

"Sans doute parce qu'on ne peut pas expliquer les choses en profondeur en se contentant des faits bruts. Quand j'étais plus jeune, je ne ressentais pas le désir de m'arrêter sur les émotions et les sentiments, alors que c'est ce qui m'intéresse aujourd'hui."

Vous avez énormément de succès, notamment en Grande-Bretagne et en Grèce. Les lecteurs sont-ils différents selon les pays ? Le cas échéant, comment percevez-vous le « public » français ?

"Ce qui est amusant, c'est que les publics des différents pays "trouvent" des choses différentes dans mes romans. Concernant le public français, il est peut-être plus "intellectuel" par rapport aux autres."

Comment avez-vous vécu le succès phénoménal et immédiat de « L’île des oubliés », votre premier roman ?

"C'était une grande surprise que tant de lecteurs aiment ce roman. Et j'ai pris un énorme plaisir à l'écrire, c'était quelque chose de nouveau pour moi, j'ai donc décidé de poursuivre l'aventure ! Quand on en a la possibilité, c'est quand même enivrant de faire différentes choses dans la vie !"

Quelle lectrice êtes-vous et quels auteurs vous inspirent ?

"J’aime beaucoup lire et ce depuis l'enfance. Mes inspirations ? Les grands romanciers contemporains; comme Ian McKewan, Julian Barnes ouWilliam Boyd : tous les trois ecrivent tellement bien, chaque phrase s'approche de la perfection ! Et j’aime beaucoup un Espagnol, Javier Marias (édité e, France chez Rivages, puis Gallimard) : il est à découvrir !"

"Une dernière danse", éditions Les Escales, 432 pages, 21,90 €. Victoria Hislop sera à la librairie Richer, à Angers, samedi 28 juin, à partir de 14 h 30, pour une rencontre/dédicace.





Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








Angers Mag












Angers Mag : RT @UnivAngers: À l'occasion du colloque #BonDroit qui se déroule auj. et demain à la Faculté de droit. Avec Félicien Lemaire @AngersCjb ht…
Jeudi 8 Décembre - 13:04
Angers Mag : Le Bastringue Général, collection automne-hiver à Montreuil-Juigné: A la fois marché de... https://t.co/wSJrT0YxQH https://t.co/uk6Li4S9nu
Jeudi 8 Décembre - 09:22
Angers Mag : Pourra-t-on un jour revendiquer le "droit au bonheur" devant les tribunaux ?: Avec cette... https://t.co/QpibQ65W2u https://t.co/6akmJkPlta
Jeudi 8 Décembre - 07:56
Angers Mag : A Coutures, les maternelles s’activent: Dans sa classe de l’école maternelle publique de... https://t.co/bJ1C27TEZX https://t.co/HH0RAzp80Q
Jeudi 8 Décembre - 07:46







cookieassistant.com