Un si beau voyage, jusqu’au bout de l’humain


Rédigé par Cinéma Parlant - Angers, le Mercredi 22 Avril 2009 à 20:20


Lundi 20 avril, avec l'association Kalima, le réalisateur Khaled Ghorbal venait au Cinéma Les 400 coups présenter son film, l’histoire d’un immigré d’origine tunisienne, ouvrier retraité, chassé de son foyer, et retournant dans son pays natal pour y mourir.



Khaled Ghorbal
Khaled Ghorbal
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Cet immigré, Momo, est interprété par Farid Chopel, comédien, danseur, qui donne au personnage toute son élégance et sa dignité : il n’est qu’un modeste travailleur immigré, mais il est bien au-delà de sa condition sociale, par la liberté intérieure, la noblesse qui se manifestent en lui.

C’est une figure d’exilé, d’un exil géographique, et aussi existentiel ; en Tunisie, il se sent étranger à son propre pays : « ici ou là bas, je me sens exilé » ; et sa grave maladie fait de lui un exilé par rapport à son propre corps ; le film laisse entrevoir une relation profonde qu’il a connue avec une femme, un amour impossible, autre composante de son exil d’un pays où tout ne serait « qu’ordre et beauté ».

La longueur des scènes donne toute liberté de penser et de rêver sur ce personnage, comme l’a observé un spectateur. Ce rêve trouve sa profondeur quand l’on remarque que le livre qui l’accompagne n’est autre que « Don Quichotte » de Cervantès, encore un personnage dont la grandeur excède la médiocrité de l’existence terrestre.


Un si beau voyage, jusqu’au bout de l’humain
Jamais il ne se laisse plaindre, même si sa souffrance, son désarroi, son angoisse se devinent : comment pourrait-il en être autrement face à la mort ? faisait remarquer le réalisateur. Mais avec cette fin que Momo choisit, loin du regard de quiconque, il se laisse ensevelir par le sable, les dunes aux formes arrondies et douces, et il se dissout dans une sorte d’acceptation de son destin.

Le réalisateur, assurant le public à plusieurs reprises de son optimisme, a raconté avec beaucoup de chaleur l’aventure qu’a représentée ce film, un beau voyage aux côtés d’un acteur fascinant ; son décès peu après l’achèvement du tournage ajoute à l’émotion devant un film perçu presque comme un documentaire, sur la grandeur et la fragilité fondamentale de la condition humaine.











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